Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe de clôture des 51e ostensions des Saints Israël et Théobald du Dorat (Limousin)

Dimanche 22 mai 2016 - Collégiale Saint Pierre aux Liens - Le Dorat (Diocèse de Limoges)

Chaque époque apporte ses malheurs. Comment affronter ces difficultés ? Le monde propose ses fausses solutions. Recourir à l’intercession et à la protection des saints, c’est puiser dans le trésor de la foi de l’Église qui nourrit les chrétiens depuis 2000 ans. Se tourner vers les saints c’est se tourner vers le Christ qui est le salut pour tout homme en ce monde.

- Ap 19, 1.5-9a ; Ps 95 ; 2 Tim 4, 1-5 ; Lc 6, 17.20-26

Frères et Sœurs,

D’où nous vient notre bonheur ? En qui avons-nous confiance ? Où mettons-nous notre foi ?

Depuis des siècles, les habitants du Limousin ont coutume de se tourner vers saint Israël et saint Théobald pour implorer Dieu devant les calamités qui peuvent s’abattre sur eux. Que ce soit la maladie, que ce soient les intempéries, que ce soient les guerres, nous avons le choix au cours des siècles. Chaque époque apporte ses malheurs ; chaque époque voit fondre la mort sur l’humanité ; chaque époque nourrit ses terreurs. Notre temps, en 2016, a aussi ses malheurs, ses calamités et ses terreurs. Malheurs dus à la crise économique, malheurs dus aux épidémies ou aux maladies, malheurs dus à la violence sociale ou au terrorisme… Chacune et chacun d’entre nous peut avoir de justes craintes pour l’avenir mais surtout pour le présent. Comment affronter ces difficultés ? Comment rester debout dans l’adversité ? Sur quelles forces nous appuyons-nous ?

Le recours à saint Israël et saint Théobald peut vous paraître désuet aujourd’hui, mais quand vous regardez dans quelle direction vous orientent celles et ceux qui veulent vous proposer des solutions aux malheurs du temps, vous vous apercevez qu’elles ne sont pas plus fiables que saint Israël ou saint Théobald ! Est-ce que c’est le monde virtuel ? Est-ce que c’est la magie ? Est-ce que c’est le monde gothique ? Est-ce que c’est toutes sortes « d’histoires imaginaires », comme nous disait saint Paul dans l’Epître à Timothée : « Pour calmer leurs démangeaisons d’entendre du nouveau, ils se cherchent une foule de maîtres » (Tim 4,3) et pour affirmer leur liberté par rapport à la Providence de Dieu, ils s’en remettent à la providence des charlatans.

Si vous êtes chrétiens, en qui mettez-vous votre espérance ? En qui mettez-vous votre foi ? Faire mémoire de la sainteté et de l’intercession de saint Israël et saint Théobald, c’est simplement puiser dans le trésor des ressources de ce peuple immense ce peuple, « une foule immense comme la voix des océans » (Ap 19,6) qui s’étend sur plus de deux millénaires. Ce trésor, c’est la foi de l’Eglise qui a nourri et qui nourrit encore une foule d’hommes à travers le monde. C’est cette parole qui nous est transmise par les apôtres et à travers eux et à partir d’eux par des générations d’hommes et de femmes qui ont été pour nous des témoins de l’Évangile et de la foi. Cet évangile que nous avons reçu, cette foi que nous essayons de vivre, comment lui donnons-nous un visage et une forme à travers nos relations habituelles, à travers notre manière de vivre, à travers les recherches que nous faisons en tous sens ? Est-ce que nous cherchons l’argent ? Est-ce que nous cherchons le succès ? Est-ce que nous cherchons la facilité ? Où cherchons-nous notre bonheur ? Jésus dit à ses disciples (Lc 6,24-25) que ceux qui doivent être heureux et sauter de joie ne sont pas ceux qui ont leur consolation dans les richesses, ceux qui sont repus, ceux qui sont dans le plaisir, ceux qui sont adulés par tout le monde. Les disciples de Jésus doivent chercher leur bonheur en se faisant plus proches des plus pauvres, en acceptant avec joie les épreuves auxquelles ils sont soumis, parce qu’à travers ces épreuves, ils sont unis au Christ Jésus portant sa croix par amour pour le monde.

Frères et sœurs, faire mémoire des saints qui nous ont précédés, faire mémoire des saints qui ont intercédé et qui intercèdent pour nous, c’est nous tourner d’abord vers le Christ. Celui que nous avons reçu par l’annonce de la foi, celui que l’évangile nous a appris à connaître, celui par qui vient le salut pour tout homme en ce monde.

Soyons dans la joie puisque nous avons le bonheur de le connaître. Soyons dans la paix puisque nous avons le bonheur de savoir qu’à travers les épreuves de ce temps, c’est la victoire du Christ qui se construit à travers chacune de nos existences. Soyons dans la joie puisque rien ne peut nous arracher à l’amour de Dieu.

Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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