Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messes à Saint-Bernard de La Chapelle (18e) et Notre-Dame de Paris

Dimanche 17 février 2019

- 6e dimanche Temps Ordinaire – Année C
- Jr 17, 5-8. Ps 1, 1-4.6 ; 1 Co 15, 12.16-20 ; Lc 6, 17.20-26

« C’était un petit bonheur que j’avais ramassé ». « Or, un matin joli que je sifflais ce refrain, mon bonheur est parti sans me donner la main ». Vous connaissez certainement cette chanson de Félix Leclerc.

Est-ce notre destinée ? Sommes-nous condamnés à connaître des petits bonheurs successifs qui disparaissent a jamais ?

Le bonheur est cette recherche éternelle de l’homme depuis toujours. Comment être comblé ? L’expérience nous montre qu’il y a toujours ce sentiment d’insatisfaction, d’incomplétude qui nous fait chercher plus loin un bonheur qui semble inaccessible.
Quelquefois nous sommes comblés mais jamais durablement. Si nous avons la chance de vivre un vrai bonheur, nous aurons toujours cette échéance inévitable : la mort.

Qu’est-ce qui nous donne le sentiment du bonheur ?

Nous nous rendons compte que nous sommes vraiment heureux lorsque nous aimons et lorsque nous sommes aimés. Le luxe satisfait la mollesse mais ne comble pas. Il faudra toujours plus de richesses. Le pouvoir satisfait l’orgueil, mais ne comble pas. Là aussi il en faudra toujours plus et on gravit l’échelle sociale sans être totalement satisfait.
Pourtant lorsque nous aimons vraiment nous voudrions fixer le temps. Nous voudrions que ce moment heureux devienne éternel. Et c’est bien ce que le Christ est venu nous offrir : l’éternité de l’amour. Cela s’appelle la béatitude.

Déjà, Jérémie donnait la source du bonheur : « Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur » (Jr 17,7). C’est Dieu qui est la source de l’amour, et donc du bonheur. Le bonheur durable s’appelle la béatitude et n’existe qu’en Dieu.

Dans l’évangile, la béatitude semble n’être qu’un bonheur paradoxal : « Heureux les pauvres, les persécutés, les affamés, heureux êtes-vous quand on dira du mal de vous ». En réalité, le bonheur ne vient pas de ces situations difficiles, mais simplement du fait que Dieu s’occupe alors de nous : il nous enrichit de son Royaume, il vient lui-même nous consoler….

C’est ainsi que l’amour éternel dépasse les frontières de la vie terrestre. Nous ne sommes pas soumis aux aléas des petits bonheurs terrestres mais à l’immensité de l’amour de Dieu.

La résurrection du Christ dont parle Saint Paul est le signe de l’amour qui triomphe de la haine, de la vie qui triomphe de la mort. Voilà pourquoi il est impensable que des chrétiens ne croient pas à la résurrection du Seigneur. Elle est le gage de leur foi, leur espérance et l’assurance de la charité. Grâce à la résurrection, le bonheur devient durable et s’établit en éternelle béatitude. Voilà pourquoi saint Paul affirme : « Si le Christ n’est pas ressuscité (…) vous êtes les plus malheureux des hommes » (I Co 15, 14).

Élargissons notre bonheur aux dimensions divines et il pourra devenir dès à présent béatitude. Pour cela il faut apprendre de l’Esprit Saint à nous aimer les uns des autres en Dieu et rien ne pourra nous terrasser.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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