Mgr André Vingt-Trois : « Être des hommes et des femmes “eucharistiques” ! »

Paris Notre-Dame – 27 octobre 2005

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Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris
© Sylvain Sismondi

La béatification du P. Charles de Foucauld est une occasion de rendre grâce à Dieu pour celui qui voulut devenir le “Frère universel” et pour toutes celles et tous ceux qui ont été marqués par sa spiritualité dans leur cheminement de foi.

Sa rencontre de l’Islam, sa conversion à partir d’une vie de facilité, son expérience décisive du sacrement de la Réconciliation, sa quête incessante pour partager la “dernière place” avec le Christ, son engagement dans l’adoration eucharistique, sa présence discrète au désert, sont autant d’éléments de sa vie qui nous le rendent très proche. A son exemple, combien ont mesuré les risques d’une existence sans références morales ? Combien d’entre nous ont découvert la fécondité de l’adoration ? Combien ont ressenti l’appel au don total ?

A nous, Parisiens, il revient de garder vivante la mémoire de l’abbé Huvelin et de son rôle déterminant dans la conversion de Charles de Foucauld. Nous savons tous combien la rencontre sacramentelle de la miséricorde de Dieu peut bouleverser des cœurs, même apparemment très endurcis. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce à Dieu que des confesseurs nombreux soient disponibles dans les églises de Paris, autant dans les sanctuaires (Notre-Dame de Paris, Sacré-Cœur, N.-D. de la Médaille Miraculeuse, N.-D. des Victoires, etc.) que dans des églises paroissiales. Quel usage faisons-nous de cette facilité que beaucoup nous envient ?

Au cours de la récente session du synode des évêques sur l’Eucharistie, nous avons vu les pères synodaux se réunir pour un temps d’adoration eucharistique. Pour toute une génération, l’exemple du P. Charles de Foucauld a été un chemin pédagogique pour nous introduire à l’adoration. Avec lui, nous avons découvert la richesse de ces temps consacrés à un cœur à cœur avec le Christ, ces temps de “passivité” si agissante et si transformante.

Nous savons bien que l’adoration du Saint-Sacrement n’a de sens qu’en référence avec la célébration eucharistique. Mais pourquoi serait-il malséant de prolonger la joie de la communion eucharistique dans la contemplation du Christ offert à la volonté du Père ? Pourquoi aussi s’interdire cette expression d’un amour gratuit ? Il est bon de renouveler notre foi en la présence réelle du Christ et de renouveler les expressions de notre respect envers lui, tant dans les célébrations eucharistiques que dans la vénération du Saint-Sacrement.

Cette session du synode des évêques clôture l’année de l’Eucharistie initiée par Jean Paul II. Dans beaucoup de paroisses ou de communautés, cette année a été l’occasion d’initiatives diverses pour raviver la pratique eucharistique, spécialement le dimanche. Toutes sortes de propositions viennent enrichir le rassemblement dominical : rencontres conviviales (apéritifs, déjeuner, etc.), propositions à visée catéchétique pour les jeunes ou les adultes, journées fraternelles, etc. Notre société et notre temps nous invitent à développer une nouvelle culture du Jour du Seigneur, un jour entre les jours, mais un jour pas comme les autres. Que l’intercession du bienheureux Charles de Foucauld nous obtienne d’être des hommes et des femmes “eucharistiques” !

Article de Paris Notre-Dame – 27 octobre 2005

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