« Dieu s’incarne dans l’amour humain, comme il s’est incarné en Marie »

Un colloque international sur le P. Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame, est organisé au Collège des Bernardins les 8 et 9 décembre. Une date qui n’est pas anodine.

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Le P. Paul-Dominique Marcovits, o.p., est rédacteur de la cause de canonisation du P. Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame.
© Amis du père Caffarel

Paris Notre-Dame – Il y a 70 ans, en 1947, la charte des Équipes Notre-Dame était promulguée un 8 décembre à St-Augustin (8e). Pourquoi cette date ?

P. Paul-Dominique Marcovits – La fête de l’Immaculée Conception est aussi celle des Équipes Notre-Dame (END), qui sont placées sous le patronage de la Vierge Marie depuis leur fondation en 1939. La raison profonde du lien de cette grande fête mariale avec le mouvement des END, qui regroupe des équipes de couples chrétiens, c’est le « oui » de la Vierge Marie au plan de Dieu pour elle. Dans le sacrement de mariage, c’est ce « oui » que les couples chrétiens sont appelés à vivre. L’amour de Dieu s’incarne dans l’amour humain, comme il s’est incarné en Marie, pour le Salut du monde. On peut ajouter que le P. Caffarel est lyonnais d’origine et donc très attaché à cette « fête des lumières » qui se célèbre de façon particulière à Lyon depuis 1852.

P. N.-D. – En quoi la figure de Marie peut-elle soutenir la vie conjugale ?

P.-D. M. – Son « oui » à Dieu auquel consent Joseph, rejoint l’engagement que prononcent deux personnes qui se marient. Dans le mariage chrétien, c’est la foi qui s’exprime, abandon radical en Dieu. On se donne tout entier dans la confiance en Dieu, et en celui que l’on épouse. Une confiance qui a besoin d’être éduquée et passe par certaines épreuves. Intercéder auprès de Marie aide les couples dans cet « exercice ». La charte des END propose des orientations de vie (amour du Christ), des points concrets d’efforts (dont le « devoir de s’asseoir » avec son conjoint pour parler), et une vie d’équipe (entraide entre les couples). Certains témoignent qu’ils ne seraient plus ensemble aujourd’hui s’ils n’avaient pas vécu cela.

P. N.-D. – Et en cas d’échec du mariage ?

P.-D. M. – Marie demeure présente. C’est elle qui nous apprend à aimer et à imiter son Fils dans toutes les situations de notre vie. Ensuite, l’échec, quel qu’il soit, doit toujours être éclairé par la miséricorde de Dieu, son amour infini, qui rejoint toutes nos blessures. Les END ont aussi créé les Équipes Reliance qui proposent un parcours permettant aux couples divorcés vivant une nouvelle union, de s’entraider par une vie d’équipe et de progresser dans la vie chrétienne.

P. N.-D. – En quoi votre charte, exigeante, remise à jour il y a vingt ans, est-elle toujours actuelle ?

P.-D. M. – Elle est d’une grande clarté sur le fond et sur la forme. Ce qu’elle demande est à la portée de chacun. Ensuite, c’est justement son exigence qui fait sa richesse. Elle prend les gens au sérieux. Mais cette charte est avant tout une orientation, une proposition de s’exercer vers la sainteté au quotidien, dans la vie de couple. Un couple m’a raconté une fois, qu’ils avaient mis vingt ans à réussir à prier ensemble quotidiennement ! On avance pas à pas. La charte n’est qu’un moyen. Le but ultime, c’est l’union à Dieu.

Propos recueillis par Laurence Faure

Renseignements
sur le site www.henri-caffarel.org

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