Journée mondiale des pauvres : « Leur donner la première place »

Du 16 au 18 novembre, le diocèse de Paris a organisé une série d’événements autour de la Journée mondiale des pauvres, instituée par le pape François en 2017. Ce long week-end s’est conclu par une grande messe suivie d’un repas dans l’église St-Eustache.

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Journée mondiale des pauvres : repas dans l’église Saint-Eustache
© Anne-Louise Sautreuil

L’église St-Eustache (1er) est comble, lorsque peu après 11h, Justin et Manuella, tous deux en situation de précarité, s’approchent timidement de l’autel pour lire la prière universelle qu’ils ont écrite. « Seigneur, aide-nous à faire valoir nos droits, poser nos bagages, recevoir notre famille dans un endroit digne, à nous soigner correctement », lancent-ils. D’autres personnes en difficulté, comme Gérard, un SDF de la paroisse, se succèdent près de l’autel, auprès de Mgr Michel Aupetit – qui préside la messe – pour servir ou encore lire un texte.

Cette célébration est le point d’orgue des Journées mondiales des pauvres organisées par le diocèse de Paris, avec des associations comme l’APA (Association pour l’amitié), Aux Captifs, la libération, la Conférence St-Vincent de Paul ou encore le Secours catholique. « Il y a déjà eu une veillée de prière vendredi, détaille Armelle Hérouard, du vicariat à la Solidarité. Puis, des événements plus locaux dans les paroisses samedi – une pièce de théâtre, un gospel, ou encore un forum. » Et alors que les Chanteurs de St Eustache concluent la messe sur Ensemble, nous formons l’église, quelque 120 bénévoles, vêtus de gilets verts soulèvent tables et chaises, dressent le couvert et fleurissent les nappes. Pour Marie-Annick, 49 ans, c’est une première : « Je suis venue avec mon chef, je n’avais jamais fait de bénévolat, mais j’en referai ! De même, je ne venais plus à l’église depuis longtemps mais la messe de ce matin m’a touchée, c’est important d’y aller, je vais arrêter de me trouver des excuses ! »

En quelques minutes, la nef prend des airs d’immense réfectoire. Près de 600 personnes, beaucoup sans domicile ou en situation de fragilité, prennent place, librement, sans plan de table ni inscription, sous le regard de Mgr Aupetit. « C’est tous les jours que l’Église accompagne les pauvres et les malades, confie-t-il, juste avant de bénir le repas. Mais cette journée permet à chacun de prendre conscience de l’importance de cette solidarité et de la place qu’occupent les plus démunis pour le Seigneur : la première. » À une table, Micheline, 71 ans, qui dort dans un box d’immeuble dans le 15e arrondissement, vient de retrouver Alain, 55 ans, une connaissance croisée de paroisse en paroisse. « Avec des journées comme ça, on se dit que – même si on pourrait faire encore plus pour nous – l’Église ne nous oublie pas. » Non loin de là, Konstantinos, la soixantaine, chapeau noir et rose à la boutonnière, entame son chili con carne. « Je suis philosophiquement athée, affirme-t-il, mais notez que pendant toutes ces années de rue, l’Église de Paris s’est occupée de moi. Je suis vraiment reconnaissant ! » Et alors que de jeunes scouts, également en gilets verts, offrent du café chaud à un ancien légionnaire et à une famille syrienne, un groupe de jazz manouche s’installe dans le chœur. « Je suis une mélomane, s’enthousiasme Micheline ! C’est important qu’il y ait des événements culturels ! » Et Armelle Hérouard de conclure : « Bien sûr, la vie est difficile, mais qu’il y ait de la joie, ça compte. » Place à la musique !


Anne-Louise Sautreuil

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