Interview de Mgr Michel Aupetit par le Quotidien du Médecin

7 mai 2018

« La loi Leonetti de 2005, bien élaborée, avait fait l’unanimité des parlementaires. Or on a voulu aller plus loin… »

Extrait

Sur la fin de vie : vous avez salué la position des 70 médecins en faveur du maintien des soins à Vincent Lambert, qui prend le contre pied de la décision de trois médecins différents à Reims...

Ces médecins proposent aussi de l’accueillir. Il y a 1 700 pauci-relationnels en France. Si l’on prend une décision envers Vincent Lambert, est-ce que ça conditionne la vie de ces 1 700 personnes ?

La question est de savoir si l’alimentation et l’hydratation sont des soins. Si ce sont des traitements, on peut considérer qu’il s’agit d’un acharnement thérapeutique. Or nous sommes contre l’acharnement thérapeutique. Mais si ce sont des soins, ce n’est pas un acharnement thérapeutique, c’est ce qu’on doit à toute personne. Un enfant qui naît meurt si on ne lui donne pas à manger. Nous considérons que cette alimentation et cette hydratation sont bien des soins.

Quel regard portez-vous sur la législation actuelle sur la fin de vie ?

La loi Leonetti de 2005, bien élaborée, avait fait l’unanimité des parlementaires. Or on a voulu aller plus loin… Alors que la loi de 2005 n’est toujours pas généralisée : les soins palliatifs n’existent que dans quelques lieux où les médecins et infirmières sont formés. Avant de changer les lois, il faut mettre en place celles qui existent. La loi Leonetti-Claeys introduit la question de la sédation profonde et terminale. Auparavant, on dispensait de la morphine à une personne dans une souffrance extrême, tout en sachant que c’est un dépresseur respiratoire. Mais le but est bien de soulager, et non de faire mourir. La sédation en phase terminale est légitime pour accompagner une personne qui souffre trop et le demande. Mais la sédation terminale est ambiguë : c’est suggérer qu’on peut l’utiliser pour terminer la vie.

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