Ces étudiants qui enquêtent sur les fractures sociales

Réinventer les liens dans une société fracturée : c’est le sujet qui a réuni 270 étudiants, le 24 janvier, à l’invitation de cinq établissements d’enseignement supérieur catholiques d’Île-de-France, en partenariat avec les Semaines sociales de France. Adjointe en pastorale scolaire au lycée Le Rebours (13e), Hélène Quinchon revient sur cette journée.

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Hélène Quinchon, adjointe en pastorale scolaire au lycée Le Rebours (13e), entourée de plusieurs élèves en BTS ayant participé à la journée « Cohésion et fractures sociales », le 24 janvier.
© Laurence Faure

Paris Notre-Dame – Le lycée Passy Buzenval (Hauts- de-Seine) a réuni, le 24 janvier, 270 étudiants franciliens pour parler cohésion et fractures sociales. Quelle est la genèse de ce projet pastoral ?

Hélène Quinchon – Nous avons souhaité nous appuyer sur le savoir-faire des Semaines sociales de France (SSF), dont les dernières rencontres, en novembre 2019 à Lille (Nord), avaient pour thème : « Refaire société ». L’objectif était de faire participer nos étudiants à un projet commun, qui les ouvre à la pensée sociale de l’Église. Ces dernières années, nos lycées ont connu un essor des classes d’enseignement supérieur (BTS et classes préparatoires). Nous nous sommes interrogés sur ce que nous pouvions faire pour elles. Nous avons pensé à un événement fort qui rassemble les jeunes et qui leur ouvre des horizons. À la suite du lycée Passy Saint-Honoré (16e), déjà en lien avec les SSF, quatre établissements ont rejoint le projet : Le Rebours (13e), La Salle Passy Buzenval (Hauts-de-Seine), Saint-Vincent de Paul (13e), Bury Rosaire (Val-d’Oise).

P. N.-D – Comment les élèves ont-ils été impliqués ?

H. Q. – Dès septembre 2019, les étudiants ont été mis à contribution, grâce à l’implication des équipes pédagogiques, afin de nourrir le contenu de la journée du 24 janvier, intitulée « Cohésion et fractures sociales ». Certains ont participé aux journées SSF de Lille. Les classes ont aussi préparé des enquêtes méthodologiques sur des fractures sociales qu’elles avaient elles-mêmes identifiées. Au lycée Le Rebours, nous avons créé six équipes de quatre étudiants. Ils ont mené leurs enquêtes sur ces thèmes : les inégalités scolaires ; les inégalités d’accès aux loisirs ; la discrimination hommes-femmes ; l’inégal accès au travail ; la discrimination religieuse et la stigmatisation d’anciens détenus. Le 24 janvier, les jeunes sélectionnés par leurs lycées respectifs ont présenté les résultats de leurs enquêtes. Ils ont aussi entendu des personnalités comme Alice Le Moal, conseillère municipale à Clichy (Hauts-de-Seine), Mgr Jacques Turck, prêtre du diocèse de Nanterre, ou encore Dominique Quinio, présidente des Semaines sociales de France. L’après-midi, une cinquantaine de membres de diverses associations caritatives et d’intérêt général ont témoigné, par ateliers.

P. N.-D – Quel est le retour de vos étudiants ?

H. Q. – Ce qui était original pour eux, c’est que la pastorale propose un projet qui se raccroche au terrain et à l’engagement de l’Église sur ces fractures sociales qui créent, comme l’a constaté une élève envoyée à Lille, des « îlots », isolant les communautés humaines et les individus. Ce fut une manière de témoigner du fait que l’Église, pour annoncer l’Évangile, part de la réalité, de la vie des plus fragiles. Voici quelques échos d’étudiantes au lycée Le Rebours, ayant des croyances diverses : « L’Église, comme d’autres religions, est aux côtés des plus fragiles » ; « Nous sommes devenus plus matures » ; « Cela nous a ouvert les yeux » ; « J’ai appris à ne pas juger des personnes ou des situations précaires trop rapidement » ; « Cela me donne envie de m’engager ».

Propos recueillis par Laurence Faure@LauFaur

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