Homélie du cardinal André Vingt-Trois – Messe du Frat 2013 – Fête de la Pentecôte

Dimanche 19 mai 2013 – Jambville

Pour fortifier ses disciples après son Ascension, Jésus va envoyer son Esprit au jour de la Pentecôte. Par la force de l’Esprit, nous pouvons dire encore aujourd’hui, que la promesse du Christ est réalisée : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». La vie de l’Église est le Signe de la présence du Christ au milieu de nous.

- Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; Rm 8, 8-17 ; Jn 14, 15-16.23b-26

Chers amis,

Quand Jésus a préparé ses disciples à son départ, il savait bien qu’il connaîtrait une période difficile. Pendant plusieurs mois, plusieurs années, ils ont pu cheminer avec Lui, ils ont pu parler avec Lui, ils ont vu les signes qu’il a faits, ils ont entendu ses discours, et brusquement il va disparaître au milieu d’eux et ils vont se retrouver seuls.

Pour préparer cette épreuve et ce moment de solitude, Jésus veut les fortifier et il leur dit : « je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 18). Je vous enverrai mon Esprit. Et cet Esprit va être répandu sur chacun de ses disciples et sur leur groupe tout entier, si bien que même s’ils ne voient plus le Christ – ils ne le verront plus et personne d’entre nous ne le verra de ses yeux – pourtant, ils savent qu’Il est vivant au milieu d’eux comme il le leur a promis : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Et nous ? Deux mille ans après, nous n’avons pas connu le Christ avec nos yeux, nous ne l’avons pas entendu avec nos oreilles, nous ne l’avons pas touché avec nos mains, mais nous savons qu’il est présent.

Comment savons-nous qu’il est présent sinon justement parce qu’il envoie son Esprit à ceux qui le demandent ? Il est vivant en nos cœurs, parce que nous faisons mémoire de sa Parole et que par son Esprit, nous connaissons tout ce qu’il a dit. Cette parole, elle n’est pas pour vous comme quelque chose d’étranger, d’extérieur, comme un texte, comme un livre, comme un journal ! Nous ne croyons pas au papier, nous ne croyons pas aux livres, nous croyons à une personne et cette personne, c’est Jésus vivant dans son Église et vivant dans nos cœurs ! C’est parce qu’il est vivant dans son Église que nous pouvons être portés les uns par les autres pour aller à sa rencontre. Chacun de nous sait bien qu’à certains moments il est faible, il doute, il ne croit pas qu’il pourra mettre en pratique la parole du Christ et dans ces moments-là nous avons besoin que le Corps tout entier de l’Église nous prenne dans ses bras, nous porte et nous conduise au Christ. Mais pour que ce Corps de l’Église puisse nous porter, il faut que nous aussi, chacun à notre place, nous soyons porteurs de ce corps ecclésial. Nous pouvons être portés, nous pouvons être aidés, nous pouvons être accompagnés, si à notre tour, pour nos frères qui nous entourent nous devenons porteurs, si à notre tour nous les aidons, si à notre tour nous devenons des signes de la présence du Christ vivant en son Église. Alors nous devenons vraiment porteurs d’espérance, parce que nous sommes l’intermédiaire, le signe, le porte-parole de quelqu’un qui vit au milieu de nous jusqu’à la fin des temps.

Cette vie du Christ en son Église n’est pas simplement la présence de son Esprit dans nos cœurs, elle est visible parce que nous voyons les uns les autres qu’on peut l’entendre, parce que nous nous entendons les uns les autres. Elle est visible parce que nous célébrons la présence du Christ dans l’eucharistie, nous l’entendons parce que nous accueillons sa Parole dans l’eucharistie, comme nous venons de le faire, nous pouvons nous porter les uns les autres, si nous nous mettons au cœur de cette présence du Christ en participant à la vie des sacrements, comme nous avons reçu le baptême, comme nous sommes appelés à recevoir la confirmation, comme nous participons à l’eucharistie, et comme nous accueillons le pardon de nos péchés.

Alors, Jésus est vivant pour nous, Jésus est présent dans notre vie, et nous devenons des acteurs de l’espérance pour la vie de nos frères, et des porteurs d’espérance pour ceux qui traversent des périodes difficiles dans leur vie.

Frères et sœurs, chers amis, en ce jour où nous recevons l’Esprit Saint, pendant quelques instants de silence, je vous invite chacun au fond de votre cœur, à ouvrir la porte pour que le Christ puisse entrer, à ouvrir vos cœurs pour que l’Esprit puisse venir, à ouvrir votre esprit pour qu’il vous rappelle à tous, les Commandements de Jésus pour que nous les mettions en pratique. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois,
archevêque de Paris.

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