Homélie de Mgr Michel Aupetit - 7e dimanche de Pâques – Année B

Dimanche 13 mai 2018 - Messes à Notre-Dame des Victoires (Paris 2e) et à Notre-Dame de Paris

- Ac 1, 15-17.20a.20c-26 ; Ps 102 (103), 1-2, 11-12, 19-20ab ; 1 Jn 4, 11-16 ; Jn 17, 11b-19

Pourquoi le Christ a-t-il été crucifié ? N’est-ce pas incompréhensible ? Il est passé en faisant le bien, en guérissant les malades, en libérant les possédés, en pardonnant aux pécheurs, allant même jusqu’à ressusciter les morts. Ses paroles étaient des mots de paix et d’amour, fondées sur l’accueil mutuel, le pardon et poussant ses auditeurs à aimer leurs ennemis. Comment est-il possible qu’il ait suscité tant de haine ?
La seule réponse possible est celle-ci : « l’amour n’est pas aimé ». Qu’il y a-t-il donc dans le cœur de l’homme qui, d’un côté aspire fortement à aimer et à être aimé, et d’un autre côté est imperméable à la source de l’amour. Dieu est amour, il est la source de l’amour et pourtant l’humanité refuse de dépendre de Dieu pour aimer. La tentation éternelle de l’homme est de se faire « comme dieu », c’est-à-dire de se donner à lui-même son existence, sa vie et la manière de définir le bien, le mal et même la manière d’aimer. Le refus éternel de dépendre de quelqu’un, et même de Dieu conduit l’homme à s’approprier ce qui lui avait été confié. Il était un gérant de la création divine, il se comporte comme un propriétaire avec toutes les conséquences : la destruction de la planète en raison de son égoïsme, le rejet d’une humanité à l’image de Dieu qui lui permettait d’aimer comme Jésus nous a montré qu’il fallait aimer. Si nous suivons véritablement le Christ, nous savons que le monde nous prendra en haine pour les mêmes raisons qui ont conduit à la crucifixion de notre Seigneur Jésus Christ. Ne soyons pas étonnés d’être brocardés, moqués et dans certains pays durement persécutés. C’est à ce prix que nous savons que nous sommes fidèles à Jésus qui nous a rendus libres en faisant de nous des fils de Dieu.
Nous sommes au service de la vie dans une culture de mort. Nous sommes au service de l’amour gratuit dans une culture de l’égoïsme et du chacun pour soi. Le monde dit : « c’est mon choix », nous disons : « que ta volonté soit faite ». Le monde dit : « parce que je le vaux bien », nous disons : « tu as du prix à mes yeux et moi je t’aime ». Le monde dit : « c’est ma vie, j’en fais ce que je veux » pour justifier ses propres actes quelles qu’en soient les conséquences, nous disons : « pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Nous devons apprendre à aimer ce monde qui ne nous aime pas.
Pour être chrétien, il ne faut pas élaborer de grandes théories. L’important est de vivre concrètement avec le Seigneur. C’est bien le choix des apôtres quand ils cherchent à remplacer Judas. Ils choisissent un homme qui les a accompagnés depuis le baptême de Jésus jusqu’à son ascension pour qu’il soit un témoin de sa résurrection. Quelqu’un qui a été formé à son contact pour rendre un témoignage vrai et personnel. Aujourd’hui, c’est cette rencontre personnelle avec le Christ, ce compagnonnage quotidien à travers la parole qu’il nous a laissée dans l’Écriture, les sacrements, dans la communauté de l’Église que nous pouvons nous aussi témoigner de lui et annoncer sa résurrection pour que le monde accueille le salut de Dieu.
Même si le monde nous rejette, cette intimité vécue avec le Christ nous comble de joie comme le Seigneur le promet : « je parle ainsi pour qu’ils aient en eux ma joie et qu’ils en soient comblés ».
Alors, soyons toujours joyeux et exultons d’accueillir la vie, l’amour et la connaissance intime de notre Dieu.

Mgr Michel Aupetit
Archevêque de Paris

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