Hiver solidaire, où en sommes-nous ?

P. N.-D. - Vous êtes entrés dans la 4e année d’Hiver solidaire. Que proposez-vous ?

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Bertrand Cavalier, diacre à St-Séverin (5e), pilote d’Hiver solidaire au Vicariat pour la solidarité
© D. R.

Bertrand Cavalier – Dans sa première version en 2008, Hiver solidaire était une action d’urgence opérée dans certaines paroisses dans le but d’accueillir des personnes sans abri pendant la période de grand froid. Avec le temps, la proposition s’est affinée et a rejoint plus d’acteurs. La spécificité d’Hiver solidaire, par rapport aux foyers d’accueil dans les mairies des arrondissements, a rapidement été de se situer dans un esprit familial et de s’ancrer dans la durée. Aujourd’hui, c’est une petite trentaine de paroisses qui se mobilisent pour accueillir entre deux et cinq personnes du quartier sans logement pour un minimum de six semaines. Ce sont des paroissiens bénévoles qui veillent sur elles à tour de rôle soir, nuit et matin.

P. N.-D. - Quel bilan faites-vous trois ans après le lancement de l’opération ?

Bertrand Cavalier – L’expérience des années précédentes permet d’en mesurer les premiers fruits. Je crois qu’Hiver solidaire est une chance pour les paroissiens. En côtoyant des personnes de la rue, en échangeant avec elles lors de dîners et petits-déjeuners familiaux, ils sont amenés à changer de regard. Ils ne peuvent pas être dans la fuite, passant rapidement leur chemin, comme on peut le faire lorsqu’on donne une pièce. Rencontrer des personnes sans abri est une occasion d’être en vérité avec elles, voire d’être transformé par elles. De leur côté, les accueillis sont sensibles au regard bienveillant qu’on pose sur eux, à la convivialité des moments passés à la paroisse, à l’écoute dont ils bénéficient. Il y a un décloisonnement qui s’opère. Même si elles demeurent exceptionnelles, j’ai à l’esprit quelques belles histoires : celle d’une jeune femme sur le point de trouver un travail comme hôtesse d’accueil grâce à l’aide d’une paroissienne, d’un homme à la rue depuis quinze ans qui trouve sa place dans une petite communauté religieuse, ou encore d’une femme ayant trouvé une chambre grâce aux liens établis avec le Centre d’action sociale protestant.

P. N.-D. - Que souhaitez-vous pour l’avenir ?

Bertrand Cavalier – Nous nous rendons compte de l’importance d’un « avant » et d’un « après » le temps de l’opération. « L’avant » consiste à encourager les paroissiens à tourner leur regard tout au long de l’année vers les personnes de la rue qu’ils croisent, surtout celles qu’ils voient régulièrement. Un sourire, un petit échange, une rencontre lors d’une maraude favorisent la création de liens de confiance qui permettront, dans un deuxième temps, d’inviter les personnes à la paroisse lors d’Hiver solidaire. « L’après », c’est la poursuite de ces rencontres, en faisant signe à ceux qui ont été hébergés lors des fêtes paroissiales et de dîners hebdomadaires, et quand cela est possible en les accompagnant dans la durée. Ces rencontres entre accueillis, bénévoles catholiques pratiquants ou non, et acteurs de la solidarité dans des associations partenaires (Aux captifs la libération, l’Association pour l’amitié…), créent une vraie fraternité et tissent un maillage sur la paroisse qui déborde sur le quartier. • Propos recueillis par Ariane Rollier

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