L’Église
Catholique
À Paris

Histoire du diocèse de Paris

De Lutèce à Paris (IIe - Xe)

Comme à Lyon et en de nombreuses cités gallo-romaines, l’Église de Paris est née de l’action apostolique de commerçants et d’ouvriers, venus des bords de la Méditerranée et parfois d’Orient en remontant l’axe Rhône - Saône.

A l’époque des invasions barbares, un témoignage de foi sauve la ville : celui de Geneviève de Nanterre, qui sera choisie comme sainte patronne de Paris. Sous Clovis et ses successeurs, Paris devient une des capitales de la chrétienté. Les Mérovingiens y font élever de magnifiques basiliques, à l’imitation de celles de Rome.

L’Eglise locale s’organise également sur le modèle romain, avec des "prêtres cardinaux", responsables de territoires déterminés. Ce découpage, consacré par le concile de 845, définit la base toujours actuelle de l’action pastorale : la paroisse.

La capitale théologique du monde médiéval (XIe - XIIIe)

Les écoles de théologie se multiplient à Paris à partir de la fin du XIe siècle et aboutissent au XIIe à la fondation de l’Université qui sera un des grands centres intellectuels de l’Europe médiévale.

De statut pontifical, l’Université est indépendante du pouvoir politique. Elle exerce aussi un magistère universel, renforcé par le prestige des maîtres qu’elle attire (d’Abélard à Pierre Lombard et Jean Gerson, en passant par saint Thomas d’Aquin).
Des tensions naissent cependant du fait que nombre de professeurs appartiennent aux ordres mendiants (franciscains et dominicains), dont les prédicateurs et confesseurs rivalisent avec les curés parisiens.

Mais le Moyen-Âge est aussi le temps des cathédrales, où se cristallise toute la culture de l’époque.

Maurice de Sully, archevêque de 1160 à 1196, entreprend la construction de Notre Dame de Paris. Au milieu du XIIIe siècle, saint Louis édifie la Sainte Chapelle, au cour de son palais de l’Ile de la Cité.

Des réformations aux Lumières (XVIe - XVIIIe)

Paris est au cour des crises religieuses qui agitent l’Europe à partir de la Renaissance. C’est à Montmartre qu’Ignace de Loyola et ses compagnons décident de fonder la Compagnie de Jésus.
Pour mettre un terme aux sanglants affrontements entre catholiques et protestants et conquérir son trône, Henri IV reconnaît que "Paris vaut bien une messe".

Comme évêque de Paris, le roi aurait voulu saint François de Sales. Celui-ci refuse par attachement à son diocèse savoyard. Mais l’influence spirituelle de l’évêque d’Annecy permettra l’éclosion, centrée à Paris, de l’École française de spiritualité. Pierre de Bérulle et les oratoriens, Mme Acarie et le Carmel, M. Olier et les sulpiciens, etc..

L’homme qui cristallisa l’ensemble des expériences spirituelles du XVIIe siècle fut saint Vincent de Paul. Il créa à Paris une maison de formation pour les futurs prêtres à Saint-Lazare, prépara et envoya des missionnaires en France, en Afrique et jusqu’en Extrême-Orient, et fonda la Congrégation des Filles de la Charité : le "grand siècle" comporta bien des misères et fut aussi "le siècle des saints".

Pendant le XVIIIe siècle, les querelles du jansénisme politique et gallican affaiblirent l’Église, même si la piété et la charité demeuraient vives et actives, et certains archevêques furent des mondains ou des courtisans plus que des pasteurs. L’épreuve révolutionnaire et le XIXe siècle

La Révolution menaça et divisa gravement l’Église à Paris. Les prêtres "jureurs", qui acceptaient la constitution civile du clergé, s’opposèrent aux "réfractaires", qui refusaient le serment exigé. Nombre de ceux-ci furent sommairement exécutés aux Carmes en septembre 1792, et leur martyre est aujourd’hui une des mémoires du diocèse de Paris.

De ces années difficiles émerge la figure de M. Emery, supérieur de Saint Sulpice, qui sut préserver à la fois un délicat équilibre et l’essentiel. Le Concordat de 1801 rétablit le catholicisme comme "religion de la majorité des Français", avec un clergé fonctionnarisé, mais la captivité du Pape (1809-1814) suscita une nouvelle crise. Les persécutions, expulsions et spoliations de la fin du siècle aboutiront en 1905 à la séparation de l’État et de l’Église, qui libérera finalement celle-ci de l’emprise du pouvoir politique. Paris reste au XIXe siècle la grande pépinière du mouvement missionnaire mondial.

La sainteté connaît un nouvel essor, avec notamment sainte Catherine Labouré et la Médaille miraculeuse, tandis que la piété populaire s’exprime, grâce à des souscriptions venues de toute la France dans la construction du Sacré Cœur de Montmartre, après les désastres de 1870-1871.

Le siècle qui conduit au troisième millénaire

Le XXe siècle est d’abord celui du développement des structures paroissiales (catéchismes, patronages), malgré les tensions idéologiques et sociales. Le cardinal Verdier fonde les "Chantiers du Cardinal" pour construire de nouvelles églises (comme le Saint-Esprit dans le XIIe arrondissement). En pleine Seconde Guerre mondiale, le cardinal Suhard relance la réflexion sur l’évangélisation par de grandes lettres pastorales.

La Mission de France et la Mission de Paris sont créées pour rejoindre et christianiser les masses laborieuses. Le cardinal Feltin poursuit dans la même voie, malgré la crise des prêtres ouvriers.

Dans les années 1960, Mgr Veuillot réorganise la province ecclésiastique de Paris, en créant de nouveaux diocèses, calqués sur le redécoupage administratif de la région : le diocèse de Paris se limite donc à partir de 1966 à la ville intra-muros.

Chargé de veiller à l’application du Concile Vatican II, Mgr Veuillot disparaît prématurément en 1968, à peine créé cardinal. C’est donc au cardinal Marty qu’il reviendra de maintenir le vaisseau à travers les tempêtes des années 1970. Mgr Jean-Marie Lustiger, lui-même parisien et qui connaît bien la capitale, où il a été aumônier des étudiants puis curé de paroisse, lui succède en 1981.

Le 5 mars 2005, Mgr André Vingt-Trois succède au cardinal Jean-Marie Lustiger comme Archevêque de Paris et comme Ordinaire des catholiques de rite oriental en France.

Le 6 janvier 2018, Mgr Michel Aupetit succède au cardinal André Vingt-Trois et est installé comme 141e archevêque de Paris.

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