Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe d’ouverture du jubilé du centenaire de la dédicace de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et consécration de l’autel

Dimanche 20 octobre 2019

- Voir le compte-rendu.

- Gn 28,10-19 ; Is 12,2, 4bcd, 5-6 ; Ap 21,9-14 ; Mt 11,25-30

Au début de la messe n’avez-vous pas remarqué quelque chose d’étrange ? Les prêtres arrivent, ils s’inclinent puis ils embrassent l’autel. N’est-ce pas curieux ? Cela signifie tout simplement que l’autel, c’est le Christ, c’est lui que nous embrassons comme un signe d’affection profonde.

En effet, la pierre d’autel est cette pierre que Jacob a dressée pour en faire une stèle qui signifie la présence de Dieu en ce lieu où le Seigneur est venu le rejoindre. Il l’appela, vous l’avez entendu, Maison de Dieu : Bethel.

Rappelez-vous aussi Moïse quand il consacra l’Alliance du peuple avec Dieu. Il construisit un autel. Puis il versa le sang de l’animal sacrifié en partie sur l’autel qui représente Dieu et en partie sur le peuple. C’est le sang de l’Alliance. Vous le savez, désormais le véritable sang de l’Alliance est celui que Jésus a versé une fois pour toutes au sommet de la croix pour le Salut du monde et sa réconciliation définitive avec Dieu.

Quand la Messe commence, tous les participants se tournent vers l’autel car l’autel est le signe de la présence de Dieu. C’est sur cet autel que le pain que nous apportons devient le Corps de Jésus parce que sa Parole toute puissance qui a changé l’eau en vin à Cana change aussi le pain en son Corps : « Ceci est mon Corps » et le vin en son Sang : « Ceci est mon Sang ».

La pierre de cet autel que nous allons consacrer témoigne de ce miracle qui nous ouvre les portes du Ciel comme le dit Jacob émerveillé : « C’est vraiment la Maison de Dieu, la Porte du Ciel ! » (Gn 28,17)

Avez-vous remarqué que la pierre que Jacob a dressée est cette pierre sur laquelle il avait reposé la tête durant cette nuit où Dieu est venu jusqu’à lui ? Cela ne vous rappelle rien ? « Le fils de l’homme n’a pas de pierre où reposer sa tête » (Mt 8,20). Pourquoi ? Parce que la pierre sur laquelle on repose sa tête, c’est l’autel de Dieu, l’autel que l’on dresse pour Dieu. Cela veut dire que le Christ est lui-même cette Pierre. Il est l’autel, il est la Pierre angulaire sur laquelle l’Église est construite. C’est lui l’unique médiateur comme il le dit dans l’évangile : « Personne ne connaît le Père, sinon le Fils » (Mt 11,27).

Quel grâce, quelle chance d’avoir un tel le médiateur. C’est lui, la Pierre sur laquelle notre tête peut se reposer : « Moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28). Il suffit de se laisser aimer par Celui dont le Cœur est doux et humble. Même si nous ne savons pas aimer comme il faut, si nous nous laissons aimer, notre cœur deviendra doucement et humblement à l’image du Cœur Sacré de Jésus.

Cette Basilique est un miracle, un miracle d’amour. Ici, le Cœur de Jésus est exposé dans son Corps, adoré avec tant de ferveur et depuis si longtemps. Il suffit de se laisser brûler par l’amour de Dieu. Cette Basilique est le signe de la consécration de notre diocèse au Cœur Sacré de Jésus et plus largement de toute la France puisqu’il s’agissait d’un vœu national.

Jésus nous a aussi laissé avec son Cœur celui de sa sainte Mère, le Cœur Sacré de Marie transpercé d’amour au pied de la croix.

Laissons notre propre cœur être inondé de cet amour infini pour rendre grâce.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris

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