Homélie de Mgr Michel Aupetit – 2e dimanche du temps ordinaire Année B

Dimanche 14 janvier 2018 – Notre-Dame de Paris

- 1 S 3,3-10.19 ; Ps 39,2.4.7-11 ; 1 Co 6,13-15.17-20 ; Jn 1,35-42

Le Dieu de la Bible est un Dieu qui parle. Quand il parle, il s’adresse à quelqu’un et l’appelle par son nom : « Samuel ». Cela signifie que Dieu entre en relation avec l’homme et cette relation est personnelle.

Comment entendre la voix de Dieu ? C’est impossible car Dieu n’a pas de voix, il a une Parole. Ce n’est pas un son qui frappe nos oreilles comme la voix, c’est une Parole qui inonde tout notre être, corps et âme. Oui, notre être tout entier. Cette Parole vient habiter en nous et nous avons à l’accueillir.

« Et le Verbe s’est fait chair ». La Parole est venue habiter notre corps, notre humanité. En Jésus Christ par la sainte Vierge Marie. En nous aussi vient la Parole par le don de L’Esprit Saint : « Votre corps est le sanctuaire de l’Esprit Saint » nous affirme Saint Paul. Voilà pourquoi l’Apôtre dit que notre chair aussi doit être sanctifiée.

Le Verbe, la Parole Dieu s’est incarnée en Jésus Christ. Jésus engage de manière nouvelle la relation à l’humanité. Ce n’est plus une parole qui appelle au fond de nous, c’est une voix qui s’adresse à nous. La Parole se place en vis-à-vis, se laisse entendre comme dans un face à face. Il faut devenir disciple, c’est-à-dire entrer dans son intimité.

Notre pape François nous appelle à être disciple-missionnaire.

Être disciple, c’est être avec Jésus. Regardez André et Jean. Ils suivent Jésus : « Que cherchez-vous ? ». Jésus nous pose cette question à nous maintenant : « Que cherchez-vous ? ». Que lui répondez-vous ? « Venez et voyez », ils demeurèrent avec lui seulement quelques heures et leur cœur a été transformé. Dans La Joie de l’évangile, le pape François nous dit « j’invite chaque chrétien, en quelque lieu où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ». Pratiquement tous les adultes qui demandent le baptême le font en raison d’une rencontre avec le Christ. Parfois, il a fallu que quelqu’un leur dise comme Saint Jean Baptiste : « C’est lui, l’Agneau de Dieu ». Il faut quelqu’un qui nous le désigne, quelqu’un en qui nous avons confiance. Qui nous l’a désigné ? Et nous-mêmes, sommes-nous capables de le désigner comme l’Agneau de Dieu ?

Ce n’est qu’après avoir fait l’expérience de cette intimité avec le Seigneur que nous pouvons devenir missionnaires. Pourrions-nous donner envie de le connaître si cette proximité ne nous fait pas rayonner ? Que pourrions-nous dire de juste le concernant si la Parole ne pénètre pas au plus intime de nous ? Aussitôt après cette expérience de l’intimité de Jésus, André va chercher son frère Pierre : « nous avons trouvé le Messie ». L’intimité qui nous fait brûler de l’amour de Dieu par le don de l’Esprit Saint nous oblige à le faire connaître. C’est l’impérieuse nécessité de l’amour : « malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile ».

Ne craignons pas ceux qui nous accusent de prosélytisme. Le pape François rappelle cette évidence : « l’Église ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction ». Donnons-nous envie de connaître Jésus ? Quelle joie de faire du bien en annonçant le Christ ! François affirme à juste titre : « seul celui qui se sent porté à chercher le bien du prochain et désire le bonheur des autres peut être missionnaire ».

Faites-vous du bien et faites du bien aux autres : devenez disciples missionnaires !

+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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