Conférence "La miséricorde et le pardon"

Le 14 février, nous avons vécu une journée de la miséricorde au cours de laquelle le père Bentz a pris le temps d’introduire à la miséricorde et au pardon. Retrouvez le texte de la conférence ci-dessous et au format PDF.

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Conférence "La miséricorde et le pardon"
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La miséricorde et le pardon

Frères et sœurs, nous sommes entrés en Carême mercredi dernier avec la célébration des Cendres et, en ce premier dimanche du Carême, nous avons voulu vivre une « Journée de la Miséricorde ». Elle commence par cette conférence d’introduction au Carême et se poursuivra, tout à l’heure, par la célébration de la messe et du sacrement des malades. Ce sacrement se rattache à l’une des œuvres de miséricorde : visiter les malades. Dieu fait miséricorde et il demande à son Église de faire de même.

1 - Introduction à partir des prières de la messe

Lorsque le pape François a lancé l’année sainte de la miséricorde, cela nous a réjouis parce qu’une année sainte est toujours un temps de grâce, mais pour beaucoup d’entre nous, en même temps, il n’était pas facile de dire précisément ce qu’est la miséricorde. En effet, le mot est ancien, peu utilisé en dehors de l’Église, et il peut être difficile de distinguer la miséricorde du pardon. Si vous le voulez bien, nous allons essayer d’y voir plus clair à partir de la prière pour le pardon que nous entendons au début de la messe :

« Que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. R/ : Amen. » (Missel romain, rites d’ouverture de la messe).

Cette prière est dynamique. Dieu est à l’œuvre : il fait miséricorde, il pardonne les péchés et il conduit à la vie éternelle. On peut reconnaître trois temps d’un cheminement qui conduit au salut. Commençons par regarder le sujet de l’action.

Dieu tout-puissant

Dans cette prière, la toute-puissance de Dieu s’exerce quand il fait miséricorde. Lorsque nous professons la foi en disant : « Je crois en Dieu le Père, tout-puissant, créateur du ciel et de la terre » (Credo), l’adjectif « tout-puissant » est encadré par deux mots - « Père » et « créateur » -, qui nous aident à comprendre de quoi il s’agit. Le Dieu auquel nous croyons n’est pas tout puissant à la manière de Zeus ou de Jupiter, encore moins à la manière des hommes : il est tout puissant en tant qu’il est Père et créateur, c’est-à-dire parce qu’il donne la vie, parce qu’il fait miséricorde. Cela est très bien exprimé dans cette prière d’ouverture de la messe : « Dieu qui donne le preuve suprême de ta puissance, lorsque tu patientes et prends pitié… » (Missel romain, Collecte de la messe du XXVIe dimanche du temps ordinaire)

Qui fait miséricorde

« Dieu fait miséricorde » est une donnée fondamentale de la révélation biblique. De la Genèse à l’Apocalypse, Dieu fait miséricorde. L’histoire sainte, l’histoire du salut, est l’histoire de la miséricorde. Nous en trouvons une très belle illustration dans la IVe prière eucharistique qui est une grande méditation sur la miséricorde de Dieu : « Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés par les prophètes... Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils... » (Missel romain, IVe prière eucharistique)

Dieu pardonne nos péchés

Le premier temps de la prière est celui de la miséricorde : Dieu fait tout pour rejoindre l’homme là où il est, là où il en est. Prenons un exemple. Jésus descend à Jéricho et se rend dans la maison de Zachée (Lc 19,1s). C’est le premier temps. Par son métier, collecteur de l’impôt pour les romains, Zachée était publicain (notoirement pécheur). Il ne méritait pas la visite de Jésus, il méritait même exactement le contraire : que Jésus passe loin de chez lui, qu’il refuse d’entrer dans sa maison. Mais non, Dieu veut faire miséricorde : il s’abaisse, il descend, il rejoint l’homme pécheur. Le cœur de l’homme est maintenant prêt pour le deuxième temps : le pardon des péchés. Zachée reconnaît le mal qu’il a commis et en demande pardon : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » (Lc 19,8).

Dieu conduit à la vie éternelle

Au cours du premier temps, seul Dieu est à l’œuvre. Mais Dieu, qui nous a créés sans nous, ne veut pas nous sauver sans nous (Saint Augustin). Au cours du second temps, l’homme doit participer à l’œuvre de Dieu. Pour que Dieu pardonne, il faut que l’homme confesse ses péchés. Dieu s’est approché et a rejoint l’homme, mais il ne forcera jamais la porte de son cœur. C’est à l’homme de lui ouvrir pour laisser entrer la grâce, pour recevoir le pardon. Plus l’homme confesse ses péchés, plus il les expose au Seigneur, plus profondément la grâce pénètre dans son cœur et le sauve : « Aujourd’hui - dit Jésus à propos de Zachée - le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Lc 19,9-10)

Voici pour une première approche qui nous permet de distinguer la miséricorde du pardon comme deux temps qui conduisent au salut ; qui nous permet aussi de voir que la miséricorde recouvre tout ce que Dieu fait pour nous sauver, sans attendre que nous répondions à son initiative, alors que le pardon suppose une participation de l’homme, un échange de paroles de l’homme vers Dieu (« Je te demande pardon ») et de Dieu vers l’homme (« Je te pardonne »).

Nous pourrions ajouter, que la miséricorde de Dieu s’étend à tous les hommes, à toutes les créatures, dans leur ensemble, alors que le pardon relève d’une rencontre personnelle entre Dieu et l’homme.

2 - La miséricorde est le nom de Dieu dans l’Ancien Testament

Après cette première approche, il nous faut regarder plus en détail dans l’Ancien Testament car le mot latin misericordia traduit plusieurs mots hébreux. Le mot misericordia, du latin misereri (avoir pitié) et cor (cœur), décrit celui dont le cœur réagit devant la misère d’autrui ; dans le Bible, celui qui réagit ainsi c’est presque toujours le Bon Dieu. Les deux mots hébreux sous-jacents sont râhamim que nous pourrions traduire par tendresse et hèsèd, que nous pourrions traduire par amour fidèle.

Dieu pardonne avec une caresse

Ces paroles du pape François peuvent nous surprendre. Nous sommes habitués aux anthropomorphismes bibliques, mais celui-ci n’est-il pas trop fort ? Pour comprendre ces paroles du Saint-Père, il nous faut percevoir la richesse de la racine hébraïque râham, à partir de laquelle est formé le mot râhamim que nous avons traduit par tendresse.

Les commentateurs remarquent que le mot rèhhèm, formé sur la même racine, désigne les entrailles maternelles (l’utérus). Les auteurs de la Bible jouent sur cette proximité pour présenter le Bon Dieu sous des traits maternels : « Éphraïm n’est-il pas pour moi un fils précieux, n’est-il pas un enfant de délices… Voilà pourquoi, à cause de lui, mes entrailles frémissent ; oui, je lui ferai miséricorde – oracle du Seigneur. » (Jr 31,20). Dans la bible hébraïque, la miséricorde marche de pair avec la justice. On peut voir dans ce binôme une manière de signifier qu’en Dieu le Père, source de toute vie, s’origine toute paternité (Eph 3,15) et toute maternité.

Nous trouvons une bonne illustration de cette idée dans la manière dont saint Luc nous présente le père du fils prodigue. L’évangéliste nous dit que le père « fut saisi de compassion » et qu’il « courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers » (Lc 15,20). Ce père adopte une attitude qui n’est pas sans rappeler celle d’Anna, la mère du jeune Tobie, qui était parti longtemps de la maison familiale : « Anna était assise à l’entrée de la cour et surveillait la route par laquelle son fils était parti… Elle le reconnut qui arrivait… Anna courut se jeter au cou de son fils » (Tb 11,5-6.9). Rembrandt ne s’y est pas trompé quand il représente le père qui pose sur les épaules du fils perdu et retrouvé une main paternelle et une main maternelle.

Si nous sommes infidèles, lui restera fidèle

L’autre terme hébreu que nous avons vu est hèsèd, que nous avons traduit par amour fidèle. L’Ancien Testament est la grande révélation de l’amour fidèle de Dieu. Malgré la violence qui habite le cœur des hommes, malgré les infidélités renouvelées, Dieu est fidèle à sa parole ! Les textes qui révèlent cet amour fidèle sont innombrables, mais le premier d’entre eux est sans contexte la révélation du Nom de Dieu à Moïse :

« Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, qui garde sa fidélité jusqu’à la millième génération, supporte faute, transgression et péché, mais ne laisse rien passer, car il punit la faute des pères sur les fils et les petits-fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération. » (Ex 34,5-7)

La révélation de l’amour fidèle de Dieu sera sans cesse réaffirmée par les prophètes. Un des textes les plus significatifs à cet égard est le livre du prophète Osée. Les infidélités du peuple sont devenues tellement insupportables qu’il commence par un acte de répudiation : « Accusez votre mère, accusez-la, car elle n’est plus ma femme, et moi, je ne suis plus son mari ! » (Os 2,4). Dieu est un Époux jaloux, mais il n’agit pas comme les hommes. « Sa colère ne dure qu’un instant » (Ps 29,6) :
« Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert - c’est-à-dire en ce lieu où l’Alliance a été scellée, où leur amour s’est déclaré -, et je lui parlerai cœur à cœur. Et là, je lui rendrai ses vignobles, et je ferai du Val d’Akor la porte de l’Espérance. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte. En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal ». (Os 2,16-18)

Cette conviction de l’Ancien Testament sera redite avec force par l’Apôtre dans sa deuxième lettre à Timothée : « Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même. » (2 Tm 2,13).

En exprimant la miséricorde par râhamim (tendresse) et hèsèd (amour fidèle), l’Ancien Testament reprend deux composantes de l’amour humain qu’il utilise pour parler de l’amour de Dieu. L’amour est désir et il est don de soi. Les Grecs diront qu’il est eros et agapè, et le pape Benoît reprendra ces deux termes pour parler de l’amour de Dieu :
« Le Dieu unique auquel Israël croit aime personnellement. De plus, son amour est un amour d’élection : parmi tous les peuples, il choisit Israël et il l’aime, avec cependant le dessein de guérir par là toute l’humanité. Il aime, et son amour peut être qualifié sans aucun doute comme eros, qui toutefois est en même temps et totalement agapè. » (Benoît XVI, Deus caritas est, n°9 ; citant le Pseudo-Denys l’Aréopagite dans Sur les noms divins).

3 - Jésus-Christ, incarnation de la miséricorde de Dieu pour nous

Nous l’avons vu, la miséricorde est l’attribut divin qui décrit le mieux le Dieu de l’Alliance. Vu de l’extérieur, sa toute-puissance et sa gloire peuvent faire peur, mais le mystère de son être, est qu’il est juste comme un père et doux comme une mère. Cette révélation portée par les prophètes préparait le peuple de Dieu à accueillir la révélation de l’amour de Dieu qui va « jusqu’au bout » comme le dit la IVe prière eucharistique : « Quand l’heure fut venue où tu allais le glorifier, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ».

Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père

C’est par ces mots que commence Misericordiae vultus, la bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la miséricorde. En Jésus-Christ, « tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3,6). Nul éloignement définitif, nul péché irrémissible ! Jésus est venu pour tous les hommes, à commencer par les pécheurs, les pauvres, les prisonniers, les aveugles, les opprimés (Lc 4,18). Dans l’Evangile selon saint Luc, Jésus manifeste la miséricorde par des guérisons : en ressuscitant le fils unique d’une veuve (Lc 7,13), en guérissant une « fille unique d’environ 12 ans » (Lc 8,42) ; en allant à la rencontre de ceux qui sont réprouvés : les lépreux (Lc 17,11), les publicains (Lc 18,9 – parabole du pharisien et du publicain), en libérant des esprits mauvais (Lc 9,37), et en pardonnant les péchés (Lc 19,1s – Zachée). Le pardon des péchés est l’un des manifestations de la miséricorde, mais ce n’est pas la seule.

Un passage de l’Evangile mérite que nous nous y arrêtions car il nous permettra de préciser encore ce qu’est la miséricorde. Saint Jean nous raconte la rencontre de Jésus avec une femme adultère, au moment où la foule s’apprête à la lapider. Le pape François a commenté cette histoire :

« Pour faire miséricorde, Jésus outrepasse la loi qui ordonnait la lapidation. Il va jusqu’à dire à cette femme d’aller en paix. La miséricorde est quelque chose de difficile à comprendre : elle n’efface pas les péchés, car c’est le pardon de Dieu qui les efface. Mais la miséricorde est la manière dont Dieu pardonne… Jésus va plus loin et conseille à la femme de ne plus pécher. On voit ici le comportement miséricordieux de Jésus : il protège le pécheur contre ses ennemis, il protège le pécheur contre une condamnation juste. » (Pape François, Le nom de Dieu est miséricorde, p. 15-16).

Kyrie eleison

L’originalité du Nouveau-Testament est de transférer sur Jésus les traits de la miséricorde divine. Dieu le Père reste la source de la miséricorde, mais Jésus lui aussi en possède toutes les caractéristiques (cf. Jn 17,10 : « Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi »). L’Eglise des premiers siècles condensera l’appel à la miséricorde du Christ dans l’invocation liturgique : Kyrie eleison. Le mot grec eleein, « avoir pitié », est un de ceux choisi par les Septantes (traduction grecque de l’Ancien Testament) pour traduire les racines hébraïques dont nous avons parlé précédemment. A partir du IVe siècle, l’usage de s’adresser au Christ dans de longues litanies ponctuées par ce refrain se répandra dans les Eglises sans que l’on en traduise le texte. Saint Jean Chrysostome suggère que cette récitation polarise l’attention des fidèles sur l’attribut de miséricorde.

Cette récitation n’est pas sans rappeler le psaume 135, le grand Hallel, qui était récité pour la Pâque et que Jésus récita avec ses apôtres au cours de son dernier repas. Le psaume est rythmé par le refrain : « Car éternel est son amour ». Reprenant toute l’histoire d’Israël depuis la création, il est la grande action de grâce qui remémore au peuple les merveilles de Dieu et le prépare à en bénéficier de nouveau :

« Rendez-grâce au Seigneur car il est bon, car éternel est son amour. » (Ps 135,1)

Miserando atque eligendo

La miséricorde est bien au cœur des Ecritures et de l’enseignement de l’Eglise. Les derniers pontificats ont beaucoup valorisé la miséricorde. Saint Jean XXIII et Paul VI en parlant de la miséricorde tout au long du concile Vatican II, Jean-Paul II en écrivant l’encyclique Dives in misericordia et en instaurant la fête de la Divine Miséricorde, Benoît XVI, en écrivant sa première encyclique Deus caritas est, sur l’amour divin et en disant :

« La miséricorde est en réalité le noyau central du message évangélique, c’est le nom même de Dieu, le visage par lequel Il s’est révélé dans l’ancienne Alliance et pleinement en Jésus Christ, incarnation de l’Amour créateur et rédempteur. » (Regina cæli, Dimanche de la divine Miséricorde, 30 mars 2008).

Le pape François a même choisi d’en faire la devise de son pontificat : « miserando atque eligendo ». Ce verset de l’Ecriture, il l’emprunte au très beau récit de l’appel de Matthieu : « Jésus vit un publicain, et comme il le regardait avec un sentiment d’amour, et le choisit, il lui dit : ‘Suis-moi’. » Et le pape de commenter, en s’inspirant de Saint Bède :

« Moi, je préfère traduire miserando par un gérondif qui n’existe pas : ‘en miséricordiant’, en lui donnant sa miséricorde. Donc, ‘en le miséricordiant et en le choisissant’, pour décrire le regard de Jésus qui offre sa miséricorde et qui le choisit, qui emmène avec lui. » (Pape François, Le nom de Dieu est miséricorde, p. 32-33).

4 – Conclusion : la miséricorde, pilier de la vie de l’Église

Le jour de la fête de la Miséricorde Divine, le pape Benoît XVI, disait : « L’amour de miséricorde illumine également le visage de l’Église et se manifeste aussi bien à travers les sacrements, en particulier celui de la réconciliation, qu’à travers les œuvres de charité » (Regina cæli, Dimanche de la divine Miséricorde, 30 mars 2008).

Misericordias sicut Pater

« Misericordias sicut Pater », miséricordieux comme le Père (cf. Lc 6,36) est l’appel incessant que Dieu nous adresse. La littérature rabbinique réfléchissait déjà aux conséquences éthiques pour l’homme dont la vocation est d’imiter Dieu. Rabbi Gamaliel, le premier maître de Paul de Tarse (Ac 22,3), allait jusqu’à affirmer :
« Celui qui se montre miséricordieux envers autrui sera traité par le Ciel avec miséricorde, tandis que celui qui n’a pas de pitié pour ses congénères n’aura pas droit à la pitié du Ciel. »

Les Pères du désert d’Egypte développeront la même idée à travers de courts récits, par exemple :

« Un frère interrogea abba Poemen en disant : ‘Si je vois une faute de mon frère, est-il bien de la cacher ?’ Le vieillard dit : ‘A l’heure où nous cachons les fautes de notre frère, Dieu, lui aussi cache les nôtres ; à l’heure où nous manifestons les fautes de notre frère, Dieu aussi manifeste les nôtres’ » (Apophtegmes, Collection systématique, IX, 9)

Notre temps est celui de la miséricorde

En ouvrant solennellement le concile Vatican II, saint Jean XXIII avait déclaré :
« L’Epouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que d’empoigner les armes de la sévérité. Elle estime que, plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre époque, en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. » (Discours pour l’ouverture du concile Vatican II, 11 octobre 1962)

La miséricorde doit être l’attitude de l’Église puisqu’elle a pour mission de rejoindre les hommes. Les prises de positions du pape François depuis le début de son pontificat ont parfois été interprétées comme des changements de doctrine. Il serait plus exact de dire que sans changer la doctrine, le pape ne veut pas que sa présentation soit un obstacle à l’annonce de l’Évangile. Évangéliser, c’est d’abord annoncer la miséricorde pour que Dieu touche l’homme. C’est aussi annoncer l’exigence de conversion, mais dans un deuxième temps.

La conférence s’est poursuivie par une invitation à vivre le sacrement de la réconciliation.

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