Enfants et adolescents : tous accompagnés vers Dieu

Avec les nouveaux rythmes scolaires, les paroisses s’adaptent aux contraintes des familles. Une réorganisation qui permet d’améliorer l’accompagnement des enfants et des jeunes dans l’apprentissage de la vie ecclésiale.

Les activités sportives, une occasion d'attirer les jeunes vers la communauté paroissiale.
Les activités sportives, une occasion d’attirer les jeunes vers la communauté paroissiale.
© Domitille Sandt

Jeudi 5 septembre, 16h30. À la sortie de l’école Falguière, une catéchiste attend les enfants qu’elle doit amener à St-Jean-Baptiste de La Salle (15e). Là-bas, tout est prêt : goûter, crayons de couleurs et partitions pour l’atelier chorale. C’est la rentrée du « Petit Pasteur », une nouvelle initiative pastorale pour les élèves du primaire qui prendra en charge quelques enfants chaque jour, de 15h à 19h. Cette année, le changement des rythmes scolaires a obligé les catéchistes à revoir leur organisation. Depuis la rentrée, la plupart des paroisses proposent de nouveaux horaires et, souvent, des activités sportives et culturelles. Certaines enverront également des bénévoles chercher les enfants à la sortie de l’école. Au St-Esprit (12e), la réflexion a été transversale. « Les responsables de l’aumônerie, du soutien scolaire, de l’école catholique du St- Esprit, de la catéchèse, de l’éveil à la foi, du catéchuménat enfant et de La Camilienne, notre centre de loisirs partenaire, se sont réunis tous les mois depuis un an pour réfléchir », explique Marie-Claude Verdenne, coordinatrice de catéchèse. Résultat ? La paroisse ainsi que La Camilienne ont élargi leurs propositions, permettant aux familles de confier leurs jeunes tous les après-midi après l’école et toute la journée du mercredi. À Ste-Claire (19e), l’association qui s’occupe du patronage a été habilitée par la Ville de Paris à accueillir les jeunes après l’école pour un atelier jeux de société et bricolage. « Il s’agit d’un véritable partenariat avec l’institution, sourit le P. Gilles de Raucourt, curé. C’est une façon de toucher des familles éloignées de la paroisse. »

Un temps d’expérience ecclésiale

Dans sa lettre sur la transmission de la Bonne Nouvelle aux enfants, le cardinal André Vingt-Trois a rappelé la responsabilité des communautés paroissiales face aux « générations qui viennent ». Un enjeu d’autant plus important que pour un certain nombre de parents, la transmission de la foi est un objectif qu’ils ne savent pas très bien comment réaliser. Message bien reçu à Ste-Claire où l’ « Oratorio », l’équivalent d’un patronage, a été monté au sein des locaux paroissiaux. « Nous voulons permettre aux jeunes de vivre une vie chrétienne de façon naturelle, reprend le curé. Venir jouer à la paroisse, tout en côtoyant des prêtres et des catholiques pratiquants, peut inciter les jeunes à aller à la messe le dimanche, dans un cadre qui leur sera familier. »Cette dynamique du patronage, qui remonte au XIXe siècle, a été relancée en 1994 par la création de la Facel [1] et renforcée en 2008 par l’ouverture des premiers Pôles Adolescence paroissiaux (voir aussi P. N.-D. du 2 mai 2013, pp. 4 et 5). Derrière ces initiatives, l’idée est de « mieux assumer, dans un même engagement pastoral, l’accompagnement des petits enfants jusqu’aux grands jeunes », souligne l’Archevêque dans sa lettre. Aujourd’hui, « près de la moitié des enfants qui ont suivi le catéchisme ne vont pas ensuite à l’aumônerie », confie Pauline Dawance, responsable du service diocésain de la Catéchèse. Pour Ségolène de Longraye, coordinatrice de catéchèse à St-Jean-Baptiste de La Salle, la fidélisation des jeunes passe aussi par le témoignage des plus grands : « Cette année, je compte m’appuyer sur des lycéens pour accompagner les petits dans l’aide aux devoirs ou le catéchisme. Il est important pour les enfants de réaliser que la foi ne concerne pas que la génération de leurs grands-parents. Nous voulons que les enfants trouvent dans leur paroisse un deuxième foyer, qu’ils s’y sentent bien, pour que, une fois adultes, ils aient envie d’y rendre service et de témoigner de leur joie chrétienne. » Et l’imagination créative des paroisses n’a pas dit son dernier mot. À N.-D. de Clignancourt (18e), le P. Philippe Marsset, curé, a lancé une dynamique transversale en faisant de la maison paroissiale un véritable pôle éducatif et caritatif. Depuis un an, un centre de loisirs y accueille les enfants toute la journée du mercredi pour des ateliers théâtre, ainsi que les adultes, en soirée. Cette année, la paroisse proposera également des ateliers théâtre pour les lycéens, en alternance avec un temps d’aumônerie. Mais ce n’est pas tout : dans cette maison qui reçoit aussi des personnes en précarité, le conseil caritatif paroissial va créer un théâtre participatif. Un vrai lieu de vie ecclésiale ouvert à tous, toutes générations confondues. • Agnès de Rivière

Témoignage
Françoise, 65 ans, catéchiste à St-Jean-Baptiste de La Salle (15e)

Je fais du catéchisme depuis cinquante ans. Quand on m’a demandé si je voulais venir le mardi après-midi à la paroisse au lieu du mercredi, je n’ai pas hésité. J’ai changé mon emploi du temps pour répondre à l’appel. Il faut se laisser bousculer par ce qui se présente ! Cette année, j’irai chercher les enfants à l’école et serai là pour le soutien scolaire. Je continuerai bien sûr à faire du catéchisme pour eux. C’est pour moi un service essentiel aujourd’hui pour soutenir les parents. »

ZOOM

La pastorale de la jeunesse en chiffres
- 50% des collégiens quittent la paroisse après le catéchisme.
- 55 associations ou centres de loisirs, coordonnés par la Fédération des Activités Culturelles et de Loisirs (FACEL) accompagnent les paroisses.
- 30 pôles jeunes ont été créés depuis deux ans.
- 68% des paroisses proposent des activités autour du catéchisme en 2013.
- 12 étudiants intègrent courant septembre l’École diocésaine des éducateurs pour la pastorale (EDEP)

DES PISTES POUR AGIR

1- Parrainer un enfant qui se prépare à la première communion : lui témoigner de sa foi, l’accompagner à la messe, répondre à ses questions, prier pour lui et le lui dire.

2- Inscrire les prénoms des enfants un mois avant leur première communion, pour inviter la communauté chrétienne à prier pour eux.

3- À la messe, leur laisser les places devant. Leur donner des missions : procession des offrandes, lecture, Notre Père gestué, geste de paix, etc.

4- Leur donner l’occasion de participer à une action caritative de la paroisse : colis, visite et chants dans une maison de retraite, confection de dessins ou d’objets pour les réveillons du Secours catholique, etc.

[1La Facel est soutenue par la Fondation Notre-Dame.

Contact

Paris Notre-Dame
10 rue du Cloître Notre-Dame
75004 Paris
Tél : 01 78 91 92 04
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