La culture le dialogue et ses fruits - octobre 2016

La commémoration de la Réforme ; le Saint et Grand Concile panorthodoxe : « La quête de notre unité entre chrétiens et toujours plus urgente dans ce monde pris entre sécularisation et dynamisme multiforme de l’islam ; nous ne pouvons pas nous satisfaire de nos frontières confessionnelles : explorer nos différences nous donne de l’assurance dans le témoignage chrétien, car, enfin, avons-nous quelque chose à dire au monde ? Et comment le lui dire ? « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jérémie 1, 9). »

On pourrait croire qu’il ne se passe désormais plus rien dans le dialogue entre chrétiens puisque nous sommes d’accord sur l’essentiel mais divisés sur des points irréconciliables : les ministères ordonnés, l’Église. Pourtant, à l’occasion de la commémoration de la Réforme, une invitation nous est faite par l’Église via la Commission internationale de dialogue luthéro-catholique romaine : « En 2017, les chrétiens catholiques et luthériens vont fort à propos revisiter des événements vieux de 500 ans en plaçant l’Évangile de Jésus-Christ au centre de leurs échanges ». Luther nous est certainement moins familier que Calvin, le réformateur français : c’est pourquoi il est nécessaire de prendre connaissance de la déclaration sur la commémoration commune “ Du conflit à la communion ”, qui date de 2013. Il faut revisiter les thèmes de la théologie luthérienne : la justification par la foi seule, l’autorité souveraine des Écritures, non dans un esprit de controverse mais en cherchant ce qu’il y a en eux d’authentiquement chrétien et catholique. Ce travail a été largement entamé avec la Déclaration Commune sur la Justification de 1999 . Luther n’est pas le seul réformateur, il est le premier chronologiquement (avant lui on parle de pré-Réforme) et en importance, Calvin étant d’abord qualifié de « luthérien », car il adoptait les idées maitresses de celui-ci. Luther donna l’impulsion et les autres réformateurs, tout comme le Concile de Trente, se situent par rapport à lui. À l’occasion de cet anniversaire des 500 ans, une reconsidération bienveillante de l’héritage de Martin Luther est donc possible : nous déplorons tous la rupture consommée sur beaucoup de points non théologiques, mais nous pouvons certainement nourrir notre foi en découvrant ce qu’il y a d’éminemment catholique dans la pensée de Luther.

En juin dernier, le Saint et Grand Concile panorthodoxe qui s’est tenu dans le Centre académique orthodoxe de Kolymbari en Crête a vu sa portée réduite par l’absence des Églises autocéphales russe, antiochienne, bulgare et géorgienne ; mais le rassemblement a eu lieu et la lettre du patriarche Cyrille de Moscou adressée aux participants et aux autres absents avait un ton apaisant qui voulait garantir la possibilité d’une rencontre plénière à l’avenir. Les difficultés rencontrées dans le dialogue intra-orthodoxe nous revoient à celles du dialogue entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes. Le conflit en Ukraine ne contribue pas à la sérénité de celui-ci, mais au Moyen-Orient les persécutions dont sont victimes tous les chrétiens des Églises orthodoxes orientales, des Églises catholiques orientales et les autres chrétiens participent à cet « œcuménisme du sang » dont parle le pape François. Le dialogue institutionnel entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe ne peut pas s’engager en l’absence de l’une des parties prenantes, que se soient le patriarcat de Moscou, celui de Constantinople ou les Orientaux byzantins unis à Rome. Ces derniers appelés Uniates sont essentiellement les gréco-catholiques d’Ukraine, mais il y a aussi des Églises orientales unies à Rome au Moyen-Orient, toutes ces Églises ont une histoire et leur union avec l’Église catholique romaine a aussi eu pour conséquence de faire passer cette dernière d’un unionisme de ralliement à un réel souci de respect des traditions, pas seulement rituelles, de l’Orient chrétien. Nous renvoyons à la revue Œuvre d’Orient, et sur cette question en particulier à l’article : Catholiques et Orthodoxes de Pie IX à Jean XXIII . Nous publierons ce texte dans notre prochain bulletin, au mois de novembre.

La quête de notre unité entre chrétiens et toujours plus urgente dans ce monde pris entre sécularisation et dynamisme multiforme de l’islam ; nous ne pouvons pas nous satisfaire de nos frontières confessionnelles : explorer nos différences nous donne de l’assurance dans le témoignage chrétien, car, enfin, avons-nous quelque chose à dire au monde ? Et comment le lui dire ? « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jérémie 1, 9).

Père Jérôme Bascoul

Éditorial

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