« J’étais malade et vous m’avez visité »

« Assister les malades » est une des œuvres de miséricorde corporelle mentionnées par le pape François à l’occasion de l’Année jubilaire. Comment la vivre ? Voici un exemple avec le groupe « Amitié malades » à St-Jean-Baptiste de Belleville (19e).

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Saint Vincent de Paul était attentif aux personnes malades. Ici, il est représenté dans un vitrail de la chapelle St-Vincent de Paul, rue de Sèvres (6e).
© Jean-Michel Touche

Chaque dimanche, la communauté paroissiale de St-Jean-Baptiste de Belleville (19e) se préoccupe de ses frères affaiblis. À la fin de la messe, le célébrant demande aux bénévoles du groupe « Amitié malades » de s’approcher de l’autel. Il les envoie en mission auprès des fidèles malades pour leur porter la communion et leur proposer de prier pour une intention particulière, par exemple pour les catéchumènes. Une belle façon d’entretenir un lien réciproque. Pour le P. Stéphane Esclef, curé de cette paroisse, « il ne faut pas déconnecter de la communauté les fidèles qui ne peuvent pas être physiquement présents à l’église », en leur apportant l’eucharistie, « le trésor le plus grand ». Agnès, visiteuse depuis décembre et atteinte elle-même d’un cancer, témoigne : « Lorsque j’étais dans un état de faiblesse extrême, l’eucharistie m’apportait une force et une paix. »

Répondre à l’appel de Jésus-Christ

Ce réseau de solidarité de proximité, « Amitié malades », est né il y a une quinzaine d’années. Son inspiration ? Une phrase de Jésus-Christ : « J’étais malade et vous m’avez visité. […] Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,36). Chaque semaine, une quinzaine de bénévoles vont à la rencontre des malades du quartier. Ils poussent la porte d’appartements, d’une clinique et de deux résidences pour personnes âgées, et suivent le rituel (avec temps de prière, chant et lecture d’un passage biblique) avant de donner la communion, afin que ce moment soit vécu profondément.

Faire des rencontres en vérité

Outre la communion, les visiteurs apportent une présence et une écoute. « Parfois, les personnes visitées nous confient plus leurs souffrances qu’à leurs proches, par peur de leur faire de la peine », commente Agnès. Dans l’intimité des chambres, des liens forts se tissent parfois, comme le raconte Aline Bourgninaud, responsable de ce groupe : « Ces rencontres m’apportent énormément. Les personnes malades sont souvent en vérité avec elles-mêmes. Bien souvent, la maladie libère des artifices et amène ou conduit à l’essentiel. » Même écho chez Agnès : « La faiblesse met tout à nu, ce qui peut permettre au Seigneur de faire son œuvre. » À St-Jean-Baptiste de Belleville, ceux qui ne sont pas nécessairement catholiques pratiquants ne sont pas oubliés. Ainsi, il existe un autre groupe, appelé « Relais amitié », qui rend visite à tous les habitants du quartier affaiblis et qui veulent rompre leur solitude. • Céline Marcon

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