Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe lors de la Journée du presbyterium du diocèse de Paris - Année A

Lundi 25 septembre 2017 - Notre-Dame de l’Ouÿe (91410 – Les-Granges-Le-Roi)

- Esd 1,1-6 ; Ps 125, 1-6 ; Lc 8, 16-18

L’évangile de Luc nous invite à méditer sur la manière dont nous accueillons la parole et dont nous laissons cette parole non seulement illuminer notre vie mais éclairer les hommes et les femmes qui nous entourent.

Il s’agit d’accueillir la parole dans notre cœur, non pas comme une complication ou une charge supplémentaire, mais comme une réalité qui vient de la surabondance de Dieu et qui ajoute, comme le dit l’évangile de saint Jean, grâce sur grâce. Nous avons reçu la parole, nous avons essayé de la vivre autant que nous avons pu, et voici qu’elle nous est donnée une nouvelle fois, de sorte que celui qui a, on lui donne encore davantage. Cette surabondance de Dieu nous aide à mesurer combien nous ne sommes pas propriétaires d’une sorte d’exclusivité sur le trésor reçu, mais au contraire nous sommes appelés à devenir débordés par la grâce que nous recevons et incapables de la cacher, incapables de la recouvrir de telle sorte que les autres ne voient pas ce que nous avons.

Il existe une sorte de pudeur qui s’achemine, insensiblement, vers la mauvaise conscience et qui imagine que si nous pouvons ne pas faire référence à la parole que nous avons reçue, à la lumière qui nous a été donnée, nous pourrons mieux atteindre les hommes. Or c’est l’inverse ! C’est ce que Jésus nous dit : il n’y a rien qui soit caché qui ne doive paraître au grand jour, et il n’y a rien de secret qui ne doive être communiqué et venir au grand jour. Nous sommes invités à porter cette grâce du dynamisme de la foi comme la manière normale dont l’Evangile du Christ se répand parmi les hommes.

Comme nous commençons aujourd’hui la lecture du livre d’Esdras, nous ne pouvons pas manquer évidemment de méditer sur le processus de reconstruction du temple tel qu’il a été mis en œuvre par Cyrus. On comprend évidemment que Cyrus jouisse d’une autorité certaine dans le peuple d’Israël puisqu’on lui attribue la décision de reconstruire le temple et de prendre des décrets pour que cette reconstruction soit possible. En dehors de la critique historique que l’on peut faire de la lecture du livre d’Esdras, on ne peut pas éviter de prendre conscience de la manière dont Dieu agit dans l’histoire du peuple par l’intervention de quelqu’un qui n’est pas membre de son peuple, même s’il a par ailleurs un pouvoir impérial. Cette figure de celui qui rend les choses possibles, nous aide à comprendre que les chemins par lesquels Dieu va faire connaître aux hommes la lumière, les secrets, ne passent pas seulement par une stratégie pastorale missionnaire, mais passent aussi par des initiatives, des paroles, des actions, que Dieu suggère à des gens qui ne sont pas directement porteurs de l’Alliance, comme c’est le cas de Cyrus.

Que le Seigneur nous fasse la grâce de reconnaître ces interventions extérieures comme des signes par lesquels il fait progresser son peuple, par lesquels il nous fait progresser aujourd’hui. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

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