En France, les jeunes ont peu de préjugés sur les religions

Une récente enquête montre que les jeunes ont une vision factuelle des religions. Les préjugés arrivent plus tard. La nouvelle est plutôt bonne ! Les jeunes interrogés par Coexister, mouvement interconvictionnel des jeunes, ont peu de préjugés sur les religions.

Une récente enquête montre que les jeunes ont une vision factuelle des religions. Les préjugés arrivent plus tard.
Par Laure Salamon, Réforme

La nouvelle est plutôt bonne ! Les jeunes interrogés par Coexister, mouvement interconvictionnel des jeunes, ont peu de préjugés sur les religions. Pour arriver à cette conclusion, l’association a exploité ses fiches sur le rapport entre les jeunes et les religions. Les formateurs les font remplir aux élèves lors des ateliers de sensibilisation menés depuis deux ans, dans les collèges et lycées. Les élèves doivent choisir parmi quatre colonnes qui représentent une religion ou conviction. Ils entourent le symbole dont ils se sentent le plus proches (une croix, un croissant, une étoile de David ou AT pour athéisme). Puis, en quelques minutes, ils écrivent jusqu’à trois mots pour la conviction entourée et pour les autres.

« L’idée était de restituer les données de ces 1986 fiches sur un tableau lisible et accessible », explique Samuel Grzybowski, fondateur du mouvement. Et « de mettre en lumière ce qu’on vit à travers les ateliers », ajoute Marie Houdelette, déléguée nationale à la sensibilisation. Josselin Rieth, délégué national adjoint à la sensibilisation, reconnaît qu’il y a des points de vigilance concernant les résultats de l’enquête du fait du public interrogé. Les interventions ont en effet lieu à 75% dans des établissements privés. L’étude ne présente que des données quantitatives. Il faudrait la compléter par des entretiens pour obtenir un aspect qualitatif et le profil des élèves. Elle livre cependant quelques enseignements intéressants.

Des mots descriptifs
Sur les 1986 fiches, 937 élèves ont coché la case christianisme, 808 athéisme, 123 islam, et 15 judaïsme. Treize fiches n’ont pas été retenues, car elles ne sont pas remplies comme les autres et ne permettent pas de les classer. Principal enseignement de cette étude, les jeunes citent d’abord des mots descriptifs sur les religions. Synagogue, Torah et juifs pour le judaïsme. Église, Jésus-Christ et Dieu pour le christianisme. Mosquée, Coran et ramadan pour l’islam. Pas de Dieu, sans religion et sans convictions ou non-croyants pour l’athéisme.

Les mots qui véhiculent des préjugés sont moins souvent cités ou apparaissent en troisième position. Il faut différencier les clichés faciles comme Rabbi Jacob (judaïsme), famille nombreuse (christianisme), couscous (islam), libres (athéisme) des vrais préjugés comme radins (judaïsme), terrorisme (islam), coincés (christianisme) et intolérant (athéisme). Une remarque concerne le mot Mahomet, cité uniquement par les élèves qui ne se disent pas proches de l’islam, alors que tous ceux qui ont coché l’islam parlent de Muhammad ou Mohammed, le vrai nom du Prophète. De ces clichés et préjugés, on peut déduire une certaine méconnaissance des jeunes sur les religions.

Actuellement, Coexister compte 2300 adhérents. Ce mouvement se diversifie avec, par exemple, l’initiative Convivencia qui réalise du conseil en entreprise sur la diversité religieuse. Et elle prévoit de lancer en janvier 2018 une branche pour les anciens « coexistants ».
Source : Protestinfo – février 2018

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