Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (1er)

Dimanche 1er décembre 2019

– 1er dimanche de l’Avent – Année A

- Is 2,1-5 ; Ps 121,1-9 ; Rm 13,11-14 ; Mt 24,37-44

Le prophète Isaïe qui veut transformer les épées en socs de charrues et les lances en faucilles nous semble un doux rêveur. A son époque le royaume de Juda est tout petit. Il est entouré de puissantes nations comme l’Égypte et l’Assyrie qui peuvent l’écraser facilement. Aujourd’hui aussi notre Pape semble irréaliste quand il demande le désarmement nucléaire. « Si vis pacem, para bellum » disaient les latins. Finalement, rien ne change. Ce que les hommes de Dieu affirment, c’est que ce n’est pas la puissance armée qui prépare l’avenir, c’est le projet de Dieu. Alors que les puissances conquérantes se sont appuyées sur la force des armes comme nous le voyons avec Cyrus, Alexandre le grand, Jules César et jusqu’à Napoléon, le Royaume de Dieu est désarmé. Cela le rend peu crédible et les infatués sourient avec condescendance comme Staline quand il narguait le Vatican : « Le Pape, combien de divisions ? ».

Pourtant, nous sommes appelés à mener un combat. Saint Paul le précise. C’est le combat de la lumière, le combat de la liberté.

Le plus grand des combats, c’est le combat contre soi-même afin que l’homme puisse conquérir sa liberté en s’extirpant de son conditionnement animal ou physiologique comme le demande l’Apôtre quand il écrit aux Romains en ordonnant les pulsions, en condamnant la rage, la jalousie et les débauches en tout genre. La chasteté, dont tout le monde se moque aujourd’hui, est un puissant moyen de conquête de la liberté et de respect d’autrui. Certains deviennent végétariens pour respecter les animaux, nous devenons chastes pour respecter les humains. Tous les péchés d’emprise qui sont à l’origine des abus viennent d’un manque de chasteté. Quand le Christ parle de la venue de son Royaume, il ne parle jamais de conquête sanglante, spectaculaire et destructrice. C’est l’avènement du Royaume en nous et pas en dehors de nous. Il vient sans éclat comme l’enfant de Noël, l’enfant de la crèche, vulnérable, faible, sans armes. Il lui faut des bras qui l’accueillent, il lui faut l’amour. Cette liberté que nous avons conquise n’a pas d’autre but que d’aimer. Car pour aimer, il faut être libre, libre de toutes les contingences, libre de tous les esclavages, libre pour pouvoir s’offrir tout entier.

La seule véritable question que nous devons nous poser : désirons-nous vraiment la venue du Christ ? Est-ce que je suis prêt à l’accueillir ? Quand nous aimons véritablement quelqu’un qui revient de loin, nous allons le chercher à la gare ou à l’aéroport. En ce temps de l’Avent, il nous faut nous demander si nous avons véritablement le désir du retour du Christ et de son avènement. Ai-je vraiment la volonté d’accourir au-devant du Christ qui vient vers moi ?

+Michel Aupetit, archevêque de Paris

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