Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe d’envoi de Volontaires des Missions Etrangères de Paris aux MEP (Paris 7e) - Messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris

Dimanche 1er juillet 2018 - 13e dimanche ordinaire - Année B

- Sg 1,13-15 ; 2,23-24 ; Ps 29,2.4-6.12-13 ; 2 Co8,7.9.13-15 ; Mc 5,21-43

La mort, cette maudite question éternelle, comme l’écrivait Dostoïevski.

La mort, inéluctable destin de tout être vivant qu’on mettait en scène jadis et qu’aujourd’hui on cache comme le nouveau tabou d’une société de l’illusion.

La mort, qui sert de définition en 1800, au célèbre médecin Xavier Bichat pour définir la vie comme l’ensemble des fonctions qui résistent à cette mort.

Tout ce qui existe de matière inerte ou organique, est soumis au vieillissement et à l’usure comme le démontre le 2ème principe de thermodynamique. Nous constatons que la mort est inscrite dans la matérialité de la création.

Alors comment comprendre cette affirmation du Livre de la Sagesse que nous venons d’entendre : « Dieu n’a pas fait la mort. Il a créé l’homme pour une existence impérissable ».

La science nous l’affirme : dans la vie biologique, l’important n’est pas la substance matérielle. Tout est une question d’information et de transmission d’un message. Le principe de la vie procède d’une certaine « parole » inscrite dans le génome, transmise et recopiée à travers toute la chaîne du vivant. Elle s’exprime ou ne s’exprime pas en fonction de contingences liées à l’environnement, le contexte relationnel et les conditions d’existence qu’on appelle épigénétique. Alors que l’expression du message, que sont les êtres vivants, est soumis à l’inéluctable finitude, le message perdure, se transmet et même se complexifie.

Il nous faut comprendre que cette création sortie de Dieu ne possède pas en elle-même la perfection inaltérable de Dieu.

Dieu n’a pas fait la mort. Dieu a subi la mort. Il l’a subi en Jésus-Christ sur la croix.

C’est d’ailleurs pourquoi le Christ est venu.

En Jésus la vie est « engendrée et non pas créée ». Jésus, même dans son humanité, porte la Vie de Dieu, la Vie auto engendrée, la Vie éternelle. Il est le Verbe, la Parole créatrice : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. Tout fut créé par lui et de tout être, il était la vie. Et la Vie était la lumière des hommes ». Jésus vient habiter l’humanité de sa perfection divine.

La vie éternelle n’est pas le prolongement continu de la vie terrestre. La résurrection de Jésus-Christ est la manifestation de cette réalité de la vie de Dieu manifestée dans l’homme Jésus Christ, comme elle le fut le jour de sa Transfiguration. Ainsi la vie éternelle ne commence pas au moment de la mort, mais au moment où l’on entre dans la communion d’amour avec Dieu. Benoît XVI nous dit ce qu’est la vie éternelle : « une immersion dans l’océan de l’amour infini, dans lequel le temps n’existe plus » (Spe Salvi n°27).

Trois fois dans l’évangile de ce jour, le terme « être sauvé » est employé. Le nom de Jésus signifie « Dieu sauve ».

De quoi nous sauve-t-il ? De la mort justement.

C’est tout le sens des actes de Jésus qui préfigurent la victoire sur la mort. Chez la femme, l’arrêt de l’hémorragie, de la coulée de sang, symbole de la vie dans l’antiquité, signifie que le Christ agit pour que la vie ne s’écoule pas inéluctablement vers la mort.

De la même façon, la mort de la petite-fille de Jaïre, est qualifiée par Jésus de sommeil. Le sommeil de la mort n’est pas un anéantissement et Jésus vient alors nous prendre la main pour nous faire entrer dans cette communion d’amour divine qui s’inaugure ici-bas par la foi.

C’est bien ce que Jésus demande à Jaïre : « Ne crains pas, crois seulement ».

A la femme guérie, il a demandé de passer de la croyance en un acte magique à la véritable foi qui est une relation de personne à personne qui unit à Dieu « ma fille, ta foi t’a sauvée ».

Telle est notre espérance : un acte de foi qui fait entrer dans la vie pour une éternité d’amour.

+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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