Dans la cité, le Pari(s) de la Confiance

« La capacité de résister à des risques d’embrigadement ne peut se réaliser que s’il y a réellement une intégration des individus dans une vie sociale », déclarait Mgr André Vingt-Trois le 8 janvier, jour anniversaire des attentats de Paris de 2015. Au 164 rue de Saussure (17e), sous l’impulsion de la chapelle N.-D. de la Confiance, les chefs d’un groupe Scouts et Guides de France se dévouent auprès des jeunes de la cité pour contribuer à cette intégration.

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Le groupe Paris de la Confiance participe régulièrement aux rassemblements nationaux des Scouts et Guides de France.
© D.R.

Il y a quelques mois, le P. Jean- Pierre Ledoux, chapelain de N.-D. de la Confiance (17e), se promenait dans les rues de la cité où se trouve la chapelle, porte d’Asnières. Lakdar, 24 ans, l’interpelle : « Merci ! C’est grâce aux scouts que j’ai trouvé ma voie ! » Le jeune homme, animateur pour enfants à Paris, poursuit : « Avec les scouts, j’ai appris la vie en communauté. Surtout, ils m’ont apporté un idéal : être utile à la société, à moi-même et aux autres. » Depuis plus de dix ans, environ 250 jeunes ont participé aux activités des Scouts et Guides de France dans le groupe « Pari(s) la Confiance », mis en place par l’équipe paroissiale dans ce quartier.

Progresser en humanité

« En 2004, nous voulions trouver un moyen d’enrayer la violence quotidienne sous nos fenêtres », souligne le P. Ledoux. À l’époque, les dégradations publiques étaient récurrentes, les dealers faisaient la loi, des voitures étaient incendiées. Les premiers camps reflétaient malheureusement cette ambiance. Le P. Ledoux se souvient d’un « jaillissement de la violence » : des jeunes s’agressant verbalement puis physiquement, quittant le camp sur une dispute, les uns détruisant les tentes ou tables fabriquées par les autres... Au fil des camps, les relations entre les scouts sont de plus en plus apaisées. Au bout d’un an d’existence du groupe, le président de l’Union des locataires témoignait déjà : « Cette troupe a beaucoup fait pour recréer le lien social. Vous avez rendu leur fierté aux plus jeunes : c’est crânement qu’ils se disent scouts. » Le P. Ledoux complète : « Comme les scouts vivent en symbiose avec les jeunes du quartier, par leur progression personnelle, c’est toute la jeunesse de la cité qui a progressé en humanité. Cela se ressent chez ceux qui nous rejoignent actuellement ». Certains sont même devenus chefs scouts à leur tour.

Des rencontres chrétiens-musulmans

Dans ce quartier où les religions se côtoient, les rencontres ont aussi été marquées par la construction d’un dialogue interreligieux. Pendant les camps, tous aident à construire les espaces de prière : la croix pour la chapelle de verdure et le bout de bois symbolisant la direction de la Mecque. Les repas commencent par un bénédicité partagé ensemble. « Ils apprennent ainsi à respecter la religion de l’autre : on ne raille pas la foi de l’autre, on ne la travestie pas, c’est sérieux pour tout le monde », insiste le P. Ledoux. Au fur et à mesure des années, des temps consacrés à la rencontre chrétiens- musulmans se sont structurés pendant les camps, jusqu’à un échange prêtre-imam aujourd’hui systématique. « Une autre ambiance nait de l’expérience des camps scouts, cela créé des liens différents de ceux des bandes, et tout le monde en voit le rayonnement dans la cité, témoigne Sophie, une paroissienne qui fréquente le quartier depuis quarante ans. Le respect envers les uns et les autres mais aussi celui du mobilier urbain, sont des changements visibles pour tous les habitants. » • Sophie Lebrun

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