Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Notre-Dame – 1er dimanche de Carême – Année B

Notre-Dame de Paris - Dimanche 18 février 2018

- Gn 9,8-15 ; Ps 24,4-9 ; 1 P 3,19-22 ; Mc 1,12-15

Nous lisons la Bible. Nous parlons volontiers d’Ancien et de Nouveau Testament. Vous savez que le mot Testament traduit simplement le latin Testamentum qui veut simplement dire Alliance.

Une alliance signifie l’engagement total et mutuel de deux personnes ou de deux peuples (l’alliance du mariage ou les traités d’alliance entre les pays).

Dans la Bible, la première fois où le mot fut employé est justement cette alliance entre Dieu et l’humanité en la personne de Noé que nous venons d’entendre. Mais, dès le commencement, la Bible parle d’une intimité surnaturelle de l’homme, homme et femme, avec Dieu.

Dans les récits mythologiques anciens, le paradis (pairi-daeza) était réservé aux dieux ainsi que l’arbre de vie, c’est-à-dire l’immortalité. En revanche, dans la Genèse, l’homme et la femme sont ensemble à l’image de Dieu. Ils vivent dans sa proximité et ont accès par lui à l’arbre de vie, c’est-à-dire la vie même de Dieu au-delà de son expression organique mortelle.

Cette intimité fut rompue par le soupçon, la méfiance et la désobéissance de l’humanité. C’est le sens même du péché, une rupture qui entraîne l’humanité loin de son Créateur.

Dieu ne se décourage pas devant la méchanceté des hommes. Il pose une alliance avec Noé et par lui avec toute la Création. Le signe en est donné par ce célèbre arc-en-ciel dont parle la Genèse.

Puis, devant les refus successifs, le Seigneur réitéra son alliance avec un homme, Abraham, puis avec un peuple issu de lui par Moïse, enfin avec l’humanité tout entière par son Fils. Celui-ci prend chair de notre chair pour qu’en lui soit récapitulée toute l’humanité.

Vrai Dieu, vrai Homme, il est celui en qui l’alliance est non seulement rétablie, mais définitive et éternelle. Le baptême de Jésus nous ouvre les portes du Ciel, les cieux se sont déchirés et le Saint Esprit est descendu dans son humanité.

Il assume toute l’humanité jusque dans sa mort et assume toute la divinité dans sa résurrection.

Il part 40 jours au désert pour être tenté dans son humanité pour que nous puissions triompher et revêtir le vêtement blanc du salut qui vient de sa divinité.

Hier, nous avons accueilli avec bonheur dans cette cathédrale presque 400 adultes pour l’appel décisif. Ils seront baptisés dans la nuit de Pâques et pour reprendre l’expression de saint Paul, seront plongés dans la mort pour ressusciter avec le Christ.

Saint Pierre nous l’affirme dans la deuxième lecture, c’est ce baptême qui sauve par la Résurrection de Jésus-Christ.

Voilà pourquoi nous entrons, nous aussi, joyeusement en carême pendant 40 jours à la suite du Christ et avec nos catéchumènes pour triompher avec lui au jour de Pâques.

+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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