Décès de Nikita Struve, figure de l’orthodoxie russe en France

Grande figure de l’orthodoxie russe en France, Nikita Struve est mort le 7 mai au soir, à l’âge de 85 ans… Cet orthodoxe fervent, membre du Conseil de l’archevêché des églises russes sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople, était en effet inquiet du tour pris par l’orthodoxie en Russie et de ses liens avec l’État. Il défendait d’ailleurs l’indépendance de l’Église russe dans l’émigration.

Décès de Nikita Struve, figure de l’orthodoxie russe en France
Grande figure de l’orthodoxie russe en France, Nikita Struve est mort le 7 m
ai au soir, à l’âge de 85 ans.

Professeur honoraire de russe à l’université de Paris X-Nanterre, Nikita Struve était directeur littéraire aux éditions YMCA-Press, où il avait publié de nombreux auteurs russes, philosophes, théologiens et écrivains, dont Alexandre Soljenitsyne, dont il était devenu l’ami. Il était aussi le directeur de la revue russe Vestnik, et du Messager orthodoxe, revue de L’Association chrétienne des étudiants russes (Acer).Il était aussi un membre actif du Conseil de l’archevêché des églises russes en Europe occidentale (rue Daru, Patriarcat de Constantinople).
Récemment, il avait apporté son témoignage lors de l’hommage à sainte Mère Marie Skobtsov, dans la paroisse Saint-Séraphin de Sarov à Paris, le dimanche 20 mars.

L’article nécrologique du journal La Croix, a décrit comment Nikita Struve a pu recevoir une lettre d’Alexander Soljenitsyne lui demandant de publier, à Paris, Août 14, le premier « nœud » de La Roue rouge. Deux ans plus tard, Soljenitsyne lui confie, dans le plus grand secret, la publication de L’Archipel du Goulag. Le livre paraît la veille de Noël 1973 et le dissident est expulsé d’URSS quelques semaines plus tard.

« Une orthodoxie qui ne soit pas repliée sur elle-même »
Cet orthodoxe fervent, membre du Conseil de l’archevêché des églises russes sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople, était en effet inquiet du tour pris par l’orthodoxie en Russie et de ses liens avec l’État. Il défendait d’ailleurs l’indépendance de l’Église russe dans l’émigration.

« Notre culture spirituelle est liée à l’Église. L’Église nous a aidés à conserver la langue et les traditions et c’est ce qui nous distingue de ceux qui sont en Russie. Notre expérience nous dit que nous devons préserver aussi longtemps que possible notre indépendance, affirmait-il. Nous avons besoin de notre liberté par rapport à l’État, par rapport à la Russie post-soviétique. Nous devons l’aimer, bien sûr, mais nous ne voulons pas qu’elle mette la main sur nous. »

Pour lui, en effet, l’émigration russe avait une « mission propre », celle de défendre « un christianisme éclairé », « une orthodoxie qui ne soit pas repliée sur elle-même ».
Nicolas Senèze, La Croix
Sources : Orthodoxie.com, La Croix

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