Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe pour le dixième anniversaire de la consécration de l’église Notre-Dame de Chine - fête de Notre-Dame de Chine

Dimanche 10 mai 2015 - Notre-Dame de Chine (Paris XIII)

Au moment de quitter cette terre, Jésus confie sa mission à ses disciples et l’Église à sa mère. L’Église est invitée à sa rassembler autour de Marie et à se confier à sa prière, dans la supplication, l’action de grâce et l’espérance. C’est dans cet esprit que la communauté chinoise de Paris se met sous la protection de Notre-Dame de Chine.

- Mi 5, 1-4a ; Ps 112, 1-8 ; Ac 1, 12-14 ; Jn 19, 25-27

Frères et Sœurs,

Au moment de quitter ce monde, Jésus confie sa mère au disciple qu’il aimait et il confie le disciple à sa mère : « Femme, voici ton fils » (Jn 19, 26). À travers la personnalité de ce disciple, c’est évidemment toute l’Église qui est concernée par la parole de Jésus. C’est à l’Église que Jésus confie sa mère, et c’est l’Église qu’il confie à sa mère. Ainsi, nous aussi, comme ce disciple qui était au pied de la croix, nous sommes confiés à l’amour maternel de Marie. Au moment où Jésus va quitter cette terre, il n’abandonne pas l’humanité. Il confie sa mission à ses disciples, et il confie les disciples et l’Église à sa mère.

Nous voyons dans le livre des Actes des Apôtres que dès les premiers jours après l’Ascension du Christ, Marie est au milieu des disciples, et elle prie avec eux. C’est la figure de l’Église qui est montrée par avance : l’Église doit se rassembler autour de Marie et se confier à la prière de la Vierge.

En dédiant votre église à Notre-Dame de Chine, vous avez accompli ce que Jésus a demandé sur la croix. Vous avez confié votre communauté à l’intercession de Notre-Dame et à sa prière. Vous avez reconnu en Marie celle qui est votre Mère, et à travers vous la Mère de tout votre peuple. A travers chacune des communautés chrétiennes dans le monde, Marie devient la Mère de l’humanité : Mère de Jésus, Mère de l’Église, Mère des hommes. C’est donc avec grande confiance que nous nous tournons vers Marie et que nous lui exprimons nos prières. Nous savons que si nos prières ne sont pas absolument justes, Marie les portera à leur justesse. Nous savons que si nos prières ne sont pas absolument ferventes, Marie leur donnera leur ferveur. Nous savons que si nos prières n’ont pas suffisamment de foi, Marie ajoutera sa propre foi à la nôtre. C’est pourquoi tout au long de l’histoire de l’Église, à travers tous les pays du monde, les disciples de Jésus se rassemblent autour de Marie. La prière qu’ils font monter vers Dieu pour la vie de son Église est portée par la Vierge Marie. C’est une prière de supplication dans les détresses, c’est une prière d’action de grâce dans les moments heureux, c’est une prière d’espérance quand nous ignorons ce que sera l’avenir.

Le peuple chinois, au long de sa grande histoire, a connu des périodes de détresse. Il a connu aussi des moments heureux, et comme tous les peuples du monde, il ignore ce que sera son avenir. Mais la détresse, les moments heureux et l’espérance ne se succèdent pas. Il n’y a pas d’abord un temps de détresse, puis un temps de bonheur, puis un temps d’espérance ! La détresse, le bonheur et l’espérance coexistent simultanément dans la vie et l’histoire des hommes, et heureusement, sinon nous pourrions mourir de désespoir ! Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre vous, l’expérience de l’expatriation et de la dissociation des familles est un temps de détresse, mais la possibilité de reconstruire votre vie ici est aussi un temps de bonheur et la foi dans la protection de Notre-Dame nourrit l’espérance de réunir un jour ceux qui ont été séparés. C’est pourquoi sous la protection de Notre-Dame de Chine, nous intercédons pour tous les Chinois qui souffrent à travers le monde, nous rendons grâce pour ceux qui ont retrouvé des raisons de vivre, et nous espérons que tous pourront un jour se réunir.

En attendant, le témoignage que les chrétiens doivent donner parmi les hommes, c’est le témoignage de la fraternité et de l’espérance. Vivre les uns avec les autres comme des frères que Dieu nous donne, c’est surmonter les luttes fratricides entre mêmes citoyens, c’est espérer que l’amour sera plus fort que la haine, que la vie sera plus forte que la mort.

Avec confiance nous regardons Notre-Dame comme celle qui ouvre pour nous le chemin de la paix et de la joie. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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