Israël dans la Bible et l’État d’Israël aujourd’hui

Les Amis de Sabeel France, (‘la Source’ en arabe) ont organisé le samedi 24 novembre 2018 un colloque en partenariat avec L’Institut Protestant de Théologie, Faculté de théologie de Paris et L’Atelier protestant, vitrine et force d’animation du protestantisme. A la suite de ce colloque, le Père Jérôme Bascoul examine Israël dans la Bible et Israël aujourd’hui, sous le regard des chrétiens, l’Islam et les juifs.

Une association militante pour les droits des Palestiniens
Les Amis de Sabeel France, (‘la Source’ en arabe) ont organisé le samedi 24 novembre 2018 un colloque en partenariat avec L’Institut Protestant de Théologie, Faculté de théologie de Paris et L’Atelier protestant, vitrine et force d’animation du protestantisme. Selon le site des Amis de Sabeel France, cette association se veut un soutien et un promoteur de la cause palestinienne. « L’association Les Amis de Sabeel France a pour objet de développer des liens de solidarité avec l’ensemble des Églises présentes en Palestine-Israël, certaines depuis les tout premiers temps du christianisme. Elle poursuit les objectifs suivants : diffuser et faire connaître en France, et tout particulièrement dans les différentes Églises de France, la réflexion théologique et le témoignage des chrétiens et des Églises de Palestine-Israël […] ; apporter sa contribution à l’accompagnement de la communauté chrétienne palestinienne dans sa mission non-violente de justice et de paix ; développer des liens personnels avec le réseau Sabeel, à Jérusalem comme à Nazareth, par des visites ou des séjours de témoignage en France de chrétiens palestiniens, et par des visites ou des séjours de service de chrétiens français en Palestine-Israël ; soutenir les projets et répondre aux besoins du Centre Sabeel, ou des Églises palestiniennes, comme un instrument de relations fraternelles entre les chrétiens de France et les chrétiens et Églises de Palestine-Israël ; favoriser le dialogue théologique avec les musulmans et les juifs, notamment en matière de justice et de paix. » Les Amis de Sabeel expriment régulièrement leurs réactions aux événements, de façon œcuménique, notamment dans le mouvement Kairos et à travers les activités de l’association Sabeel. Enfin, il faut préciser que « Sabeel est un centre œcuménique palestinien de la théologie de la libération qui a comme souci la paix et la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens et qui dit que la paix n’est possible qu’à travers la justice ».

Israël dans la Bible et l’État d’Israël aujourd’hui
« Israël dans la Bible et l’État d’Israël aujourd’hui. Des chrétiens d’ici et de là-bas s’interrogent. » Voici la présentation de l’argument : « Aujourd’hui dans notre société, mais aussi dans la politique menée par le gouvernement d’Israël, il y a très souvent confusion entre « l’Israël biblique » et l’État d’Israël. Comment les Palestiniens chrétiens peuvent-ils comprendre ces notions de “terre promise” et de “peuple élu” dans la situation qui est actuellement la leur ? »
L’intervention d’ouverture est faite par le Pasteur Ernest Reichert, président de l’association Les Amis de Sabeel France. Deux théologiens exégètes présentent ensuite les fondements bibliques et l’étendue des expressions "Terre sainte", "Terre de la promesse", que nous reprenons dans les paragraphes suivants. Sont intervenus Corinne Lanoir, professeur d’Ancien Testament à la Faculté protestante de théologie de Paris, puis Patrice Rolin, bibliste, animateur de L’Atelier protestant. Le Père Jamal Khader, prêtre catholique du patriarcat latin de Jérusalem, recteur du séminaire de Beit Jala, a témoigné de la difficulté des Palestiniens à lire dans un sens concret les promesses bibliques comme étant adressées aux juifs de l’État d’Israël. Il rappelle que depuis 1977 la droite israélienne est au pouvoir grâce au ralliement des sionistes religieux et des partis religieux avec en conséquence l’engagement politique du Likoud à une judaïsation de l’État. Il déplore une lecture « décontextualisée » des passages apocalyptiques comme celui de la bataille d’Armageddon (Apocalypse 16, 16), où l’Antichrist est assimilé à l’islam face auquel aucune concession territoriale n’est possible. Le Père Jamal a évoqué l’injustice faite aux Palestiniens, – rappelant au passage que les chrétiens palestiniens se sentent pleinement arabes palestiniens et solidaires des musulmans – et parlé des colonies en Cisjordanie, des réfugiés palestiniens et de l’émigration pour sortir du désespoir. Maurice Buttin, avocat honoraire, président du Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Moyen-Orient (CVPR.PO), a, lui, retracé l’historique du mouvement sioniste, de la naissance de l’État d’Israël et de ce qu’il a représenté pour les arabes palestiniens, la nakba (catastrophe). Le public s’est ensuite réparti en ateliers pour des lectures communes de documents concernant le sionisme chrétien. Ces ateliers furent suivis d’une table ronde finale avec reprise des questions.

Israël dans la Bible
De Dan à Beersheba ou du Torrent d’Égypte à l’Euphrate ? La Terre donnée à Israël varie dans une proportion importante selon le témoignage biblique lui-même. En Exode (3, 5), la Terre sainte, c’est l’Horeb qui ne fait pas partie de celle qui sera donnée. Patrice Rollin signale que l’expression « Terre d’Israël » se trouve sept fois dans la Bible hébraïque, « Terre sainte » (adama kadosha) peut se traduire terre sacrée ou mieux terre de sainteté, ce qui signifie que la terre n’est pas sainte par elle-même. L’idée de sacralité de la terre signifie sans doute que cette terre doit séparer le peuple d’Israël du reste des nations. La terre qu’emporte Naaman le Syrien est certainement une critique de la chosification du sacré, autant qu’un hommage païen au Dieu d’Israël qui est aussi Celui de tout l’univers. L’expression ‘terre promise’ ne se trouve qu’en Hébreux (11, 8-9) : « Grâce à l’a foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse. » Selon la théologie paulinienne, si les promesses faites au profit d’Israël ne sont pas abolies, celles-ci s’accomplissent en intégrant les nations païennes.

Nous devons donc comme chrétiens être attentifs à plusieurs aspects de la théologie biblique :
- l’importance du don de la terre comme faisant partie des promesses de l’alliance,
- dans une perspective chrétienne ce don de la terre est dépassé par l’accomplissement des promesses en Jésus-Christ,
- le don de la terre est constitutif de l’espérance d’Israël (des juifs) aujourd’hui,
- ce don pour l’Israël d’hier comme celui d’aujourd’hui n’est pas absolu, il implique une responsabilité pour Israël, sur le plan religieux et comme État parmi les autres États modernes,
- l’élection, le choix de Dieu d’en élire quelques-uns, ne se fait pas au détriment des autres, mais in fine aussi à leur profit.
C’est dans cette perspective que nous allons parler du don de la terre, des conditions de ce don, de la reprise et de sa restitution finale.

Le don de la terre dans le livre de la Genèse
La terre sur laquelle se déplace le nomade Abram n’est pas déserte. Il achètera le champ de Makpela pour y enterrer Sara. La descendance d’Abraham est composée d’Isaac et d’Ismaël à qui est donné un autre héritage, la montagne de Seïr. On peut dire que d’après la Genèse Dieu est en procès avec l’humanité : celle d’avant le déluge est condamnée et après le déluge, c’est l’épisode de la tour de Babel (Genèse 11). Après la confusion, les hommes s’établissent librement à l’est dans la plaine de Shinéard, mais ils ont gardé les mêmes dispositions qui les font ignorer Dieu. « Les cananéens étaient alors dans le pays », nous dit la Genèse et c’est à ce moment que Dieu prévoit d’en faire le don à Abram : « Le Seigneur apparut à Abram et dit : « À ta descendance je donnerai ce pays » et là, Abram bâtit un autel au Seigneur qui lui était apparu » (Genèse 12,7) [1] . L’immoralité et l’idolâtrie – comme le révèle l’épisode de Sodome – sont les causes de l’anéantissement des Cananéens. La preuve peut en être l’interdiction faite à Israël d’adopter les dieux et coutumes du pays qu’ils reçoivent.

L’articulation du destin d’Israël et des nations
Le dessein de Dieu selon la Bible concerne toute l’humanité. Il articule donc les destinées d’Israël son peuple et celui des nations. Israël et les nations demeurent sous le jugement. Dieu donne et reprend ses dons selon son jugement. Ceci est vrai pour tous les peuples, y compris celui que Dieu se choisit. Si les dons de Dieu sont sans repentance – comme le dit saint Paul aux Romains –, cela n’est pas contradictoire avec l’Exil, alors que Dieu reprend bien ce qu’il a donné. Mais ce que Dieu laisse, c’est l’espérance de la restauration et sa réalisation, parce que finalement Dieu arrive à ses fins. La Bible témoigne d’un plan de salut qui concerne les nations par Israël, la flèche serrée dans son carquois, pour reprendre l’image d’Isaïe. En dépit du fait que Dieu attribue à Israël comme aux nations un lot, « toutes les nations seront bénies sur la terre », la fin de l’homme selon la Bible se transporte de l’immanence à la transcendance. Pourtant il y a un don qui est fait au présent et qui se prolonge pour les générations qui le reçoivent en héritage, don qu’il est d’ailleurs interdit d’aliéner et qui n’est pas non plus en pleine propriété comme le souligne la règle des jubilés.

La raison du don sous condition
Dans le livre de l’Exode, ce qui est remarquable, c’est que les premiers auditeurs des promesses n’en n’ont pas vu la réalisation à cause de leur infidélité. Toute la génération du désert y est restée, y compris Moïse, caché sur le mont Nébo [2] . La dépossession des nations païennes et les difficultés de l’installation des tribus en Canaan sont expliquées en Josué 2, 23 : Dieu avait donc laissé subsister ces nations sans leur enlever trop vite leur territoire, et il ne les avait pas livrées à la main de Josué.

« Quand le Seigneur ton Dieu te fera entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, il expulsera devant toi des nations nombreuses, le Hittite, le Guirgashite, l’Amorite, le Cananéen, le Perizzite, le Hivvite et le Jébuséen, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi. Le Seigneur ton Dieu te les livrera et tu les battras. Alors tu les voueras à l’anathème. Tu ne concluras pas d’alliance avec elles. Tu ne leur feras pas grâce. Tu ne contracteras pas de mariage avec elles, tu ne donneras pas ta fille à leur fils, tu ne prendras pas leur fille pour la donner à ton fils, car cela détournerait ton fils de me suivre ; ils serviraient d’autres dieux. La colère du Seigneur s’enflammerait contre vous, et il aurait vite fait de t’exterminer » (Deutéronome 7, 1-4).

La Bible hébraïque est sévère pour l’infidélité d’Israël et il serait dangereux de persister à trouver dans la Bible les justifications de la condition juive en diaspora comme permanence de la malédiction, comme il serait tout aussi problématique d’appliquer aux Palestiniens ce que l’on dit des peuples cananéens qui sont chassés de sa terre pour y faire place nette à Israël. L’image de la vigne pour parler d’Israël dans se terre est utilisée par Isaïe au chapitre 5. Le châtiment est arrêté plus loin. Le Seigneur déclare : « Jusqu’à ce que les villes soient ravagées, dépeuplées, les maisons, sans habitants, et la terre, désolée, ravagée, jusqu’à ce que le Seigneur en ait éloigné les habitants, et que se multiplient dans le pays les terres abandonnées. Et s’il en reste un dixième, à son tour, il sera détruit, comme le chêne et le térébinthe abattus dont il ne reste que la souche. – Cette souche est une semence sainte » (Isaïe 6, 11-13).

La réalisation et l’actualisation des Écritures juives et chrétiennes
L’histoire d’Israël, telle que nous la rapporte le récit biblique, peut commencer par être lue comme une longue décadence, par rapport au plan initial de Dieu pour son peuple. En effet, au temps des juges « chacun faisait ce qu’il voulait [3] ». C’est sur ce thème de la volonté propre des israélites qui contrarient la volonté de Dieu que l’on peut comprendre l’institution de la royauté, puis la construction même du Temple, parce que le Seigneur s’accommodait de la tente de la rencontre, comme il le fait dire à David. Cependant, le Seigneur en accédant aux demandes de son peuple permet l’institution de la royauté et du Temple, mais la royauté sera corrompue et le Temple sera souillé par des ajouts illicites et enfin le Royaume sera divisé entre Juda et Israël… La lignée de David, seule héritière des promesses faites aux fils de Jacob, finira, elle aussi, par mettre à son comble la colère de Dieu, comme en témoigne le corpus prophétique de la Bible. Mais la colère divine n’est jamais le dernier mot de Dieu. En ce qui concerne donc la fin du royaume de Juda, le Seigneur annonce la restauration future et définitive, qui peut, il est vrai, se comprendre comme une réalisation historique ou métahistorique. Au retour d’exil, l’époque du second temple ne restaure pas les conditions historiques de la royauté davidique. Après la destruction du second Temple, la dispersion des juifs et leur interdiction de résidence en Judée, le judaïsme s’accommode de la nouvelle situation. À partir de là, nous sortons de l’histoire biblique, normative pour la foi, pour entrer dans l’histoire mémorielle. Désormais, le judaïsme en train de se constituer, au premier siècle, distingue la Révélation de la tradition, si sainte soit-elle. Cela signifie que les vicissitudes et les réussites d’Israël, après la constitution du Talmud qui actualise la Loi écrite ne découlent pas de la Loi. Donc, ni la dispersion en diaspora ni la création de l’État d’Israël ne sont directement annoncées dans la Bible, ni enfin la supposée malédiction des juifs qui devrait retomber sur leurs têtes après la condamnation de Jésus à mort et la réalisation des promesses de l’Évangile.

Le lien entre judaïsme et la terre, le revirement catholique
Dans cette perspective que dire alors de l’établissement des juifs dans l’État d’Israël lu comme le retour du petit reste de l’Exil [4] ? En parlant du projet de Theodor Herzl, saint Pie X déclare à son intention : « Nous ne pouvons pas approuver votre mouvement. Nous ne pouvons empêcher les juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pouvons en aucun cas lui accorder notre soutien. Même si elle n’a pas toujours été sainte, la Terre de Jérusalem a été sanctifié par la vie de Jésus-Christ. En tant que chef de l’Église, je ne vous dis pas autre chose : les juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, aussi, nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif ». Ils ne sont reconnus que comme les damnés condamnés à errer et Benoit XV sera dans la même ligne quand il désapprouve formellement la perspective de la création du Foyer national juif [5] en 1921. Entre le déni de reconnaissance des juifs comme peuple en raison de leur non reconnaissance du Christ et la promotion de l’estime et de la reconnaissance mutuelle par l’Église catholique, il y a l’extermination des juifs par les nazis, la déclaration conjointe juifs et chrétiens de Seelisberg, et, pour l’Église catholique, la déclaration Nostra Aetate, qui ne dit rien sur le lien entre Israël et la Palestine mais qui marque une étape. Sur la question du lien entre Israël et la terre voici ce que disent les évêques de France en 1973 : « Il est actuellement plus que jamais difficile de porter un jugement théologique serein sur le mouvement du retour du peuple juif sur « sa » terre. En face de celui-ci, nous ne pouvons tout d’abord oublier en tant que chrétiens le don fait jadis par Dieu au peuple d’Israël d’une terre sur laquelle il est appelé à se réunir (diverses références bibliques) […] Les chrétiens doivent tenir compte de l’interprétation que donnent de leur rassemblement autour de Jérusalem les juifs qui, au nom de leur foi, le considèrent comme une bénédiction […] C‘est une question essentielle, devant laquelle se trouvent placés les chrétiens et les juifs, de savoir si le rassemblement des dispersés du peuple juif, qui s’est opéré sous la contrainte des persécutions et par le jeu des forces politiques, sera finalement ou non, malgré tant de drames, une voie de justice de Dieu pour le peuple juif et, en même temps que pour lui, pour tous les peuples de la terre. Comment les chrétiens resteraient-ils indifférents à ce qui se décide actuellement sur cette terre [6] ? » Si donc, pour la position catholique la promesse de la Terre pour les chrétiens est caduque – « notre cité est dans le ciel » – (Philippiens 3, 20), il ne s’ensuit pas que nous devions la considérer comme telle pour les juifs. Une question théologique non résolue se pose pour les chrétiens : la promesse de la terre et son actualité. Une autre question difficile est celle de la persistance de l’alliance de Dieu avec Israël, celle-ci est non révoquée par Dieu, ce qui induit deux voies de salut : par la grâce du Christ, d’une part, pour les païens et par la pratique des commandements pour les juifs ? La double voie de salut est tenable du point de vue juif, mais, pour les chrétiens, il reste que « ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Actes 4, 12).

Le lien entre le judaïsme et la terre, la position protestante
La position protestante est celle exprimée par la Fédération Protestante de France (FPF), dans la Déclaration fraternelle du Protestantisme au Judaïsme. du 4 décembre 2017. Elle ne représente donc pas tout le protestantisme, en particulier celui qui se reconnaît dans le sionisme chrétien pour qui le lien entre Terre sainte et État d’Israël va de soi. La Déclaration affirme donc : « La question de la reconnaissance de l’État d’Israël, qui est au cœur de bien des attentes, ajoute une dimension politique à l’attitude chrétienne à l’égard des juifs. Dans les faits, distinguer la dimension politique de la dimension théologique et religieuse n’est pas toujours évident, notamment depuis la guerre des six jours qui a divisé l’opinion protestante en France. Les Églises de la FPF sont traversées par ce débat qui s’ouvre sur un large spectre de positions. Les uns, voyant plutôt dans l’État d’Israël la réalisation d’une promesse biblique, lui accordent un soutien quasi inconditionnel. D’autres, se réclamant plutôt d’une éthique des droits de l’homme, sont sensibles à la cause du faible et de la victime en laquelle ils perçoivent les Palestiniens. Ils soutiennent ces derniers, percevant la violence du côté de l’État d’Israël. La FPF pour sa part affirme et reconnaît la légitimité de l’État d’Israël, et son rôle central pour le judaïsme. Elle le fait tout en reconnaissant également la légitimité d’un État palestinien [7] . » Pour tous les chrétiens la fondation de l’État d’Israël pose une question théologique et pas seulement politique.

La terre sainte en Islam  [8]
La notion de terre sainte en Islam est dynamique puisque le monde se partage entre Dar al Islam (Terre de la soumission) et Dar al harb (Terre de la guerre). La sacralité à proprement parler ne concerne que les mosquées dont l’accès est soumis à des règles de purification. Les non musulmans ne sont pas admis dans les villes de Médine et de la Mecque, mais en général dans le reste du monde, ils peuvent visiter les mosquées.

La Palestine après la fin de la deuxième guerre juive
La seconde guerre juive, en 135, entraîne la disparition de la Judée telle qu’elle pouvait s’administrer librement notamment quant à l’organisation du Temple, avec la levée de l’impôt dans tout l’empire et les pèlerinages. La destruction du Temple, le bannissement des juifs et le changement de nom de Jérusalem en Aelia Capitolina signifient désormais l’impossibilité pour eux d’y résider. Les romains changent délibérément les références aux noms Galilée, Judée et Samarie de l’ancienne géographie biblique, et restaurent un nom d’avant la présence juive : la Palestine le « pays des Philistins ». Au IVe siècle, la transformation sémantique se poursuit dans l’empire, le diocèse d’Orient est divisé en trois provinces, la Palestine première la Palestine seconde et « l’Arabie ». La prise d’Aelia par les Perses en 614 et l’enlèvement de la Croix vont permettre un éphémère retour des juifs jusqu’en 630, où Héraclius recouvre la ville et l’insigne relique de la Passion. La bataille de Yarmouk remportée en 634 par le calife Omar, ouvre la conquête arabe, de Damas en 635, et de Jérusalem en 638. Héraclius abandonnera bientôt la Syrie-Palestine à son sort ; il emporte le Croix à Constantinople. Sur place les chrétiens sont divisés entre « monophysites » qu’on trouve plutôt parmi les syriaques et les orthodoxes chalcédoniens, dont Sophrone de Jérusalem, fidèle à l’empire grec. Ce dernier, bien que de culture hellénistique, s’oppose au patriarche de Constantinople Sergius qui voulait transiger avec la foi orthodoxe en proposant la thèse christologique du monothélisme pour rallier les syriaques. Sophrone est isolé politiquement et doctrinalement. C’est dans ces conditions qu’il négocie la reddition pacifique de Jérusalem, ce que les historiens appellent le pacte d’Omar, les chrétiens sont soumis aux impôts, mais gardent leurs églises et le droit de culte. Les chrétiens syriaques sont encore mieux disposés envers les nouveaux maîtres qu’envers le pouvoir byzantin. Quelques familles juives peuvent revenir s’installer.

La Palestine après la conquête arabe
Le calife Omar va se trouver confronté à une déconvenue quand le Hedjaz (la barrière) à l’ouest de la péninsule arabique, et le berceau de l’Islam, vint à être occupé par l’usurpateur Ibn al Zuhayr. Ce dernier s’est autoproclamé Commandeur des croyants ; après la bataille de Kerbala (680) contre les chiites, il s’établit à La Mecque et Médine. La dynastie damascène va donc investir la Palestine comme 2e terre sainte après le Hedjaz. Il peut s’appuyer sur l’autorité du prophète Mahomet qui jusqu’à la deuxième année de l’Hégire s’est tourné vers Jérusalem pour prier ; Jérusalem est désignée comme Al Qods, la sainte. Les musulmans entreprennent de marquer la ville de leur empreinte religieuse. De 687 à 691, Abd al Malik fait édifier le Dôme du Rocher et Al Aqsa, la mosquée éloignée (celle du rêve nocturne de Mahomet selon le Coran). À partir de la dynastie abbasside qui réside à Bagdad on passe à la transformation des lieux saints avec notamment le calife « fou » al Akim, qui détruit le Saint-Sépulcre.

Légitimité des revendications fondées sur l’histoire et sur la Bible
Les descendants des indiens expulsés de Manhattan en 1626 pourraient-ils recouvrer la terre dont ils ont été spoliés ? Et les populations victimes du commerce de l’esclavage ou encore les arméniens massacrés en Anatolie ? En terre sainte comme sur toutes les autres terres il faut voir qui sont les premiers spoliateurs ? Les Ottomans n’ont cessé de rebattre les cartes ethniques dans leur empire. Bien sûr les fondements du droit international, posés à partir des XVIe et XVIIe siècles, pourrait laisser croire que l’instauration du droit suffit à empêcher le fait et la raison du plus fort. Aussi l’association Sabeel assure plaider pour la réparation d’une injustice en affirmant aussi que, de toute façon, le rapport de force israélo-palestinien finira par s’inverser, semblant légitimer par avance les violences. Le texte biblique lu comme Parole de Dieu peut être le miroir de la situation dans laquelle une ethnie ou une nation peut se trouver en s’appliquant à elle-même ce qui arrive à Israël. C’est la perspective des théologies chrétiennes de la libération. Si elles ont certainement une pertinence pour le soutien des communautés notamment celles qui se sentent opprimées, elles ne fondent pas le droit des nations. Mais il est vrai qu’une exception est faite pour l’État d’Israël, comme le montre le propos du général de Gaulle, lors d’une conférence de presse à l’Élysée, le 22 novembre 1967, où il reconnaissait « que les juifs avaient acquis un capital de sympathie surtout dans la chrétienté » pour leur projet de constitution d’un foyer national juif. Il qualifiait les juifs, fondant son jugement sans doute sur sa lecture de la Bible, de « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », qui créait des inquiétudes par sa volonté de s’établir et de s’agrandir sur « le site de son ancienne grandeur » et la réalisation de son souhait « l’an prochain à Jérusalem ». Ce qui est intéressant dans ce témoignage c’est la reconnaissance d’un droit positif garanti par le pacte des nations modernes, celui de l’Israël à « retourner » sur sa terre, justifié par la Bible.

Le mouvement sioniste
Le Congrès sioniste de Bâle de 1897, présidé par Theodor Herzl, aboutit à la décision de fonder pacifiquement des coloniesde peuplement en Palestine ottomane. Ce projet est combattu tant par les juifs religieux que par les réformés, c’est-à-dire les partisans de l’assimilation. Léon Pinsker (1821-1891), juif polonais fonde les Amants de Sion, qui deviendra le Fond National Juif pour l’achat de terres en Palestine ottomane. Il y a donc dans le contexte antisémite européen un double mouvement convergeant du sionisme et de ce qu’on appelle le sionisme chrétien dont une des conséquences est la déclaration de 1917 du ministre des Affaires étrangères, Arthur Balfour (1848-1930), qui va sceller la politique de soutien des puissances occidentales à la fondation du Foyer national juif. En 1916 les accords Sykes-Picot partagent entre l’Angleterre et la France l’empire ottoman en deux zones de contrôle et d’influence, la Palestine échoit à l’Angleterre. Le slogan sioniste « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » ne laissera pas sans réactions les arabes autochtones de Palestine ; en 1904 Neguib Azoury (1873-1916), fonctionnaire ottoman et de confession maronite, publiera : Le réveil de la nation arabe dans l’Asie turque, qui porte en germe le projet de ligue arabe, et qui s’élève contre « le péril juif ».

Le sionisme chrétien
Le sionisme chrétien se définit par rapport au mouvement sioniste. Il voit dans la création de l’État d’Israël le prodrome de la fin des temps et de l’avènement du Messie. Il se caractérise donc par une bienveillance non critique envers l’État d’Israël fondé en 1947. Un bon nombre de chrétiens évangéliques professeraient ce sionisme chrétien que d’autres interprètent comme une dérive. Il faut donc définir sur quoi repose cette doctrine du retour des juifs sur leur terre comme prémices du retour du Christ. À l’époque contemporaine, c’est le pasteur anglais William Henry Hechler (1845-1931) qui publie en 1884 La Restauration des juifs en Israël. Dans cet essai, il parle aussi du « retour » pour tous les juifs dispersés de par le monde. Il ne prône pas la conversion finale des juifs mais il voit dans ce retour les prémices de la parousie. Il est l’ami et l’inspirateur de Theodor Herzl (1860-1904), notamment quant à la question de la Palestine comme lieu pour le foyer national juif. William Blackstone (1841-1935) publie en 1891, le Mémorial de Blackstone qu’il adresse au président des États-Unis, Benjamin Harrison. Il plaide ans ce livre pour l‘établissement des juifs sur leur terre comme condition de leur conversion et de l’avènement du Messie. Il considère aussi que la réalisation de cet État contribuera à faire cesser les pogroms en Russie. Aujourd’hui cette position est assumé par le pasteur John Hagee, né en 1940 et auteur entre autres de petits fascicules comme l’Horloge prophétique de Dieu (God’s prophetic clock) qui offre un bon aperçu de ce que l’on appelle une lecture dispensionaliste de la Bible où Dieu dispose les événements historiques en vue de la réalisation de son dessein, ce qui ne serait que la définition de le providence divine, si on n’y ajoutait pas la connaissance certaine de ce dessein donnée aux fidèles par leur lecture de la Bible.

Le millénium
Texte riche, l’Apocalypse au chapitre 20,1-4 [9] pose des questions insolubles si on veut procéder à une périodisation rigoureuse. Le retour glorieux du Christ inaugure-t-il les mille ans ou vient-il au terme des mille ans ? Une lecture millénariste de l’Écriture consiste à projeter la séquence dans le futur en choisissant un scénario. Une lecture plus traditionnelle, celle du chapitre XX de La Cité de Dieu de Saint Augustin, interprète ce passage selon la séquence : résurrection du Christ, temps de l’Église et parousie. Les interprétations ne s’excluent pas entre elles. Dans l’une, ce qui nous est dit en figure est déjà arrivé avec la résurrection du Christ et la régénération des baptisés, dans l’autre, la réalisation est à venir mais dans une perspective eschatologique au-delà de l’histoire. Ce qui est plus délicat, c’est d’y lire la réalisation en train de se faire dans l’histoire ou dans un futur proche. Cette interprétation historicisante ne peut être totalement invalidée, eu égard aux indices historiques que porte le texte, ce qui en a rendu la réception tardive dans l’Église. Ce procédé se retrouve dans le livre de Daniel avec la méditation sur les grands empires qui se succèdent dans l’histoire, ‘le colosse au pied d’argile’. La question qu’il faut poser est celle du sens que veut en donner l’auteur, le sens littéral, qui empêche ou limite les spéculations. Les chrétiens millénaristes voient le triomphe politico-historique des juifs dans l’Évangile lui-même : « Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que le temps des nations soit accompli » (Luc 21, 24). Ce temps accompli, Jésus revient et supplante militairement les païens et inaugure le règne de mille ans. Il faut reconnaître que l’Apocalypse, lue en corrélation avec les signes des temps, peut donner quelques consolations spirituelles aux oubliés de l’histoire que sont les petits et les humbles de tout temps. Le grand inconvénient de cette lecture exclusive de tout autre point de vue, c’est qu’elle évacue la foi, qui, pour le croyant, repose quand même aussi sur l’ignorance « des temps et des moments que seul le Père connait ».

La conversion finale des juifs avant le retour du Christ
Les chrétiens évangéliques se partagent entre les pré-millénaristes qui affirment la venue du Christ dans la gloire avant le millénium, et les post-millénaristes pour qui la venue glorieuse commencera après le millénium ce qui signifie alors un temps de combat spirituel et donc une grande activité d’évangélisation. Quoiqu’il en soit, l’Apocalypse parle moins des juifs que des païens qui persécutent l’Église. Dans la vision de Jean sur l’Église de Philadelphie, on peut voir une allusion à une conversion, où plutôt une soumission des « faux juifs » à la Seigneurie de Jésus : « Voici : je te livrerai des gens de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, car ils mentent. Voici : je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que je t’ai aimé » (Apocalypse 3, 9). Ce texte n’aborde pas la problématique de la terre ; comme dans toute l’Apocalypse, la terre sainte descend d’auprès de Dieu et la qualité de juif est spirituelle et ne dépend pas de la naissance. Dans ce passage comme dans toute l’Écriture la conversion est l’action de Dieu sur les cœurs, ou comme ici Dieu qui confond les menteurs et les hypocrites ; ce n’est pas l’action des hommes. Pour la conversion finale des juifs il faut aller chercher ailleurs, précisément dans les chapitres 9 à 11 de l’Épitre aux Romains. Dans ces chapitres, Saint Paul nous fait sentir son tiraillement. Il n’est pas dans une démonstration théologique, là il fait des hypothèses, pour répondre à la question qui l’habite : comment se fait-il que si peu de juifs ont embrassé la nouvelle alliance en Jésus-Christ ? Après un long développement il conclut : « Je pose encore une question : ceux d’Israël ont-ils trébuché pour vraiment tomber ? Pas du tout ! Mais leur faute procure aux nations païennes le salut, pour qu’ils en deviennent jaloux. Or, si leur faute a été richesse pour le monde, si leur amoindrissement a été richesse pour les nations, combien plus le sera leur rassemblement ! » (Romains 11, 11-12). La compréhension de cette conversion dans les discours évangéliques n’implique pas qu’ils deviennent chrétiens, à la différence des prétentions des puritains du XVIe siècle ; il n’y a pas de conversion forcée, contrairement à certaines critiques de ce discours, le Christ ayant lui-même pris en main les destinées historiques du monde.

Conclusion
La persistance d’Israël aux yeux des chrétiens a varié entre deux positions, celle de la substitution du peuple chrétien au peuple juif, et celle d’un rétablissement d’Israël sur se terre promise. Dans le premier cas le peuple juif ne subsiste que comme peuple témoin, avertissement permanent donné aux chrétiens qui pervertiraient la foi en embrassant l’hérésie. En ce sens Israël est ce peuple perfide pour lequel il n’était pas nécessaire de se mettre à genou à la prière du Vendredi saint, puisque leur sort était scellé. La terre sainte n’était sainte que par le fait qu’elle était le lieu de de l’incarnation, de la vie et de la Passion du Christ, sans que l’attachement chrétien ne soit autre qu’affectif, affection suffisante pour susciter les croisades, mais sans fondement théologique. La perspective d’un rétablissement d’Israël sur sa terre promise s’est imposée en christianisme avec les puritains, eux-mêmes en quête d’une terre où ils pourraient se séparer du monde mauvais et hâter le retour du Christ.

Bibliographie
Alain MARCHADOUR, David NEUHAUS, La Terre, la Bible et l’histoire vers le pays que je ferai voir, Bayard, 2006.
Commission Pontificale Biblique, Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne, 2001.
Conférence internationale extraordinaire du Council of Christians and Jews, Du 30 juillet au 5 août 1947 à Seelisberg (Suisse).
Jean DUJARDIN, L’Église catholique et le peuple juif, un autre regard, Calmann-Lévy, 2003.
Déclaration fraternelle du Protestantisme au Judaïsme. Cette mémoire qui engage, FPF, 4 décembre 2017.
Jean-Pierre PREVOST, Pour lire l’Apocalypse, Novalis, Cerf, 1996. Une présentation équilibrée qui donne des clefs de lecture.
Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN, L’avenir d’Israël et de Jérusalem, selon les prophéties bibliques, éditions Compassion, 2003. Exemple de lecture millénariste où l’avenir est écrit dans le texte biblique.
Lionel IFRAH, Sion et Albion : Juifs et puritains attendent le Messie, Honoré Champion, 2006.

[1Deux autres occurrences sur le don et la descendance : « Séjourne dans ce pays ; je serai avec toi et je te bénirai, car, à toi et à ta descendance, je donnerai tous ces pays. Je tiendrai le serment que j’ai prêté à Abraham, ton père. Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et je lui donnerai tous ces pays ; c’est par ta descendance que se béniront toutes les nations de la terre » (Genèse 26, 3-4) ; « Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « "Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants" » (Genèse 28, 13).

[2« Moïse, mon serviteur, est mort ; maintenant, lève-toi, passe le Jourdain que voici, toi avec tout ce peuple, vers le pays que je donne aux fils d’Israël. Tous les lieux que foulera la plante de vos pieds, je vous les ai donnés, comme je l’ai dit à Moïse ; votre territoire s’étendra depuis le désert et le Liban que voici jusqu’au Grand fleuve, l’Euphrate, tout le pays des Hittites, jusqu’à la Méditerranée, au soleil couchant » (Josué 1, 1-4).

[3Par exemple Juges 21,25.

[4« Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai revenir ta descendance de l’orient ; de l’occident je te rassemblerai. Je dirai au nord : « Donne ! » et au midi : « Ne retiens pas ! Fais revenir mes fils du pays lointain, mes filles des extrémités de la terre, tous ceux qui se réclament de mon nom, ceux que j’ai créés, façonnés pour ma gloire, ceux que j’ai faits ! » (Isaïe 43 5-7).

[5Jean DUJARDIN, L’Église catholique et le peuple juif, un autre regard, Calmann-Lévy, 2003, pp. 224-225.

[6L’attitude des chrétiens à l’égard du judaïsme. Orientations pastorales du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme, publié par la conférence épiscopale française le 16 avril 1973.

[7Déclaration fraternelle du Protestantisme au Judaïsme., Cette mémoire qui engage, FPF, 4 décembre 2017.

[8Article du Monde de la Bible (Hors-série) automne 2008, Jean-Luc POUTHIER (directeur) s’entretient avec Henry LAURENS auteur de La question de Palestine, 3 volumes, 1997-2007), Fayard.

[9« Alors j’ai vu un ange qui descendait du ciel ; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne. Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans. Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui ; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps. Puis j’ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j’ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus, et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont pas prosternés devant la Bête et son image, et qui n’ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans. »

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