« Entretenir une conversation avec les artistes »

Pour ses dix ans, la revue numérique narthex.fr a organisé, le mercredi 20 novembre à la Conférence des évêques de France (CEF), un colloque. Quatre-vingt-dix personnes y étaient réunies autour de la question L’Église et les artistes : quels enjeux pour demain ? Retour sur ce moment créatif avec Valérie de Maulmin, responsable de rédaction de la revue et co-organisatrice du colloque.

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Valérie de Maulmin est responsable de rédaction de narthex.fr au sein du département Art sacré de la CEF et coorganisatrice du colloque.
© D.R.

Paris Notre-Dame – Pourquoi avoir décidé de célébrer les dix ans de votre revue par un colloque ?

Valérie de Maulmin – Il y a, dans l’ADN de narthex.fr, ce souhait de réfléchir sur notre monde. À l’origine, le narthex désignait un espace dédié, au sein des églises, aux catéchumènes. C’est un espace à la fois visible de l’intérieur et en même temps ouvert sur le monde, un lieu dédié à la rencontre, une sorte d’agora mais aussi une invitation à s’approcher du mystère. Notre revue tend à cela : en s’intéressant à l’art sacré, au patrimoine, à la musique, à la vidéo, au théâtre, nous essayons de proposer une réflexion, une méditation, un point de vue théologique. Nous essayons d’élever le regard. La forme du colloque, pour cet anniversaire, était pour nous la meilleure façon de creuser des sujets et de susciter des rencontres. Nous avions envie que cet événement prenne corps.

P. N.-D. – Quel est l’état actuel du dialogue entre l’Église et les artistes ?

V. M. – Au début du XXe siècle, il y a eu une vraie cassure. Une cassure née avec la déchristianisation de la société française. Cette cassure a créé, du côté de l’Église, des freins vis-à-vis de l’art contemporain qui est parfois difficile à appréhender, bouscule. Aujourd’hui, cette crainte peut encore persister même s’il existe une fascination mutuelle. Les artistes sont souvent happés par les églises, par leur patrimoine et leur architecture, mais aussi par tout ce qu’elles représentent et tout ce qu’ils perçoivent d’elles. Par ailleurs, la création artistique actuelle montre que nous ne pouvons plus nous satisfaire du matérialisme et qu’une recherche, une quête de sens, un idéal, une envie de s’engager existent chez nos contemporains. Il y a quelque chose de très pur dans beaucoup de démarches artistiques. Elles viennent enrichir notre réflexion, notre vie intérieure.

P. N.-D. – Qu’est-ce que l’art peut apporter à l’Église ?

V. M. – L’art de notre temps est le reflet de notre monde, de ses espoirs, de ses métamorphoses. L’art peut avoir une vision prophétique. Souvent, les artistes pressentent les évolutions, ils ont cette acuité qui les amène à avoir une longueur d’avance sur ce monde qui vit à l’instant T. En cela, il est important, voire primordial, pour l’Église, d’entretenir un dialogue avec les artistes. Une conversation, comme le faisait, en son temps, le cardinal Jean-Marie Lustiger, alors archevêque de Paris, avec le plasticien Marc Couturier. Car l’Église a besoin de percevoir ce qui remonte de notre monde.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat@LaZaab

Le point sur narthex.fr
Le site narthex.fr est édité par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France. Au sein de ce service, cette revue est rattachée au département Art sacré. Elle a pour mission d’assurer sur internet la présence de l’Église catholique en France dans le domaine de l’art et du patrimoine.

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