Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

Dimanche 24 mai 2020

– 7e dimanche de Pâques – Année A
Diffusée sur KTO
- Ac 1,12-14 ; Ps 26,1.4.7-8 ; 1 P 4,13-16 ; Jn 17,1b-11a

Tout à l’heure nous allons réciter ensemble le credo. Et nous allons dire : « Je crois à la vie éternelle ». Mais si quelqu’un vous demandait à la sortie de la messe : « C’est quoi la vie éternelle » ? Vous pourriez répondre ce que Jésus vient de nous dire : « La vie éternelle, c’est de te connaître toi le seul vrai Dieu ». Comment comprendre ce que Jésus vient de nous dire ? L’étymologie du mot connaître est cognoscere. Ce verbe a donné le mot « cognitif » cher aux neurologues qui étudient notre cerveau. Dans ce cas, connaître veut dire apprendre avec sa tête comme on le fait à l’école : les mathématiques, le français, l’anglais, l’histoire-géographie. Mais en français, « con-naître » peut dire aussi : naître avec. Naître avec qui ? Avec Jésus, avec le Christ ! Dans ce cas, connaître veut dire apprendre avec son cœur. On ne connaît vraiment qu’en aimant. Naître avec Jésus, c’est apprendre à connaître le Père. Et connaître le Père c’est entrer dans la vie éternelle.

Un jour vous êtes nés, vous êtes venu au monde. Et chaque année vous fêtez cet anniversaire.

Un jour vous êtes nés avec Jésus. C’est le jour de votre baptême. A propos savez-vous la date ?

Le premier anniversaire, c’est la vie terrestre. Elle peut durer un certain temps. Jusqu’à 90 ans pour ceux qui ont la santé. Pour vivre cette première vie il faut manger, respirer, se soigner. Nous avons vu combien c’était important pendant les deux mois qui viennent de passer.

Le second anniversaire, c’est la vie éternelle, la vie de Dieu. Pour vivre la vie de Dieu il est nécessaire d’accueillir le Corps de Jésus à l’eucharistie, de prier pour rester en lien avec Dieu dans une réciprocité d’amour et d’amitié, d’être pardonné pour dépasser ce qui nous sépare de Lui. Pour entrer dans cette vie éternelle il faut se mettre au diapason de Dieu.

Cela veut dire que pour vivre vraiment en chrétiens il faut avoir accueilli en plénitude l’Esprit Saint. Cette force nous est absolument nécessaire car si nous voulons vivre l’évangile en vérité, alors nous serons en décalage avec le monde. Jésus l’affirme : « Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi ». Dans la deuxième lecture, saint Pierre nous prévient : « Si c’est comme chrétien que l’on vous fait souffrir n’ayez pas de honte. Rendez gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien. Cela veut dire que l’Esprit de Dieu repose sur vous » (1 P 4,16).

Car notre gloire de chrétiens consiste à participer à la gloire du Seigneur Jésus : « Glorifie ton Fils ». Cette gloire n’est pas celle que nous comprenons habituellement et qui consiste à être renommé, célèbre. Cette gloire-là ne se fonde que sur l’apparence. La gloire dont parle Jésus provient du mot hébreu kabôd qui contient l’idée de poids. La gloire dans la Bible n’est pas la renommée mais la valeur réelle estimée à son poids. C’est toute la différence entre la valeur apparente et la valeur réelle. Il s’agit vraiment de la manifestation de la gloire de Dieu qui rayonne sur le visage du Christ.

Cette gloire est la valeur réelle de nos vies qui seront pesées à l’aune de l’amour. L’amour du Père, c’est la gloire du Fils. L’amour du Fils, c’est la gloire du Père. C’est cet amour qui nous faire entrer dans la gloire de la vie éternelle en naissant avec le Christ dans l’amour. Alors nous pouvons dire avec confiance : « Je crois en l’Esprit Saint, à la vie éternelle » !

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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