Homélie de Mgr Michel Aupetit – Solennité de la Résurrection du Seigneur – Vigile pascale - Baptême de 6 adultes de la paroisse Notre-Dame de Clignancourt – Année B

Notre-Dame de Paris - Samedi 31 mars 2018

7 lectures de la vigile ; Rm 6, 3-11 ; Mc 16, 1-7

Toutes les lectures que nous venons d’entendre nous font traverser l’histoire des hommes. Ce n’est pas l’histoire que nous apprenons à l’école. Il y a une histoire des hommes avec Dieu, celle que nous venons d’entendre. Il y a une histoire sans Dieu, où l’homme se rend maître de sa propre histoire. L’histoire que nous apprenons à l’école est surtout faite de conquêtes : conquêtes de territoires, conquêtes de peuples entiers, plus récemment conquêtes sur la nature et aussi conquêtes de l’homme sur soi-même. Ses conquêtes sont essentiellement basées sur la volonté d’un homme ou de quelques-uns, sur la force, sur la puissance, qui chacune laisse derrière elle une traînée de misère que l’on préfère cacher et une propagation de la mort car, comme le dit la sagesse populaire : « on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs ». Même les meilleures conquêtes comme celle sur la nature, conduisent à détruire l’harmonie qui préside à la vie et menacent gravement toute la création comme le montre la prise de conscience écologique aujourd’hui. La conquête sur soi est une des grandes avancées de l’humanité, incontestablement. Mais, nous l’avons vu récemment avec cette obsession de l’euthanasie active, la maîtrise de sa vie se transforme parfois en maîtrise de sa mort. Oui vraiment, c’est une étrange histoire que celle de l’humanité.

Ce soir, nous avons entendu une autre histoire. Il s’agit bien là aussi, de l’histoire des hommes. Mais c’est une histoire d’amour. L’histoire des hommes devient une histoire d’amour quand elle se vit avec Dieu. Nous venons d’entendre l’histoire de l’alliance de Dieu avec les hommes.

Pour l’humanité qui se détourne de Dieu, qui veut exister comme si Dieu n’existait pas, qui veut s’autonomiser en comptant sur sa force, sa puissance ne génère au fond que la mort. Même les meilleures choses sont marquées par la mort : par exemple, les droits de l’homme de la Révolution française sont nés dans la terreur et dans un bain de sang.

Dieu reste toujours fidèle, toujours aimant, car il crée dans l’amour et par amour, Lui qui redresse par amour, qui éduque par amour, qui se livre Lui-même par amour. Si différent des époux humains qui parfois abandonnent leurs femmes ou des épouses qui laissent leurs maris, Dieu, lui, est le véritable époux de l’humanité car il est lui-même la source de l’amour fidèle.

Ce moment inouï que nous fêtons aujourd’hui est la rencontre de ces deux histoires. L’histoire des hommes, marquée de violence, a crucifié l’Amour le Vendredi Saint. Mais ce soir, l’Amour crucifié a fait jaillir la vie en cette nuit de Pâques. C’est tout le mystère de l’Alliance accomplie par Jésus. Hier, de l’amour crucifié sont sortis l’eau et le sang de son cœur transpercé.

L’eau vive du baptême, issue du cœur du Christ, nous fait naître à la vie de Dieu.
Le sang, signe de l’eucharistie, c’est la présence vitale de Dieu qui alimente en nous la vie éternelle.

L’Esprit, que Jésus a remis sur la croix dans son dernier souffle, fait de nous les Temples vivants de cette Présence Divine.

Chers catéchumènes, ce soir, vous allez recevoir les trois sacrements qui vous configurent au Christ et vous font vivre de sa Vie pour que vous puissiez être les messagers de l’amour en ce monde afin de construire une nouvelle histoire : celle de la civilisation de l’amour.

+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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