Chartres : un nouveau pélé, « pour mieux se rassembler »

Après une pause d’un an, le « pélé de Chartres » des jeunes d’Île-de-France repart, du 6 au 8 avril 2018. La nouvelle dynamique se veut plus soudée entre les diocèses : un seul itinéraire, une organisation partagée, plus de temps passé à Chartres… Et les marcheurs ne célébreront pas les Rameaux mais le dimanche de la Divine miséricorde. Explications.

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© Corinne Mercier/CIRIC

Les évêques d’Île-de-France avaient décidé, en 2017, de suspendre le traditionnel pèlerinage des étudiants franciliens. Une décision mal perçue par certains, nostalgiques des grandes années du « pélé de Chartres », créé en 1935 autour d’étudiants de la Sorbonne. Cette route vers la cathédrale Notre-Dame de Chartres, écrin, selon la Tradition, du voile de la Vierge Marie, avait pris une ampleur significative dans les années 1960, regroupant à l’époque plus de 10 000 étudiants. L’affluence s’est réduite au fil des générations, à un millier de participants environ, chiffre resté stable ces dix dernières années. « Le constat était là, remarque simplement le P. Jean-Baptiste Arnaud, délégué épiscopal à Paris pour les jeunes adultes : ce pèlerinage devenait moins plébiscité alors même qu’il rendait beaucoup de jeunes heureux. Pour le relancer, il fallait le faire évoluer, ce qui n’avait pas été le cas depuis dix ans. »

Plus de « jeunes pros »

Ce qu’ils font en commençant par souligner plus clairement l’ouverture, depuis quelques années, de ce pèlerinage aux jeunes professionnels. Il devient donc plus explicitement celui des 18-30 ans.

Autre nouveauté, la participation de groupes qui ne sont pas des « habitués » de Chartres, qu’ils soient étudiants ou jeunes professionnels. Parmi eux, la chorale Abba de St-Étienne-du-Mont (5e), des jeunes liés à la Communauté de l’Emmanuel, à Anuncio, des foyers d’étudiants, ou encore des groupes d’aumônerie de BTS parisiens. « Le pèlerinage était devenu un peu confidentiel, constate le P. Arnaud. C’était surtout quelques aumôneries d’étudiants qui étaient impliquées. » Même démarche pour les huit autres diocèses concernés. « Nous accentuerons la dimension diocésaine de notre route, explique par exemple le P. Yves-Arnaud Kirchhof, délégué épiscopal à la Pastorale des jeunes du diocèse de Créteil. Nous continuerons à l’élargir aux jeunes pros, qui forment un bon tiers de nos marcheurs depuis plusieurs années. » Au diocèse de Versailles, on ouvrira à un public plus varié, car « c’étaient essentiellement les jeunes du scoutisme qui y participaient », glisse une des responsables du pèlerinage pour le diocèse, Capucine Mandon. Léger bémol, peut-être, au coeur d’un enthousiasme palpable, la crainte, pour quelques organisateurs, de ne pas arriver à mobiliser assez de jeunes, après une année de pause.

Un seul itinéraire de marche

Mais justement, « la réflexion des évêques, en décidant cette pause, était de rassembler davantage », reprend le P. Arnaud. De cette volonté naît donc la formule 2018 du « pélé » : les routes diocésaines – qui, auparavant, avalaient séparément les kilomètres les séparant de Chartres – marcheront toutes sur un seul et même itinéraire.

Un nouveau programme commun est également établi. Avec une dominante : plus de temps passé à Chartres. Et les diocèses se répartissent les tâches : la liturgie, le concert de louange du dimanche matin – avant la messe –, le repas du samedi soir… Une table ronde est également prévue le dimanche, organisée par des membres de Chrétiens en grandes écoles.

Une symbolique forte

« L’enjeu, c’est de développer notre démarche ecclésiale et missionnaire, souligne enfin le P. Arnaud. Nous souhaitons que le pèlerinage soit accessible à des jeunes moins pratiquants, tentés par l’aventure. » Pour ce faire, les organisateurs ont choisi une symbolique forte, en renouant avec plusieurs éléments traditionnels des pèlerinages : une procession aux flambeaux, mais aussi la vénération de reliques de saint Jean-Paul II et de sainte Faustine Kowalska. Car le pèlerinage ne se déroulera pas cette année le week-end des Rameaux mais celui de la Divine miséricorde, le dimanche après Pâques. « La démarche de pardon et de réconciliation est une dimension très présente dans la tradition du pèlerinage », analyse ainsi le P. Kirchhof.

Bref, un nouvel élan. « Je suis touché de constater l’investissement de chaque diocèse dans cette préparation, avec une volonté de créer quelque chose ensemble », conclut Matthieu, 29 ans, instituteur et responsable de l’organisation logistique. « Cette volonté de fédérer existait certainement déjà, mais elle était moins visible, précise celui qui avait participé à l’édition 2016 en tant que jeune professionnel. Ce type de rassemblement est structurant pour les jeunes catholiques, qui ont à cœur de partager leur foi, de prier – ce qui n’est pas toujours simple dans leur environnement quotidien –, et de se former. »

Par Laurence Faure

Programme et inscriptions

Vendredi 6 avril
20h RV à Épernon (Eure-et-Loir), célébration d’envoi à 20h30, avant une marche de nuit jusqu’à 23h, vers Villiers-le-Morhier.

Samedi 7 avril

7h30 Laudes et marche de Villiers-le-Morhier à Jouy.
10h30 Messe par diocèse.
13h Rassemblement de tous les diocèses à Jouy, temps de chapitres.
14h30 Départ vers Chartres.
20h15 Procession mariale aux flambeaux puis veillée d’adoration et de réconciliation.

Dimanche 8 avril

9h Temps de chapitres et enseignements.
11h Table ronde.
13h45 Concert de pop louange sur le parvis de la cathédrale N.-D. de Chartres, mission d’évangélisation, vénération des reliques de Jean-Paul II et de sœur Faustine.
15h30 Messe présidée par Mgr Michel Aupetit, avec les évêques d’Île-de-France.

Inscriptions

Chaque pèlerin doit s’inscrire sur idf-a-chartres.org et indiquer : sa route (son diocèse), son groupe de marche et son point de départ. Pour déclarer un groupe : peledechartres2018@gmail.com

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