Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

Dimanche 13 octobre 2019

- 28e dimanche du temps ordinaire - Année C

- 2 R5,14-17 ; Ps 97,1-4 ; 2 Tm 2,8-13 ; Lc 17,11-19

En lisant cet évangile nous pourrions nous affliger de l’ingratitude des gens à qui l’on fait du bien. Cela nous est sans doute arrivé bien souvent. Quand des personnes manquent de gratitude, on éprouve souvent de l’amertume et même une véritable blessure. Combien de personnes ai-je pu rencontrer au sein même de l’Église profondément amères du fait de l’absence de reconnaissance.

Mais il me semble que cet évangile nous oblige à relire un peu notre attitude dans notre rapport, notre relation à Dieu. Quand tout va mal on se tourne vers lui en suppliant. Quand tout va bien et qu’il nous a exaucés, nous nous empressons de l’oublier. Le Seigneur peut être utilisé comme un prestataire de service, parce qu’on en a besoin lorsque nous sommes dans la difficulté ou bien comme faire-valoir pour asseoir notre position dans la société des hommes ou bien encore comme un alibi pour justifier tout ce que nous faisons de bien ou de mal.

Mais je crois qu’il y a quelque chose de plus grave encore : dix lépreux ont été guéris, un seul a été sauvé. Il s’agit de voir comment ils sont passés à côté du salut qui leur a été proposé. Car il y a bien une différence entre la guérison et le salut. Jésus n’est pas venu pour guérir même s’il a guéri tous ceux qui s’adressaient à lui. Car alors, l’ange Gabriel aurait demandé à Marie : « Tu l’appelleras Raphaël », c’est-à-dire Dieu guérit. Non l’ange dit à Marie : « Tu l’appelleras Jésus », c’est-à-dire Dieu sauve.

Jésus est donc venu nous proposer le salut, la victoire sur la mort. Cette victoire ne peut s’obtenir qu’en accueillant la grâce de Dieu. Ce samaritain n’est pas seulement reconnaissant. À travers sa guérison il perçoit en Jésus autre chose qu’un simple thaumaturge. Il se prosterne devant lui la face contre terre comme on le fait devant Dieu. Sa foi l’a fait participer à la victoire du Christ sur la mort. C’est bien par la foi que nous sommes sauvés.

Comment accueillir cette foi qui sauve ? Nous venons de l’entendre, c’est d’abord en rendant grâce à Dieu au-delà même des événements heureux de notre existence. C’est ce que nous faisons à l’eucharistie : rendre grâce pour ce salut que nous rendons présent en célébrant le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ.

Ensuite, il convient de scruter toujours davantage les Écritures qui font de nous des messagers crédibles de la Parole du salut. C’est dans cette Parole que l’on puise une vraie joie, celle qui jaillit de la certitude que seul le Seigneur a les paroles de la vie éternelle comme le rappelle saint Pierre quand Jésus l’interroge.

C’est ce que nous explique saint Paul quand il écrit à Timothée, son disciple : « Je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle. » (2 Tm 2,10)

Avons-nous conscience que l’urgence dont ce monde a besoin est cette annonce du salut ? C’est cette conscience qui a poussé notre Pape François à décréter ce mois missionnaire extraordinaire dans lequel nous sommes.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris

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