Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Sulpice (Paris 6e) pour les ordinations diaconales de Norbert, Vincent, Patrick, Stanislas, Simon Marcel et Lionel

Samedi 5 octobre 2019

- Is 52, 7-10 ; Ps 95 ; Jn 10, 11-15

Jésus parle berger mercenaire. Qu’est-ce qu’un mercenaire ? Cela vient du latin mercenarius qui vient du mot merces qui signifie salaire. Donc le mercenaire est celui qui sert pour de l’argent. Eh bien, nous voilà rassurés. Comme les diacres ne touchent pas un sou, nous sommes sûrs que vous n’êtes pas des mercenaires. Les diacres, en effet, servent gratuitement. Le peuple qui vous est confié et qui vous accompagne aujourd’hui dans votre ordination peut être rassuré : vous n’êtes pas des bergers mercenaires.

Mais si je ne sers pas pour de l’argent, pourquoi donc servir ? Tout simplement, pour imiter notre Seigneur Jésus-Christ qui est venu servir par amour. Nous connaissons la définition évangélique de l’amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Mais cinq d’entre vous ont déjà donné leur vie par amour. Vous l’avez donné à votre épouse et on ne peut pas donner deux fois sa vie. On la donne tout entière ou on ne la donne pas. Donc, pour Vincent, Patrick, Stanislas, Simon Marcel et Lionel, c’est ensemble, avec votre épouse que vous donnez votre vie pour servir. Et voilà pourquoi il est indispensable de recueillir leur consentement. Norbert, qui est célibataire, s’engage comme les prêtres à se donner tout entier dans le célibat pour le Royaume.

Peut-être certains d’entre vous se posent-ils la question : qu’est-ce que cela m’apporte ? Cette question n’est pas illégitime puisque saint Pierre lui-même la pose : « Qu’est-ce qu’il y aura pour nous qui avons tout quitté pour te suivre ? » Jésus répond : «  Vous recevrez dès ici-bas le centuple avec des persécutions et la vie éternelle.  » Servir l’Église, c’est un peu comme des parents qui se donnent pour leurs enfants. C’est de l’ordre de la gratuité. Ils se donnent par amour sans regarder ce que cela leur coûte, mais ils reçoivent aussi quelque chose qui n’est pas quantifiable : une joie extraordinaire, indicible. Certes, cela ne se fait pas sans mal et c’est pourquoi Jésus nous promet aussi ce qu’il appelle des persécutions qui peuvent même venir de l’intérieur de l’Église. Mais cela ne doit pas nous effrayer, car la force nous est donnée pour garder la paix au travers des épreuves.

Jésus promet aussi la Vie éternelle. Dans la première lecture, nous avons lu que le messager de la bonne nouvelle porteuse de paix, annonce le Salut. C’est cette bonne nouvelle du Salut que nous avons à apporter dans un monde en recherche de sens. Oui, notre vie n’est pas une impasse qui ne déboucherait que sur la mort. La rencontre du Christ nous ouvre le chemin de la Vie éternelle. S’il a accepté d’assumer jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la mort, notre condition humaine, c’est pour nous montrer par sa Résurrection que la puissance de Dieu nous fait entrer dans la Vie éternelle.

La conscience de la mort nous fait saisir notre fragilité, notre vulnérabilité. Si Dieu s’est fait vulnérable en son Verbe incarné, c’est pour nous communiquer sa toute-puissance de vie et d’amour seuls capables de transpercer et de transfigurer par son Esprit notre personne tout entière. C’est cette espérance que nous portons. Le plus grand service que nous pouvons rendre au monde est bien d’annoncer ce Salut et cet amour magnifique. Bien sûr, cela prendra l’aspect concret du service du plus pauvre qui se déploie dans tous les domaines. L’Église l’a toujours fait. Mais n’oublions jamais le service le plus important qui vous est demandé aujourd’hui : ouvrir pour tous vos frères les portes du Ciel.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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