L’édito de la quinzaine

LE VENT SOUFFLE OÙ IL VEUT...

Aujourd’hui, lorsque l’on dit de quelqu’un qu’il brasse de l’air, on veut dire qu’il ne fait pas grand-chose !

Pourtant, le récit de l’évènement de la Pentecôte, qui a bousculé les apôtres, au point de les faire sortir d’eux-mêmes, décrit l’Esprit Saint comme un violent coup de vent.

Dans l’Ancien, le Premier Testament, le prophète Élie qui s’était réfugié dans une grotte, a ressenti la « présence » de Dieu dans le souffle d’une brise légère et non dans les grandes manifestations !

Paradoxe des mots et du sens que nous leur donnons. Paradoxe aussi de l’Esprit de Dieu qui ne se laisse pas enfermer dans les mots. Feu, vent, source, colombe, visible, invisible, l’Esprit-Saint est « multiforme », afin qu’on ne puisse le prendre, ni l’enfermer dans une définition.

À la Pentecôte, ce vent est un ouragan qui survient comme un feu, insaisissable. Il est le mystère de l’amour plus fort que la mort, plus fort que la peur.

À la Pentecôte, ce vent est une force clairement visible par ses effets, mais réellement invisible. Dieu se fait souffle, brise, secousse ; à la fois, rassurant et bousculant.

L’Esprit de Pentecôte est un vent fort, telle une audace incroyable, qui pousse au loin les craintes, celles surtout qui empêchent d’aimer ou de s’engager en osant la rencontre…

L’Esprit n’aime pas les sécurités, ni les assurances tous risques. Il aime ébranler les cuirasses de certitudes, et les manteaux d’orgueil qui font renoncer au pardon nécessaire.

L’Esprit est audace. Il expose parfois au danger de n’être pas compris. C’est lui qui poussa Pierre à parler et tous ceux qui l’entendaient le croyaient ivre !

L’Esprit est le risque que Dieu prend de nous faire confiance. Il est l’audace de Dieu qui ose nous confier l’Évangile, afin que nous en vivions et le disions à d’autres, en acte et en vérité !

Par nous, à travers nous, partout où l’on étouffe l’Amour, le Souffle de Dieu tente de redonner vie. Il suffit pour cela d’écouter à l’intime de nous-mêmes une langue aux mots brûlants. Ce n’est pas une langue morte, elle nous vient des prophètes et du Christ.

P.Frédéric LANTHONIE.

Jésus qui m’a brûlé le cœur au carrefour des Écritures,
Ne permets pas que leurs blessures en moi se ferment.
Tourne mes sens à l’intérieur, force mes pas à l’aventure,
Pour que le feu de ton bonheur à d’autres prenne !
Hymne liturgique du temps pascal

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse