Formation “Chrétiens et psychiatrie”

20 avril 2020
Lettre du père Laurent Lemoine sur l’impact du covid-19 sur le parcours de formation.

Infos
21 janvier à 9h30

En pandémie….

A peine lancé, notre nouveau parcours de formation a été frappé, lui aussi, par le redoutable covid-19.

Le plus simple, si j’ose dire, fut de nous adapter techniquement à cette épreuve en remplaçant le présentiel (quel affreux barbarisme !) par du télétravail devenu activité quotidienne de beaucoup de Français, en tout cas, de ceux qui le peuvent.

Le plus compliqué est de comprendre ce qui se joue psychiquement pendant cette crise sanitaire inédite dans son ampleur et dans sa forme. En un sens, il n’est pas encore temps de bien comprendre car nous sommes en plein orage.

« Psychose », disaient les experts, qui prophétisaient, pour la plupart, une simple variante de la grippe saisonnière. En psychiatrie, mais peut-être plus encore en psychanalyse, l’expérience nous apprend combien il est risqué de désigner la maladie de l’autre…. Freud et Lacan ont ainsi tordu le coup au discours conscient des « sachants » qui catégorisent avec gourmandise dans une démarche asilaire pleine d’orgueil : d’un côté, les « malades ; de l’autre, les bien-portants ! Le Covid-19 nous rappelle que ce n’est pas si simple : d’ailleurs, tout le monde est confiné depuis un mois et pour un mois encore.

Alors, comment être confiné sans devenir « fou » ? Comment « demeurer » confiné ? Trouver une forme, des formes et des occasions de mouvement dans l’immobilité… Faut-il souhaiter s’adapter au confinement, situation d’exception ? Au moins, s’agit-il d’en faire quelque chose au moment où nous le vivons et pour en tirer des fruits après ! « Résilience » plus que jamais, dirait Boris Cyrulnik dans des propos sages puisés dans une longue expérience. Nouvelle hiérarchie des priorités, aussi, bien sûr. Parfois, ce n’est pas si mal : occasion d’un retour spirituel sur soi, dirait le Pape. Mais épreuve multiforme pour beaucoup selon les inégalités du confinement. J’ajoute aussi disparition silencieuse de nos aînés : une des dimensions les plus épouvantables de l’épidémie sans que les discours officiels ne s’y attardent vraiment…

L’hôpital Sainte-Anne a été désempli du maximum de patients. La neuroréanimation, elle, est chargée. Les aumôniers d’hôpitaux, en France, n’ont pas toujours l’impression de faire le même travail qu’en Italie où la proximité avec les malades est souvent plus facile que dans l’hexagone…

L’Eglise tout entière cherche de nouvelles modalités de présence, plus sacramentale [1], moins sacramentelle [2] à moins de considérer que toute l’existence chrétienne soit de nature sacramentelle, quel que soit l’état de vie (cf. Louis-Marie Chauvet). Les liturges de la pandémie sont en blouse blanche car, eux seuls, sont autorisés à toucher. Nous les déléguons à ce ministère que Dieu veut : « ubi caritas… »

Toucher en ces moments ô combien délicats pour nous, c’est rester en lien « télé », à savoir « de loin » : mais de loin, on peut se rendre très proches… L’amour, c’est l’espace entre le « Noli me tangere ! » de Jésus à Marie-Madeleine et cette femme brûlante de désir pour Celui qu’elle n’a pas encore reconnu dans le Jardin nouveau… Soyons cette Femme les uns et les unes pour les autres !

1. Comme les bénédictions du S. Sacrement.
2. Au sens du septénaire sacramentel : beaucoup d’entre nous souffrent, en ce moment, de la privation de l’accès ordinaire aux sacrements.

P. Laurent Lemoine

Formation de 6 journées à l’attention des aumôneries d’hôpitaux, des associations, des équipes accueillant des personnes en précarité psychiatrique.

Introduction à la formation.

Modules

  • La relation et l’écoute
  • Le normal et le pathologique
  • Cadre légal et institutionnel
  • Relecture des pratiques

Cycle les mardis 21 janvier, 25 février, 24 mars, 28 avril, 26 mai et 16 juin 2020 de 9h30 à 17h.

Coût de la formation : 150 euros par participant
Nombre limité : 25 places

Renseignements et pré-inscription (l’inscription fera l’objet d’un entretien)
chretiensetpsychiatrie@diocese-paris.net
Muriel Beaujean : 06 12 38 34 72

[1Comme les bénédictions du S. Sacrement

[2Au sens du septénaire sacramentel : beaucoup d’entre nous souffrent, en ce moment, de la privation de l’accès ordinaire aux sacrements.

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