L’avenir de l’Eglise - novembre 2016

L’avenir de l’Église éclaire son présent et son passé. Le dernier numéro d’Unité des Chrétiens nous donne une large contribution œcuménique sur le thème des fins dernières… Dans le dialogue théologique, nous sommes heureux de proposer le texte de convergence entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe signé à Chieti en Italie… Les divergences doctrinales représentent un double défi : elles nous incitent à aimer l’autre tel qu’il est et à poursuivre l’exigence du dialogue de vérité, qui n’est pas un compromis mais la découverte commune d’une vérité qui nous dépasse toujours et qui pourtant se communique.

L’avenir de l’Église éclaire son présent et son passé. Le dernier numéro d’Unité des Chrétiens nous donne une large contribution œcuménique sur le thème des fins dernières. En effet, c’est dans l’attente du retour du Fils de l’homme dans sa gloire, donc à la lumière de notre humanité déjà transformée par la résurrection, que nous devons lire les signes des temps. Relire le passé dans cette lumière, c’est ce qu’ont entrepris les luthériens et les catholiques, donc les protestants des deux principales confessions – réformée et luthérienne –, qui sont unies institutionnellement en France depuis 2013. C’est un signe fort qui a été donné à Lund, même s’il porte moins sur la doctrine – sur ce point on reste à la réception de l’accord de 1999 sur la justification –, que sur l’action concrète, des accords pour une coopération dans l’assistance humanitaire ayant été signés. Cela fait écho à la manière concrète de faire vivre l’œcuménisme par tous que prône le pape François, qui insiste sur l’impératif d’une rencontre amicale et laisse les débats théologiques aux spécialistes. Pour lui, en effet, les deux vont de pair : les efforts des uns ne dispensent pas les autres de faire des efforts.

Dans le dialogue théologique, nous sommes heureux de proposer le texte de convergence entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe signé à Chieti en Italie. Le thème et l’enjeu en sont une compréhension commune de la primauté et de la synodalité. Il s’agit d’articuler ces deux modalités au niveau du gouvernement des patriarcats et des diocèses, et de repréciser le rôle du pape de Rome au premier millénaire. Le document affirme à cet égard : « La primauté de l’évêque de Rome [reconnue] par les évêques fut peu à peu interprétée comme une prérogative qui lui revenait dans la mesure où il était le successeur de Pierre, premier de tous les apôtres. Cette compréhension ne fut pas adoptée en Orient, qui avait sur ce point une autre interprétation que celle des Écritures et des Pères. Notre dialogue pourra un jour revenir sur cette question. » Cela laisse donc entrevoir les prochaines étapes du dialogue : elle auront pour but de regarder comment concilier la compréhension catholique du ministère pétrinien de l’évêque de Rome avec la reconnaissance du rôle que sont prêtes à lui reconnaître les Églises orthodoxes. Ce texte s’inscrit dans la reprise du dialogue qui avait connu une crise au point de s’interrompre : le document de Ravenne sur la Communion ecclésiale et l’autorité date de 2007.

Dans le laborieux domaine de la reconnaissance « ecclésiale » de l’autre, on peut espérer que le dialogue théologique aura des effets sur le futur dialogue intra-orthodoxe, où le texte finalement voté, lors du Concile de Kolymbari en Crête, sur l’Église orthodoxe et les autres chrétiens, présente un recul sur le texte initial qui parlait d’autres Églises, car il concède seulement d’un point de vue historique l’appellation “ Église ” aux autres chrétiens. Bien sûr, on pourra remarquer que le concile Vatican II, dans le décret sur l’œcuménisme, distingue protestants et orthodoxes, les différentes confessions des premiers n’étant pas systématiquement qualifiés d’Églises, alors que les Églises orthodoxes sont bien considérés comme des « Églises sœurs ».

Les divergences doctrinales représentent un double défi : elles nous incitent à aimer l’autre tel qu’il est et à poursuivre l’exigence du dialogue de vérité, qui n’est pas un compromis mais la découverte commune d’une vérité qui nous dépasse toujours et qui pourtant se communique.
P. Jérôme Bascoul

Éditorial

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