Engagé auprès des plus pauvres

Il y a quinze ans, disparaissait le P. Patrick Giros. Personnage marquant entre tous, il fut le fondateur de l’association Aux captifs, la libération, qui vient en aide aux gens de la rue.

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© Aux captifs, la libération

Ceux qui l’ont bien connu se souviennent encore de son blouson de cuir, de ses grandes lunettes qui lui mangeaient une partie du visage, et de ses coups de gueule. Mais ils n’oublient pas non plus combien le P. Patrick Giros, disparu à 63 ans, était attentif aux plus pauvres, à tous ceux dont personne ne se soucie plus. « Il allait voir les plus exclus des exclus », se souvient Florence Bladier. Avec son mari Dominique, elle s’engage dès 1998 parmi les bénévoles de l’association Aux captifs, la libération [1] fondée en 1981 par le P. Giros. Il est alors vicaire à Ste-Jeanne de Chantal (16e), et son curé, le P. Jean-Marie Lustiger, le pousse à creuser l’expérience acquise dans sa précédente paroisse, située dans le nord de Paris. C’est dans ces quartiers, autour de Montmartre, qu’il intervient pour la première fois auprès des populations de jeunes, qui squattent les bars et les jardins, et au sein desquelles la drogue fait des ravages. Dans la préface du livre de Louis Guinamard et Patricia Lattion [2], le cardinal André Vingt-Trois rappelle qu’à leur entrée au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), en 1962, il fut frappé, déjà, par la conviction qu’avait le P. Patrick Giros « d’être appelé à vivre quelque chose de fort au service de ses frères et la volonté de répondre à cet appel, même quand la réponse le conduisait à prendre des chemins qui n’étaient pas les chemins de tous ». En 1983, nommé chapelain à St-Leu-St-Gilles (1er), en plein cœur des Halles, il va chercher ceux qui dorment dehors et leur offre un abri. Autour de lui se constitue rapidement une petite équipe, qui part à la rencontre des femmes et des hommes qui, au Bois de Boulogne ou Porte Dauphine, se prostituent. C’est le début des tournées-rues qui, aujourd’hui encore, rassemblent plusieurs fois par semaine les équipes de volontaires des Captifs. « À ceux qui frappaient aux portes de nos camping-cars, on offrait un café, des gâteaux, et surtout un temps durant lequel ils pouvaient se poser et discuter avec nous », se rappelle Florence Bladier. « Le P. Giros ne supportait pas de voir ces gamins en perdition. Il ne supportait pas l’injustice et l’indifférence. » En quelques années, l’association des Captifs ouvre plusieurs antennes dans des paroisses parisiennes – 8 aujourd’hui, avec 250 bénévoles et plus de 5000 personnes rencontrées chaque année. Mais le plus grand mérite du P. Patrick Giros aura été, comme le souligne le Cardinal, de permettre « à un grand nombre de chrétiens […] de découvrir que les gens de la rue avaient besoin d’eux, mais surtout […] qu’eux-mêmes avaient besoin des gens de la rue ».

Priscilia de Selve

Le jeudi 9 novembre 2017, à 19h
Une messe et une soirée d’hommage pour le P. Patrick Giros se tiendront à Ste- Jeanne de Chantal (16e). Pour y participer, merci de vous inscrire : 01 49 23 89 95 ou a.chapeleau@captifs.fr

[1Association financée par la Fondation Notre Dame.

[2Brut de charité, éd. de l’Emmanuel, 2012.

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