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Jérôme Lejeune : la belle histoire d’un chercheur chrétien

Il y a vingt ans s’éteignait un « père de la génétique » : le Professeur Jérôme Lejeune. À l’heure où la Fondation éponyme commémore son œuvre [1], retour sur la vie de ce scientifique hors pair à la foi inébranlable.

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Le Professeur Jérôme Lejeune, en 1958, examine le caryotype de l’un de ses patients.
© Fondation Jérôme Lejeune

« Il sera médecin. Médecin rural, dévoué aux humbles, aux pauvres, à ceux qui souffrent [2] » : même s’il n’exercera pas en campagne, le désir qui naît dans le cœur de Jérôme Lejeune dès son enfance à Montrouge l’habitera toute sa vie. En 1951, il accepte de s’occuper de ceux que l’on nomme alors les « mongoliens », y voyant l’occasion « d’apporter un espoir Et un réconfort à des millions de familles ». Le jeune homme se prend d’affection pour ses « petits patients » et décide de trouver le moyen de les guérir. « Médecin par vocation, il se fait chercheur par amour pour eux », raconte Aude Dugast, postulatrice pour la cause de canonisation du Professeur (voir encadré). De l’hôpital Saint- Louis (10e) à Necker (6e), en passant par celui de Trousseau (12e), il se dépense sans compter pour ses malades [3]. En 1958, avec le Pr. Turpin et le Dr. Marthe Gautier, il met en évidence le troisième chromosome 21 et obtient immédiatement une renommée internationale pour le rôle primordial qu’il joue dans cette découverte.

Défenseur héroïque

Mais, quelques années plus tard, alors qu’il dénonce les dérives eugénistes de sa découverte, la communauté scientifique se détourne de lui. « Lejeune savait qu’il risquait de tout perdre en défendant ses patients : sa réputation, l’amitié de ses confrères, ses soutiens financiers », précise la postulatrice. Sa force et sa liberté, le Professeur Lejeune les puise dans une profonde unité intérieure. Pour lui, la Vérité (révélée par la foi) et le vérifiable (la science) ne s’opposent pas : être chercheur et chrétien sont des réalités qui s’enrichissent mutuellement. Sa personnalité scientifique « se fond avec sa figure de laïc chrétien exemplaire », rappelle le cardinal Fiorenzo Angelini, président émérite du Conseil pontifical pour la santé [4]. C’est un homme paisible et qui prête attention aux idées de ceux qui le contredisent. Chez lui, époux et père très aimant, d’une grande disponibilité pour sa femme et ses enfants, il mène une vie humble et rythmée par la prière familiale quotidienne. Amoureux de la création, il admire aussi dans les hommes la beauté de Dieu. « Le regard qu’il porte sur ses patients, empreint d’un respect infini, bouleverse les parents, explique Aude Dugast. Les soigner est pour lui une façon de panser les plaies du Christ. » Une manière de vivre pleinement une phrase qu’il fait sienne : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mat 25, 40) • Agnès de Gélis

Béatification, où en est-on ?

Ouvert en juin 2007, le procès de béatification de Jérôme Lejeune a obtenu son décret de validité juridique en février : toutes les pièces nécessaires à l’instruction du dossier sont réunies. Prochain objectif, rédiger la Positio – l’analyse des 30 000 pages de l’enquête – avant de la soumettre au jugement des cardinaux et des théologiens de la Congrégation pour les causes des saints à Rome. • A.G.
Pour en savoir plus sur la cause : www.amislejeune.org

Prier pour la Vie

Cette année, la veillée de prière pour la vie aura lieu le lundi 5 mai, à Paris, avec les diocèses d’Île de-France. Elle débutera dans plusieurs églises proches de la cathédrale où les fidèles se réuniront par diocèse pour écouter l’enseignement de leur évêque. Les Parisiens sont attendus à St-Étienne du Mont (5e) ou à St-Jacques du Haut-Pas (5e), à 20h. Après une marche méditative, la prière se poursuivra dans la cathédrale avec tous les participants, de 21h à 22h.
- En savoir plus et lire les compte-rendus en images des précédentes veillées.

[1Réécoutez la conférence du 8 avril au Collège des Bernardins : www.fondationlejeune.org

[2Extrait de la biographie d’Anne Bernet.

[3Il en suivra neuf mille, venus du monde entier.

[4Discours à l’Académie pontificale pour la vie, le 19 février 2004.

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