Conférence du cardinal André Vingt-Trois : « La famille, nous y croyons ! »

Cité Universitaire de Paris – 1er octobre 2011

Colloque « Familles et société : quels choix pour demain ? » organisé par le Conseil Famille et société de la Conférence des évêques de France les 1er et 2 octobre 2011 à la Cité Universitaire de Paris.

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Propos : Les agents pastoraux de l’Église se trouvent confrontés à une sorte de dilemme à propos de la famille. Peuvent-ils croire en un modèle de famille et en faire la promotion sans risquer de juger et de condamner ceux qui n’y adhèrent pas ? Peuvent-ils accueillir toute la diversité des expériences de vie familiale sans renoncer à leurs propres convictions ? Comment discerner un chemin pastoral dynamique et respectueux dans les temps que nous vivons ?

Introduction : le paradoxe de la situation de la famille aujourd’hui

Nous nous trouvons aujourd’hui devant une situation assez paradoxale. Jamais, dans la période moderne, l’instabilité du mariage n’a été aussi forte. On parle souvent d’une proportion de 30 à 50 % de divorces. Jamais non plus les repères d’identification de la famille n’ont été aussi brouillés. Le mot famille n’évoque plus une réalité communément reconnue si bien qu’aussitôt qu’on l’emploie, on doit le qualifier par un adjectif qui précise de quelle réalité on parle : famille classique, famille monoparentale, famille explosée, famille recomposée, famille homoparentale, etc.

Cette situation est paradoxale puisque, dans le même temps et avec une belle constance, les sondages expriment l’attachement massif des français à la famille et même plus précisément à une famille stable. Un récent sondage [1] relève que 77% des français souhaitent construire leur vie de famille en restant avec la même personne toute leur vie. Mieux encore ce taux monte à 84% pour les 18-24 ans et à 89% pour les 25-34 ans.

Comment pouvons-nous comprendre ou au moins éclairer ce paradoxe ? Faut-il nous contenter de désigner ou de dénoncer l’incohérence habituelle entre le bien que l’on désire et que l’on ne fait pas, et le mal que l’on rejette et que l’on fait ? Il me semble que ce serait un peu court et que nous devons essayer d’approfondir cette contradiction dont notre Église est quotidiennement le témoin quand elle accueille des candidats au mariage sacramentel.

I. La famille, objet d’attentes contradictoires.

L’expression de valeur refuge qui caractérise souvent la famille, manifeste qu’on lui demande de procurer ce que l’on ne trouve pas dans les autres sphères de la vie sociale.

  • Ainsi, on veut qu’elle offre un espace privé de sécurité et de détente, par contraste avec une vie sociale contraignante et soumise à l’exigence de la rationalité productive, ou à la marginalisation économique. On rêve donc que chez soi, les règles et les normes sociales ne soient pas de mise.
  • La vie familiale doit également procurer un espace de stabilité et de confiance, à la différence de la vie professionnelle, marquée aujourd’hui par l’instabilité et la précarité. La confiance et l’allant personnels ne peuvent plus se nourrir de la garantie de la stabilité dans le fonctionnement social ordinaire. Chacun se reporte alors sur cet espace privé qu’est la famille, dont il nous semble que nous maitrisons le fonctionnement.
  • On veut enfin que la famille soit un lieu de gratification affective, alors que les autres relations sociales sont souvent vécues sous le mode de l’indifférence, voire de l’exclusion, du mépris ou même de la violence.

Vis-à-vis de la famille, nous sommes donc devant une attente forte de protection et de sécurité, et devant une demande très individuelle de satisfaction de ses désirs personnels. Tous espèrent beaucoup de la vie familiale, mais la contrainte des moyens à prendre pour y réussir est inégalement perçue ou assumée. Ainsi par exemple, des jeunes veulent sincèrement se marier pour toujours, mais ne sont pas vraiment préparés à supporter les contraintes de ce toujours, sans d’ailleurs forcément percevoir l’incohérence de leur attitude. Ils souhaitent et ils pensent réellement s’engager pour toute la vie. Mais au-delà de leur projet, il leur reste à percevoir les ressources et les moyens à mettre en œuvre pour supporter et surmonter les difficultés qu’affrontent ceux qui s’engagent pour toujours.

Ces attentes de sécurité, de gratifications affectives, de stabilité, de satisfaction des désirs personnels ne peuvent pas être seulement arbitrées par la confrontation des aspirations personnelles. La théorie économique ultra-libérale selon laquelle un équilibre secret et automatique résulte de la compensation des désirs individuels, montre aujourd’hui sa vacuité et n’est pas valable non plus dans le domaine de la vie personnelle. C’est un rêve de penser que les choses s’accorderont sans que nous ayons à intervenir. Ces attentes personnelles nécessitent donc des critères objectifs de validation, qui permettent à chacun de se resituer par référence à un modèle commun. Pour cette raison, on modélisera et normalisera au besoin des formes de vie conjugales qui ne remplissent pas toutes les conditions nécessaires, mais qui apportent une sorte de justification minimale. Une situation sera légitimée « parce que tout le monde le fait ».

En passant, on peut remarquer que cette course à la justification sociale des modèles alternatifs passe par l’occultation médiatique des mariages stables et d’autres données statistiques : on passe un peu vite de 30 à 50% de taux de divorce, en oubliant au passage que près de deux couples sur trois ne se séparent pas et en évitant de s’intéresser à ce qu’ils vivent et aux moyens qu’ils se donnent pour le vivre ; on oublie que près de huit enfants de moins de dix ans sur dix vivent avec leur deux parents ; on évite encore de chercher à faire les statistiques de l’échec scolaire et de la primo délinquance dans les familles éclatées.... On parle beaucoup de la défaillance des parents, mais on ne dit pas pourquoi ils ne peuvent pas assumer leurs responsabilités éducatives. On fait comme s’ils souffraient d’une sorte d’incompétence ou d’impréparation, mais on ne dit pas d’où viennent les difficultés et les carences.

II. L’Église dépositaire d’une garantie

L’effritement ou la dissolution des modèles sociaux de référence autour de nous ne laisse pas beaucoup de Saints à qui se vouer... Et, pour satisfaire les multiples attentes que je viens d’évoquer, beaucoup se tourne volontiers vers le modèle d’une famille stable et durable, gratifiante et consolante, et un peu maternante. Comme l’Église catholique, dans notre pays, est l’institution qui est considérée comme dépositaire d’un modèle sûr de famille (on parle du modèle chrétien de la famille), on se tourne alors vers elle. Mais qu’en attend-on exactement, sans doute bien des choses différentes ?

  • Une bénédiction divine. Quel que soit la nature et le niveau de foi de ceux qui se présentent à nous, nous ne devons pas sous-estimer le sentiment d’un certain nombre de nos contemporains que l’amour humain, dans sa grandeur et dans ses risques, ressortit de quelque façon à l’aire du sacré. Ceci est vrai, même (et peut-être surtout) si le mariage est marqué par la fragilité institutionnelle.
  • Une caution morale. Même si certains peuvent avoir des liens très distendus avec la foi chrétienne et avec l’Église, ils attendent souvent de l’Église une reconnaissance morale de ce qu’ils vivent, surtout s’ils sentent confusément que quelque chose n’est pas vraiment en ordre. La culpabilité n’est pas une invention de l’Église. C’est une réalité de la psychologie humaine. Elle se loge dans l’expérience humaine et a besoin d’être, sinon résolue, du moins apaisée. Or, comment pourrait-elle l’être mieux que si l’Église décrétait : « Bien sûr, vous faites ce que vous pouvez. Vous ne pouvez pas faire mieux. Alors vous êtes absouts. Nous vous encourageons et même, vous devenez un modèle » ? Si telle est l’attente de certains, les choses ne se passent pas souvent de cette manière.
  • Une espérance. Certains reconnaissent dans les affirmations et l’enseignement de l’Église sur le mariage une promesse que ce qu’ils désirent profondément n’est pas impossible. Ils nous entendent affirmer que c’est même le chemin du bonheur.

Tout ceci fait que nous sommes sollicités de diverses manières par des jeunes ou des couples. Au hasard des événements, des demandes explicites, des rencontres, et bien-sûr des activités des équipes de pastorale familiale, nous devons mettre en œuvre une pastorale de l’accueil.

III. Quelle pastorale de l’accueil ?

Nous sommes aujourd’hui souvent confrontés à des personnes qui viennent nous demander quelque chose (se marier à l’Église, faire baptiser leurs enfants ou les inscrire au catéchisme) mais qui sont dans une situation objective qui ne correspond pas au modèle que nous avons mission d’annoncer. Pour ceux qui sont dans une situation dans laquelle le mariage n’est pas vraiment possible, il me semble que le plus souvent, cette impossibilité ne tient pas seulement à des conditions morales qui ne seraient pas remplies. Elle vient surtout du fait que l’une au moins des conditions du mariage n’est pas satisfaite. C’est ce qui se passe dans les cas suivants :

  • Le défaut de liberté. Le mariage suppose de s’engager librement. Ce n’est évidemment pas possible pour des personnes qui sont déjà engagées dans un précédent mariage. Mais le défaut de liberté peut aussi être moins objectif et plus lié à la maturité personnelle. Il n’est pas facile de faire comprendre cette impossibilité à des personnes qui sont influencées par une culture du sentiment et qui ne voient pas pourquoi il y aurait des conditions à leur mariage. C’est pourquoi la préparation au mariage suppose un entretien individuel avec chacun des candidats pour réserver l’espace à une expression qui ne serait peut être pas possible lorsqu’ils sont tous le deux ensemble.
  • L’incompréhension de l’engagement définitif. Personne ne peut obtenir d’avance la certitude écrite que le mariage sera définitif. Mais pour qu’il y ait réellement mariage, il faut avoir le ferme propos de s’engager pour toujours, sans restriction mentale. Commencer une vie de famille en posant en principe qu’il n’y a pas d’obligation à demeurer ensemble quand surviennent des difficultés, c’est mettre en œuvre les conditions des fragilités qui vont émousser les capacités de tenir bon dans des situations difficiles.
  • L’absence d’ouverture à la vie. Contrairement à ce que l’on pense parfois, le mariage semble bien lié dans les faits à un désir d’accueillir au moins un enfant. Il vient éventuellement au moment d’une naissance ou après une ou plusieurs naissances (mariage para ou post-natal), et il est envisagé pour donner un cadre éducatif aux enfants. Les parents considèrent qu’ils ont une responsabilité commune à l’égard de leur enfant et lui offrent un cadre éducatif en se mariant. La condition de l’ouverture à la vie ne semble donc pas particulièrement problématique. Mais il reste à vérifier que cette intention est un objectif réellement présent. En tout cas, qu’elle n’est pas exclue.

Toute la délicatesse de ceux qui interviennent au nom de l’Église va consister à être témoin de ces conditions objectives. Nous ne sommes pas le bureau d’une administration anonyme avec une check-list à vérifier. Notre mission est de susciter chez ceux qui viennent à nous l’expression de ce qu’ils cherchent et veulent mettre en œuvre et vivre. Ainsi, nous pouvons repérer les dispositions objectives de leur engagement. Ceci nécessite de mettre au jour les convictions qui les animent et de faire advenir une parole. Quelque fois, on est stupéfait de découvrir que des questions aussi importantes n’avaient jamais été abordées entre les candidats au mariage. Cela ne signifie pas que ce sont de mauvais candidats, ni qu’ils feront un mauvais ménage.

Parfois, nous constatons cependant que les conditions du mariage ne sont pas réunies Mais ce n’est pas pour cela que nous devons fermer la porte et dire à ces personnes que nous ne les connaissons plus et n’avons plus rien à faire avec elles. Pour que nous puissions les aider à poursuivre le chemin qu’ils ont commencé avec nous, il faut que nous subissions une certaine purge : il nous faut nous débarrasser de notre certitude qu’il n’y a pas de participation authentique à la vie de l’Église sans la plénitude de la vie sacramentelle. Tant que nous nous y accrochons, nous sommes dans une impasse.

Les sacrements sont l’aboutissement d’un premier chemin de conversion. Ils marquent l’orientation chrétienne d’une vie. Mais ils viennent au terme plus qu’au principe d’un premier cheminement vers le Christ. Or, pour certaines des situations desquelles nous parlons, nous sommes devant des personnes qui vivent les prémices de ce chemin. On ne peut pas considérer leur situation seulement par rapport à l’achèvement de ce chemin. C’est nous-mêmes d’abord qui ne devons pas être frustrés de ne pouvoir leur proposer la plénitude de la vie sacramentelle. Nous devons plutôt apprendre à nous réjouir de ce que, au point où ils en sont, et malgré toutes les difficultés qui les entourent et les pressions conscientes ou inconscientes dont ils sont l’objet, ils ont bravés beaucoup de difficultés pour franchir le seuil d’une église et venir nous rencontrer. C’est un pas considérable, sur lequel nous pouvons nous appuyer pour les aider à avancer.

Dans la délicatesse de ce dialogue et de cet accompagnement se manifestera le fait que nous sommes témoins et agents d’un Dieu miséricordieux. Nous cherchons avec patience les points d’appui positifs qui peuvent permettre à toute personne de cheminer vers une vie plus humaine et plus chrétienne. Nous ne sommes pas en situation de juger moralement des cœurs, et moins encore de condamner des gens dont nous ne savons comment ils sont arrivés là où ils en sont. Mais nous sommes chargés de leur annoncer et de leur proposer un chemin qui peut, s’ils le veulent et s’ils le peuvent, leur permettre d’avancer et de progresser.

IV. Le témoignage de la fidélité et la fuite du fatalisme de l’échec

Nous sommes d’autant mieux placés pour témoigner de la fidélité du Seigneur que nous mesurons chaque jour notre propre faiblesse à vivre la fidélité à notre baptême. Nous ne sommes pas des saints qui faisons la morale aux pécheurs. Nous sommes des pécheurs qui ont la grâce de croire que la miséricorde de Dieu et sa force nous donnent le moyen de surmonter nos faiblesses. Il n’y a pas d’accueil et de témoignage possible sans cette modestie et cette humilité qui nous rendent proches de toute personne.

Mais il me semble précisément que ce que nous pouvons donner de meilleur à nos interlocuteurs, c’est le témoignage que nous vivons en Église : il est possible de vivre un mariage définitif et d’y trouver le bonheur dans sa famille. N’est-ce pas ce qu’ils cherchent et que nous sommes chargés de leur annoncer, en leur proposant un chemin pour y parvenir ?

De ce point de vue, je crois qu’il ne faut pas nous laisser entrainer dans un certain décalage en cédant consciemment ou inconsciemment aux courants de pensée qui veulent écorner l’identité de la famille en refusant de prendre en compte les conditions nécessaires à son existence stable. Nous ne pouvons pas être dupe de l‘occultation médiatique dont il a été question plus haut. Beaucoup utilisent les moyens dont ils disposent pour gérer leur inconscient et pour faire normaliser publiquement ce qu’ils vivent dans leur vie privée. On nous fait ici et là, mais de manière persistante, la publicité des familles décomposées et recomposées, pour éviter surtout de parler de la famille ordinaire qui fascine ou agace.

Le long chemin parcouru depuis plus de vingt siècles est-il un détour sans signification ? Faut-il compter pour rien le passage progressif à la monogamie, l’établissement lent et difficile du mariage libre, en particulier pour les femmes, la prise de conscience de la responsabilité éducative des parents à l’égard de leurs enfants ? Notre culture et notre société sont-elles fatiguées de ce chemin parcouru ? Faut-il revenir aux mœurs de l’Antiquité païenne ?

Nous devons résister à cet attrait mortifère. Les hommes et les femmes du XXIe siècle sont autant capables que ceux des siècles précédents de prendre leurs responsabilités et de mener une vie « raisonnable et juste » comme dit saint Paul (Tt 2, 12). Si un mariage sur trois aboutit à un divorce, la séparation n’est pas inévitable et deux sur trois tiennent jusqu’au bout. Il n’y a pas de fatalité de l’échec. La bonne nouvelle que nous annonçons n’est pas un particularisme désuet réservé à des gens taillés sur mesures. Le mariage stable et définitif d’un homme et d’une femme pour éduquer des enfants n’est pas une curiosité d’une secte exotique. C’est un chemin possible pour tous et il est important que nous sachions faire témoigner ceux qui le vivent avec bonheur, même si c’est aussi quelque fois au prix d’une souffrance réelle.

Notre attachement au mariage hétérosexuel, monogamique et définitif est important, non seulement pour nous, mais aussi pour toute la société. Il rappelle que l’union de l’homme et de la femme n’est pas une simple affaire de sentiments privés. Cette union a une fonction sociale. Elle constitue un cadre éducatif pour développer des relations sociales dans un autre registre que celui de l’intérêt particulier et de la violence.

Si nos législateurs et nos gouvernants oublient cette dimension fondamentale de la mission familiale, c’est à nous de leur rappeler, y compris par nos votes.

Conclusion : « Que nous faut-il donc faire ? »

Dans un contexte comme le nôtre où règne une certaine confusion, il nous faut d’abord nous convaincre que la réussite d’une vie de famille n’arrive pas toute seule, comme par enchantement. Peut-être qu’à d’autres époques, l’encadrement global de la société, la force du modèle familial, et la vigueur des structures de transmission des valeurs et des processus éducatifs rendaient moins perceptible l’investissement personnel nécessaire pour réussir un mariage. Aujourd’hui on ne réussit plus un mariage par hasard. La réussite d’une vie de famille demande un travail , travail sur soi, sur notre manière d’être et sur nos relations. Tout le monde trouve normal de se donner beaucoup de mal pour réussir sa vie professionnelle ou pour devenir un artiste de talent ou un sportif de compétition. Mais combien abordent la vie familiale comme une sorte de parenthèse dans laquelle tout arrive tout seul ? Combien sacrifient, pas forcément de gaité de cœur, ni en raison de choix vraiment raisonnés, leur vie de leur famille à leur profession, à leurs amis, ou à leurs hobbies ?

Ce travail demande aux époux de passer beaucoup de temps ensemble. Ils doivent en particulier comprendre qu’ils doivent avoir une relation en dehors de leurs enfants, avant de se retrouver tout seuls. Si pendant les vingt ou trente ans première années de vie commune, toute leur vie relationnelle est médiatisée par les enfants, le jour où ceux-ci sont partis, il ne reste plus rien. Ce travail de construction demande aussi que les parents et les enfants passent du temps ensemble. Il demande beaucoup de dialogue interpersonnel, beaucoup d’attention mutuelle. Combien de crises deviennent insurmontables parce qu’elles sont vécues séparément et isolement, et que, quand on se préoccupe de savoir comment on va en parler à l’autre, celui-ci n’est plus disposé à entendre ? Combien d’amours sombrent faute de temps passé ensemble gratuitement ?

La vie sacramentelle est un autre point d’appui. Pas plus que le baptême n’est terminé après la célébration, le mariage n’est achevé après la bénédiction. Le sacrement initial est un point de départ. Il a besoin d’être développé par une vie de prière et une vie sacramentelle régulière. C’est le seul chemin possible pour que la grâce de Dieu vienne au secours de notre faiblesse.

Enfin, nous devons chercher à mettre en œuvre des liens entre les familles. Beaucoup de nos contemporains, surtout jeunes, vivent dans un réel isolement humain. Ils ont souvent déménagés et se retrouvent pour quelques années dans une cité inconnue. N’ayant plus derrière eux une fratrie et des cousins d’âges divers qui faisaient autant d’interlocuteurs en cas de crise, ils se retrouvent tout seuls. Nos communautés doivent mettre en œuvre une solidarité concrète entre leurs membres. Cela se fait souvent à partir des enfants, mais se joue aussi à partir des groupes amicaux, des groupes de partage, etc.

Ces trois exemples de chose à faire qui pourront, je l’espère, ouvrir et stimuler votre inventivité.

+ André cardinal Vingt-Trois,
archevêque de Paris

[1Étude Ipsos / Logica Business Consulting « Les Français et la famille » parue dans le journal La Croix du 28 septembre 2011

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