« Edith Stein au rendez-vous des défis de l’Europe »

PN.-D. - Pourquoi avoir organisé ce 2e voyage [1] autour d’Édith Stein ? Quel en sera l’intérêt particulier et le programme ?

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Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris.
Photo : Sylvain Sismondi

Mgr Renauld de Dinechin - Ce voyage d’études est une prise de contact avec le témoignage et la pensée d’une femme exceptionnelle, canonisée en 1998 par Jean-Paul II et déclarée co-patronne de l’Europe l’année suivante.

P.N.-D.- Que dire du thème de l’empathie développé chez Édith Stein ?

Mgr Renauld de Dinechin - Pour Édith Stein, l’empathie c’est l’acte par lequel nous percevons ce que vit autrui. Elle en fait une expérience marquante à 24 ans, tandis qu’elle est infirmière durant la première guerre mondiale. Parmi les blessés, elle soigne des paysans ruthènes dont elle perçoit la détresse : ils meurent sans même avoir compris l’enjeu du conflit. En rangeant les affaires d’un soldat qui vient de mourir, Édith Stein découvre dans son portefeuille, sur un papier griffonné, une prière écrite par sa femme demandant à Dieu de préserver son mari de la mort. A travers cette prière inexaucée, Édith perçoit d’une manière intuitive et intense que chaque personne ne vit que par les relations qu’elle développe, que l’empathie est aussi nécessaire à la personne que l’oxygène.

P.N.-D. - Quelles sont ses publications et ses développements qui font référence dans le domaine ?

Mgr Renauld de Dinechin - Outre les nombreuses biographies écrites sur elle, pour une première découverte d’Édith Stein, on peut lire sa passionnante autobiographie Vie d’une famille juive. Elle a écrit de nombreux textes philosophiques, spirituels ou théologiques. Dans son ouvrage La science de la croix, la phénoménologue explore la doctrine de saint Jean de La Croix. On trouvera de beaux écrits spirituels dans Source cachée, rassemblés par Cécile Rastoin.

P.N.-D. - En quoi ce thème est-il éclairant, pertinent aujourd’hui ? Comment est-il exploité ?

Mgr Renauld de Dinechin - Par son histoire, Édith Stein est au rendez- vous de nombreux défis du passé et de l’avenir de l’Europe qu’il est difficile d’énumérer en quelques phrases. Mentionnons cependant qu’à l’adolescence, elle « choisit de ne plus croire » et traverse une période d’athéisme, jusqu’à ce que sa quête philosophique, ainsi que la rencontre de chrétiens lui permettent de recevoir l’illumination de la vérité en Jésus Christ. Sa carrière de philosophe en fera une conférencière très sollicitée en Allemagne sur des sujets comme l’éducation, la vocation de la femme, l’engagement politique. Sa destinée nous entraîne dans l’espérance : baptisée à 31 ans, ce n’est qu’à 42 ans qu’elle entrera au carmel après une vie professionnelle dense. Elle trouve dans sa vocation l’accomplissement d’une quête ardente qui comble ses désirs. Au cœur de cette destinée jaillit le mystère de son élection : née juive et fière de son peuple, elle ne renouera avec les racines de son judaïsme qu’après sa conversion au Christ et son baptême. Et c’est en raison de son appartenance au peuple d’Israël qu’elle est déportée et meurt à Auschwitz en août 1942. • Propos recueillis par Ariane Rollier

[1Sur les pas d’Édith Stein, copatronne de l’Europe, pèlerinage en Allemagne et aux Pays-Bas, avec Mgr Renauld de Dinechin et Sophie Binggeli, du 14 au 19 février 2011. Infos auprès d’Ictus Voyages : 01 41 12 04 80 – www.ictusvoyages.com

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