Confinement : et après ?

ET APRÈS ?
Après ce temps de confinement et d’épreuve ?

LA VIE INTÉRIEURE…

Quand le confinement sera fini, la vie reprendra-t-elle comme avant ?
Certains d’entre nous ont eu le bonheur de renouer avec leur vie intérieure ; après, la parenthèse sera-t-elle refermée ?
Et refermée, la recherche intérieure qui constitue la plus belle aventure humaine dans sa quête d’absolu ?
La grandeur de l’homme ne réside pas dans le fait d’amasser, ni de dominer la création, mais dans le fait qu’il est capable de relation avec Dieu qui veut pour lui la Vie, la vraie Vie.

QUESTION du Président des Évêques (France)

"Pendant cette crise, je crois beaucoup au fait de pouvoir se découvrir du goût pour la vie intérieure. Mais, "l’après" pose aussi l’éternel problème de la fausse conversion.
En sortant, continuerons-nous de consacrer du temps à la prière, à l’intériorité, à nous préoccuper des autres ou nous précipiterons-nous dans une frénésie de rencontres ? Aujourd’hui, nous sommes poussés par quelque chose de plus grand. Mais nous en souviendrons-nous ?"
Mgr Eric de Moulins-Beaufort

Les enjeux de la vie intérieure selon le Frère Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique de Bose (Italie).
RETROUVER LA VOIE DE L’INTÉRIORITÉ

"L’unification intérieure est, je crois, la grande question. Nous sommes sur terre pour faire de notre vie un chef-d’œuvre, et il nous faut pour cela nous unifier.

Nous avons le cœur partagé, divisé, taraudé par des désirs contradictoires.
Nous avons donc à travailler à notre simplification, émonder les désirs inutiles, les distractions, faire l’unité autour d’un désir central, celui d’apprendre à aimer.

Nous avons aussi à unifier notre existence entre le passé, le présent et l’avenir, découvrir que notre vie n’est pas une succession d’évènements sans liens entre eux, mais qu’elle a une trame, une direction, une vocation…

Enfin, nous avons à faire l’unification entre notre vie spirituelle et notre vie corporelle. Pendant des siècles, le christianisme a eu une attitude très méfiante à l’égard du corps et des réalités terrestres.

Nous redécouvrons enfin qu’être fidèle à Dieu, c’est aussi être fidèle aux réalités terrestres, aux rythmes des saisons, à la nature, même à la nourriture…
Pour devenir pleinement spirituelle, notre vie doit d’abord ne plus avoir peur d’être pleinement humaine. Dieu ne nous demande pas de renoncer au plaisir de vivre, bien au contraire.
Notre vie ne doit pas être seulement bonne sur le plan moral : elle doit aussi être belle et heureuse. Comment retrouver la voie de l’intériorité ?

L’homme moderne vit « hors de lui-même » ; il se trouve, par toutes les sollicitations qui l’entourent, en quelque sorte exproprié de lui-même. Je crois que la grande pathologie contemporaine se nourrit d’un rapport perverti au temps.

La plupart des hommes et des femmes d’aujourd’hui perçoivent le temps comme un grand fleuve dans lequel ils sont plongés et contre le cours duquel ils ne peuvent rien.
Il faut réagir contre cette idée : le temps est à notre service, nous devons être les maîtres de notre temps.

La fragmentation du temps aboutit à l’éclatement de l’homme.
Nos contemporains ne font que courir d’une activité à une autre, sans jamais s’arrêter. L’accès à la vie intérieure passe nécessairement par une maîtrise de son temps qui permet de se rendre présent à soi-même. Je ne suis pas que la somme de mes activités.

Mon être profond a besoin de temps libre, gratuit, « perdu », pour accéder à la surface de ma conscience. Je donne souvent à ma communauté un conseil qui, en apparence, peut sembler scandaleux de la part d’un moine. J’insiste sur le fait qu’il est important de penser sa vie plutôt que de prier !

Je crois en effet que sans dialogue intérieur entre soi et soi, sans cette activité réflexive, la prière tombe en dévotion, en activité pieuse un peu stérile. Le temps que nous passons à penser notre vie n’est pas du temps perdu…

Sans vie intérieure, pas de vraie liberté !
Car, sans réflexion, sans retour sur soi, sans relecture de sa vie, on se laisse porter, emporter par les évènements qui surviennent, on est davantage « vécu » que réellement vivant…
Choisir notre existence ne se fait pas sans un patient et un long travail sur soi."

PRIÈRE À L’ESPRIT

Viens, Esprit Saint, viens m’apprendre à faire du silence une prière,
à laisser pousser les racines de mon cœur, à devenir un arbre pour ceux qui ont faim d’amour.

Viens, Esprit Saint, donne-moi la force de pouvoir encore m’arrêter pour écouter la Parole de Vie, loin de la drogue du bruit, de la valse des mots, fais de moi un arbre solidement planté, près d’un cours d’eau et qui porte du fruit…

Viens, Esprit Saint, apprends-moi à prier,
à prendre racine en profondeur,
à rejoindre les nappes souterraines de mon cœur,
à écouter ta chanson secrète qui me poursuit, afin que je sache accueillir ton amour qui gardera vert le feuillage de ma vie.

Viens, Esprit Saint, fortifie en moi l’homme intérieur, que, par la foi, le Christ habite en mon cœur, enracine-moi en Dieu, afin que les fruits de ma vie aient le goût de Son amour !
Michel Hubaut, ofm

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