Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

Dimanche 3 novembre 2019

- 31e dimanche du temps ordinaire - Année C

- Sg 11, 22 – 12, 2 ; Ps 144 (145), 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14 ; 2 Th 1, 11 – 2, 2 ; Lc 19, 1-10

Qui est-ce qui grimpe aux arbres ? Les singes. Qui est-ce qui descend des arbres ? Les hommes. Oui, je sais, c’est une description un peu elliptique de l’évolution.
Pourtant, cela me paraît intéressant pour comprendre ce qui se passe entre Zachée et Jésus. Zachée grimpe dans un arbre parce qu’il est petit de taille, mais à mon avis parce qu’il est aussi petit en humanité. Il est riche, mais il ne jouit d’aucune estime. Il sait que les gens le détestent. Les relations interpersonnelles qui fondent notre humanité doivent être rares pour lui.

Qui peut lui rendre son humanité ? Qui peut le réintégrer dans la société des hommes ? Jésus ! Jésus est le seul qui peut redonner aux personnes leur humanité à l’image de Dieu. On l’a vu déjà avec les dix lépreux qui étaient exclus de la société des hommes et que Jésus a réintégrés par la guérison qu’il leur a offerte.

Peut-être que comme Zachée nous avons tendance à nous comporter comme des singes ? Nous faisons des grimaces pour nous faire remarquer du monde avec nos vêtements, nos comportements, nos masques illusoires. Il nous faut retrouver notre véritable humanité. Pas celle des faux-semblants et de la comédie humaine. Celle de l’intimité avec Dieu qui nous fait connaître notre véritable dignité pour considérer ce que nous sommes ou ce que nous sommes appelés à être : enfants de Dieu.

Si nous en prenons véritablement conscience, nous n’avons plus besoin des artifices qui nous font croire que nous existons à nos propres yeux et aux yeux des autres. Nous pourrons alors entrer dans une véritable relation interpersonnelle en comprenant que les autres sont eux aussi revêtus de la même dignité. Cela nous les fait considérer comme au moins aussi importants que nous-mêmes. Et cela change vraiment notre vie.

L’individualisme exacerbé de nos sociétés nous enferme dans un égoïsme qui nous rapproche de l’état simiesque, même s’il est teinté d’un humanisme de bon aloi.

Zachée est sorti de cette emprise du moi et il y a retrouvé sa joie. Dans l’évangile, c’est debout que Zachée annonce le don de ses biens. Il a retrouvé sa dignité parce qu’il a accepté le salut de Jésus.

Sommes-nous prêts à accueillir le salut de Jésus et à transformer nos regards, nos façons de vivre pour devenir plus humains ? Et ce n’est pas demain ou après-demain. C’est aujourd’hui !

Nous avons entendu le Seigneur : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Le Seigneur ne remet jamais son salut à demain. C’est aujourd’hui qu’il faut se décider à le suivre.

C’est bien ainsi que le Seigneur, au sommet de la Croix, a ouvert les portes du Ciel au bon larron qui lui aussi était prêt à accueillir le salut : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis » (Lc 23,43) « Avec moi » : le paradis c’est donc la communion intime avec le Seigneur.

Et vous ? Êtes-vous prêts à descendre de votre arbre pour accueillir le salut de notre Seigneur Jésus-Christ ? Êtes-vous prêt à entrer au Paradis, aujourd’hui ? Car le Paradis, c’est entrer dès maintenant dans l’intimité du Seigneur pour vivre comme des hommes.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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