« Hiver solidaire » : dans les paroisses, les fidèles se mobilisent

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P. Olivier Ribadeau Dumas, vicaire épiscopal pour la Solidarité.
Photo : D.R.

Paris Notre-Dame – Combien de paroisses participent à l’opération « Hiver solidaire » [1] cette année ?

P. Olivier Ribadeau Dumas – Vingt-trois paroisses s’étaient mobilisées l’an dernier. Cette année, il y en aura probablement une trentaine. Au-delà des chiffres, l’essentiel à mes yeux est de permettre à tous les fidèles d’une paroisse de vivre la charité. Le contact avec les personnes sans abri nous invite en effet à nous montrer plus attentifs aux plus faibles où qu’ils soient, et à prier pour eux et avec eux. J’ai constaté l’an dernier que de nombreux fidèles peu engagés par ailleurs s’étaient manifestés pour accueillir les personnes de la rue. C’est encourageant.

P. N.-D. – Quelles peuvent être les retombées d’une telle opération ?

O. R. D. – Cette opération permet à de nombreux paroissiens – qui concoctent le repas du soir, dorment avec les sans domicile et préparent le petit déjeuner du lendemain – de changer leur regard sur les personnes de la rue ; quant aux personnes sans abri, « Hiver solidaire » leur donne l’occasion de reprendre confiance dans l’autre. A la fin de l’opération, on garde le contact : dans la rue, on se reconnaît, on se parle. Dans certains cas, l’ambiance familiale donne envie aux sans domicile de retrouver un toit.

L’an dernier, « Hiver solidaire » a par ailleurs mobilisé des fidèles d’âges et d’horizons différents, des « piliers de paroisse » et des personnes moins engagées. Rien d’étonnant à cela : on ne réclame pas de compétences particulières mais un don d’amour, on ne demande pas aux gens de donner ce qu’ils ont mais ce qu’ils sont. Résultat : des personnes qui ne se connaissaient que de vue se sont rencontrées et ont tissé de solides liens d’amitié.

P. N.-D. – Certaines paroisses hésitent encore à s’engager dans « Hiver solidaire » par manque de moyens humains et techniques. Que leur dites-vous ?

O. R. D. – Je crois qu’il faut vivre l’hospitalité avec simplicité. Si la paroisse ne dispose pas de douche, elle peut quand même accueillir des personnes sans abri. Si elle n’a pas assez de volontaires, elle peut peut-être s’associer à d’autres paroisses du doyenné.

Il faut savoir par ailleurs que le diocèse de Paris ainsi que le Secours catholique, les Cités du Secours catholique, « Aux captifs la libération » et l’Ordre de Malte sont là pour répondre aux questions concernant les problèmes d’alcool, d’hygiène, de violence et d’accompagnement des sans domicile à long terme. Il est d’autant plus important de nouer des relations avec ces organismes que ce sont eux qui continueront à suivre les personnes sans domicile à la fin d’« Hiver solidaire ».

Je dirais donc aux paroisses : n’ayez pas peur, osez ! Bien sûr, on ne résorbera pas toute la pauvreté à Paris. Mais l’Eglise a un rôle à jouer en matière de charité, et le monde nous attend sur ce terrain-là. Des « petites » paroisses ont réussi avec peu de moyens, alors des paroisses plus importantes peuvent vivre « Hiver solidaire ». • Propos recueillis par Bénédicte Hériard

[1Lorsque la température baisse, les paroisses sont invitées à offrir aux personnes de la rue qu’elles connaissent un accueil pour la nuit : repas chaud, couchage et petit déjeuner. Des fidèles se mobilisent alors pour les repas et pour passer la nuit avec elles. Il s’agit de vivre l’hospitalité avec elles.

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