Intervention du cardinal André Vingt-Trois lors de la célébration diocésaine d’envoi en mission pour l’Avent 2014

Parvis de Notre-Dame de Paris – Samedi 22 novembre 2014

- Lecture de l’évangile de Matthieu 28,16

Héritiers de la mission et de la promesse du Christ

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Frères et sœurs, chers amis,

Au moment de quitter ses disciples, le Christ leur confie une mission et leur fait une promesse. La mission, c’est d’aller et de faire de toutes les nations des disciples. La promesse, c’est d’être avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde.
Aujourd’hui, en 2014 à Paris, nous sommes héritiers et de la mission et de la promesse. Vous tous qui représentez quasiment toutes les paroisses de Paris, vous qui êtes venus aujourd’hui pour le lancement de la mission de l’Avent 2014, vous êtes dépositaires de la mission confiée par le Christ et vous avez la garantie de sa promesse. Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Il est avec nous au cœur de la cité, non seulement par le signe merveilleux de la cathédrale que nous connaissons si bien, mais il est avec nous par le corps sacramentel que nous formons. Nous qui sommes ses disciples, nous sommes portés par l’espérance qu’il nous a laissée. L’homme n’est pas abandonné au hasard des péripéties de l’histoire. L’homme n’est pas une sorte de jouet des événements, de sorte que sa vie n’aurait aucun sens. L’homme n’est pas l’ennemi de son frère. L’homme n’est pas l’ennemi de la nature. L’homme n’est pas l’ennemi de lui-même.

Au moment où tant de nos contemporains doutent, non seulement de la valeur personnelle de chaque être humain, mais de la vocation de chacun à assumer sa partie dans l’histoire du monde, nous sommes au milieu de la cité, témoins de cette promesse. Dieu fait de nous des lumières qui doivent percer la nuit, comme les lumières que j’ai confiées tout à l’heure à chacun des représentants des paroisses ici réunies. Nous sommes porteurs d’une lumière qui peut être faible comparée à l’épaisseur de la nuit, ou à la débauche des illuminations que produit le commerce urbain. Mais cette lumière si faible et si vacillante soit-elle, nous avons la certitude qu’elle est pour nous le signe de la présence du Christ. Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. C’est cette espérance et cette joie qui nous permettent de tenir debout à travers les épreuves. Cette joie que nous avons reçue sans l’avoir cherchée, sans l’avoir méritée, sans l’avoir gagnée, nous voulons que ceux et celles qui nous entourent puissent la partager. Nous voulons ouvrir, comme le pape François nous y invite, l’expérience de l’Église, non pas pour capter les hommes mais pour mettre à leur disposition les richesses que nous avons reçues.

Nous avons la grâce et la chance de savoir pourquoi nous sommes en ce monde. Nous avons la grâce et la chance de savoir qu’il y a dans l’existence humaine une force plus grande que toutes les adversités. Cette force, c’est l’amour. Et l’amour s’est manifesté parmi les hommes par la naissance de Jésus de Nazareth dans la nuit de Bethléem. Cette richesse, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Chacun et chacune d’entre nous porte une partie de cette richesse, pas forcément une grande partie mais une partie réelle. Chacun et chacune d’entre nous a la possibilité d’ouvrir le trésor qu’il a reçu pour le mettre à la disposition de ses frères.

C’est pourquoi, pendant cette mission de l’Avent 2014, je vous envoie tous, vous qui êtes présents ici ce soir, et celles et ceux que vous représentez, à travers la ville pour annoncer que la naissance de Jésus est la cause et la source de notre joie, que les festivités de Noël ne sont pas des fêtes de la lumière ou des fêtes de l’enfance, ce sont des fêtes de la maturité et de la nuit. Nous sommes une lumière au cœur de la nuit. Cette lumière, nous voulons que tous puissent venir s’y éclairer et s’y réchauffer.
Cette mission, vous allez l’exercer selon les initiatives que vous avez prévues, mais aussi en ayant constamment présent à l’esprit que l’annonce de la Bonne nouvelle est indissociable des gestes et des démarches d’accueil et de relation que nous pouvons entretenir avec ceux qui nous entourent. Comment pourrions-nous leur annoncer la fraternité universelle si nous les traitons comme des étrangers ? Comment pourraient-ils croire que la naissance du Christ change quelque chose à l’histoire du monde si nous, dans notre manière de vivre et dans notre manière d’être, nous vivons comme si le Christ n’était jamais venu ?

Aussi, frères et sœurs, en ce moment très fort de la vie du diocèse, après ces années de préparation auxquelles je vous ai invités et dans lesquelles vous vous êtes engagés généreusement, c’est une joie de vous voir devant la cathédrale, prêts à partir à travers les rues de la cité comme messagers de la Bonne nouvelle.
Amen.

+André cardinal Vingt-Trois,
archevêque de Paris

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