Interview du cardinal André Vingt-Trois sur KTO à propos du décès du cardinal Gantin

KTO – 15 mai 2008

- Voir la messe en hommage au cardinal Gantin.
- Écouter l’interview du cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre Dame.


KTO – Selon vous, que retiendra l’histoire du Cardinal Gantin ? Sa fonction auprès de la congrégation des évêques ?Le missionnaire à Rome ?

Cardinal André Vingt-Trois – La figure du cardinal Gantin est une figure très imposante. De par son ministère au Bénin déjà : il a été archevêque de Cotonou et il a marqué profondément l’Église du Bénin et l’Église d’Afrique Occidentale. Ensuite, il a été Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples ; il a joué un rôle très important dans le développement de la mission de l’Église. Enfin, le Pape Jean-Paul II l’a nommé préfet de la Congrégation pour les Évêques, c’est-à-dire qu’il a présidé pendant plusieurs années, près de 20 ans, la nomination d’un certain nombre d’évêques à travers le monde, c’est une mission particulièrement délicate dans laquelle il a exercé une influence décisive.

KTO – Arrêtons-nous sur cette influence. Quelle influence a-t-il apporté au niveau de ces nominations d’évêques ? A-t-il influencé une Église plus missionnaire ?

Cardinal André Vingt-Trois – Son influence dans la nomination des évêques dépendait beaucoup de la connaissance qu’il avait lui-même des différents pays auxquels ces évêques étaient destinés. Je crois qu’il a eu le souci de développer vraiment un épiscopat qui soit capable de mettre en œuvre le Concile. Il a été un proche, un ami très proche, du Pape Jean-Paul II. Il a été continuellement dans son entourage, et avec beaucoup de loyauté, de dévouement et de disponibilité. Il avait été profondément blessé par l’attentat que le Pape Jean-Paul II avait subi en 1981, au point que, quand on venait le voir chez lui, il donnait toujours une photo qui représentait le Pape Jean-Paul II blessé. Cet événement avait été pour lui un repère dans son histoire.

KTO – Vous êtes allé le voir chez lui au Vatican : quels souvenirs avez-vous ?

Cardinal André Vingt-Trois – Je l’ai rencontré plusieurs fois au Vatican, d’abord au cours des visites ad limina, quand les évêques, tous les 5 ans, vont rencontrer les responsables des différents dicastères. Le cardinal Gantin nous recevait à la congrégation pour les évêques avec beaucoup d’amitié : c’était un grand ami de la France ; il avait beaucoup de reconnaissance aussi pour tout ce qu’il avait reçu à travers les missionnaires français. Il nous recevait très longuement, il écoutait ce que nous avions à dire sur nos diocèses, il était très attentif à la vie de nos Églises, et puis plus amicalement et à plusieurs reprises, il nous invitait chez lui, à son domicile, pour un repas détendu et fraternel au cours duquel on parlait de toutes sortes de choses.

KTO – C’était aussi l’Africain à Rome, le missionnaire africain à Rome. Il paraît que son bureau était une petite Afrique au sein du Vatican.

Cardinal André Vingt-Trois – Il a été un des premiers Africains que Paul VI a appelé à travailler à la Curie romaine puisqu’il l’a nommé à la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Il fut le premier d’une série d’évêques et de cardinaux africains en service à Rome. Il était un peu un point de repère et un guide pour les évêques étrangers qui étaient appelés au service du Saint-Siège.

KTO – Avec lui, c’est tout un pan de l’Église. L’Église africaine qui va naître avec lui, il était porteur de tout cela.

Cardinal André Vingt-Trois – il a été contemporain du développement de l’Église en Afrique, et en particulier en Afrique occidentale française et en Afrique occidentale francophone après la décolonisation. Il a été aussi un des témoins des convulsions politiques du Bénin pendant un certain nombre d’années, puisque le Bénin a connu une période assez difficile. Certainement, dans son pays, il était un sage, une référence. D’ailleurs, le gouvernement du Bénin a décidé un deuil national et envoie une délégation à Paris pour accompagner son corps. C’est vraiment une figure nationale qui disparaît.

KTO – Vous parliez de l’attentat contre Jean-Paul II. Le cardinal Gantin n’a-t-il pas remplacé le Pape à Lourdes ?

Cardinal André Vingt-Trois – Oui, à la suite de l’attentat que le Pape Jean-Paul II a subi au mois de mai 1981, il avait désigné le cardinal Gantin comme son légat pour le représenter au Congrès Eucharistique qui a eu lieu à Lourdes à l’été 1981. C’est lui qui a présidé le Congrès Eucharistique à la place du Pape et il a mené ce congrès eucharistique d’une manière très impressionnante pour les gens qui y participaient.

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