L’ascèse du dialogue

Bilan des célébrations de la semaine de prière pour l’unité, Deux colloques universitaires, Billy Graham

Bilan des célébrations de la semaine de prière pour l’unité
-  La semaine de prière pour l’unité des chrétiens est déjà loin dans l’agenda des activités œcuméniques. Les trains qui arrivent à l’heure ne constituent pas une nouvelle, mais nous pouvons tout de même nous réjouir de tous ces chrétiens qui ont priés pour l’unité car « Ma parole, qui sort de ma bouche, elle ne retourne pas vers moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins » (Isaïe 55, 11), dit le Seigneur.

Deux colloques universitaires
-  Au mois de mars, ont lieu deux colloques universitaires : - celui de l’ISEO, à l’Institut Catholique de Paris, du mardi 13 au jeudi 15 mars, intitulé « Nouveaux territoires de l’œcuménisme : déplacements depuis 50 ans et appels pour l’avenir ». Le programme veut explorer ce qui freine ou ce qui favorise la dynamique œcuménique, les manières de vivre les dissensus (différents) et celle de trouver de nouveaux consensus (accords).
- au Collège des Bernardins le samedi 17 mars, de 9h30 à 19h30 (inscriptions en ligne sur le sitewww.collegedesbernardins.fr, se tiendra un colloque sur le concile d’union de Florence de 1439. Le paradoxe de ce concile est qu’il accumule tous les critères d’œcuménicité : présence du pape, du patriarche de Constantinople, de l’empereur d’Orient, d’un grand nombre d’évêques latins et orientaux ; il met au point une véritable procédure de participation pour un authentique débat, arrive à un consensus avec la publication de la bulle Laetentur Caeli ; et pourtant, il se trouve oublié de l’histoire du coté catholique et vu comme un repoussoir du coté orthodoxe. La diversité confessionnelle des intervenants de ce colloque lui donne tout son enjeu œcuménique : peut-on élaborer une histoire commune ? Sur le plan académique, les choses sont depuis longtemps préparées, mais il faut aussi préparer ce qui peut faire mémoire pour tous les fidèles. L’historiographie du concile de Florence souligne le fait que le pape veut l’union pour mieux asseoir sa primauté face au mouvement conciliaire, comme le furent les études orientales du XIXe siècle. La recherche scientifique sert aussi la cause de l’union, mais selon l’idée que l’on se fait de la possible réalisation de cette union. Un important travail dont nous sommes toujours tributaires fut réalisé par les jésuites et les assomptionnistes dans les années trente en vue de la commémoration du cinquième centenaire du concile de Florence ; ces travaux contribuaient alors à l’entreprise de rallier l’Église grecque à l’Église romaine, avant que ces travaux soient réorientés dans une perspective plus œcuménique après le concile Vatican II. Le dialogue œcuménique et la recherche scientifique n’échappent jamais complétement au risque d’instrumentalisation, même pour une juste cause. Prier ensemble, travailler ensemble, nous mettre ensemble en quête de la vérité, celle de l’histoire et celle de ce que nous sommes, sont les fondements de cette recherche commune de notre union en Christ.

Billy Graham
Le pasteur Billy Graham est mort et il convient de saluer celui que les Français ont découvert à Bercy en 1986 avec curiosité. Ce pasteur évangélique, issu de la Convention (américaine) des baptistes du Sud, fut remarquable par son engagement œcuménique, ses missions s’appuyaient sur l’ensemble des forces protestantes locales mais pas dans un esprit de prosélytisme. Le fond de son message c’est la conversion au Christ, il s’agit pour chacun « d’accepter Jésus-Christ comme son Sauveur ». Il est un des initiateurs du Mouvement de Lausanne (1974), visant à fédérer au plan mondial les initiatives évangéliques, mais sans agressivité envers d’autres Églises. C’est donc un frère en Christ qui nous a quittés.
P. Jérôme Bascoul

Éditorial

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