Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Michel (Paris 17e) à l’occasion de la fête patronale

Dimanche 29 septembre 2019

- Da 7, 9-10.13-14 ; Ps 137 ; Ap 12, 7-12a ; Jn 1, 47-51

Aujourd’hui en ce dimanche nous avons la joie de fêter notre saint patron : l’archange saint Michel, celui de cette paroisse et aussi le mien. Nous n’oublions pas qu’il est le saint protecteur de l’Église et je crois vraiment qu’en ce moment elle en a bien besoin.

Vous savez ce que veut dire Michel ? Cela veut dire « Qui est comme Dieu ? » Non, cela ne veut pas dire que saint Michel est comme Dieu ou se prend pour Dieu, mais cela veut dire que cet archange pose une question, la seule qui soit importante. Mi en hébreu signifie l’interrogation. El est le diminutif du nom de Dieu. Ce nom de l’archange signifie sa mission qui est de dire que personne ne peut se comparer à Dieu. Et voilà pourquoi c’est lui qui combat le démon puisque Satan est un ange dont l’orgueil lui fait croire qu’il peut se comparer à Dieu.

C’est aussi la tentation que cet ange mauvais essaie d’insuffler dans le cœur de l’homme. En effet, dans le livre de la Genèse il s’avance vers la femme en lui disant que si elle mange du fruit défendu elle et son mari seront comme des dieux.
Cette tentation n’est pas seulement celle du commencement. Je crois qu’elle a toujours été profondément ancrée dans le cœur de l’homme particulièrement dans notre temps. Par sa toute-puissance technique, l’humanité a détruit la planète que Dieu lui avait confiée. Cet orgueil d’une toute-puissance divine se voit aussi dans les tentatives de destruction de l’ordre naturel de la filiation comme on le voit aujourd’hui avec les lois bioéthiques.

L’archange saint Michel est celui qui nous fait reprendre nos esprits et qui nous rappelle que nous ne sommes que des créatures qui devons accueillir avec action de grâces tout ce que Dieu nous a donné : notre vie qui est une chose merveilleuse, le plus beau des cadeaux, la beauté de la création qu’il faut admirer plutôt que de l’abîmer, le respect de tout ce qui nous entoure et l’apprentissage de l’amour du prochain que le Seigneur nous enseigne et que nous avons tant de mal à mettre en œuvre.

Il nous suffit de regarder Jésus qui est venu humblement habiter notre humanité en respectant l’ordre naturel humain alors que lui-même est Dieu, que c’est par lui que tout a été créé. Certes, les éléments lui obéissent, il calme la tempête, il marche sur l’eau et pourtant il ne se sert pas à son profit de la nature qui l’entoure et respecte toutes les personnes qu’il rencontre, en particulier les plus faibles, les rejetés, les malades, les possédés. Il a passé en faisant le bien et il nous a demandé d’en faire autant. C’est pourquoi cet après-midi, au nom de Jésus-Christ, nous vous proposons de laisser agir en vous la grâce de Dieu pour qu’il vous libère de tout ce qui vous oppresse, les angoisses, la détresse, la souffrance, la maladie, la malédiction, enfin tout le mal dont vous pouvez être victime.

Jésus voit plus loin, même lorsqu’on ne le considère qu’avec des préjugés comme ce Nathanaël qui pense que rien ne peut sortir de bon de Nazareth. Jésus connaît le fond du cœur de cet homme et voilà pourquoi il sait qu’il est un homme loyal sur lequel il pourra s’appuyer puisqu’il va devenir un de ses disciples. Puissions-nous, nous aussi, nous laisser regarder par Jésus, nous laisser aimer par lui, lui offrir notre cœur avec confiance pour qu’il puisse agir en nous et par nous. Comme Nathanaël nous deviendrons alors des disciples missionnaires ainsi que nous le demande le Pape François.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.
Crédit photo : J. HABAS

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