L’édito de la quinzaine

Que faisons-nous de l’Appel qui nous est fait par l’intermédiaire du Pape François ?

« Il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. …/… Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du Peuple de Dieu. »
La Lettre du Pape François au Peuple de Dieu, dont ce petit paragraphe est tiré, a été écrite le 20 août 2018, suite aux scandales qui se révélaient alors dans l’Église.

Comme baptisés, de quelle « transformation ecclésiale » pouvons-nous rendre témoignage un an après ? N’y a t’il plus de questionnements quant à la nécessité d’une « conversion de notre agir ecclésial » ? Ou avons-nous juste baissé la tête le temps que la ‘’tempête’’ passe, puis nous sommes revenus à nos habitudes ecclésiales comme si rien ne s’était passé ?

Si nous regardons la vie de Jésus dans sa dimension prophétique, alors son choix d’être laïc dans l’institution ecclésiale qui était la sienne, était en soi une Parole ! Dieu fait homme n’était ni pharisien, ni scribe, ni prêtre, ni grand prêtre, il n’avait pas de fonction liturgique dans le Temple : c’était un simple laïc. Comment nous laissons-nous saisir aujourd’hui par cette Parole ? Que dit-elle de chacun de nous, de nous tous comme Église (du grec ‘’ekklesia’’= assemblée, d’où vient le mot ‘’ecclésial’’) ?

Dans l’évangile d’aujourd’hui, la destruction du Temple qu’annonce Jésus, alors même que certains disciples en font l’éloge, fait certainement écho à ce qu’il affirme à la femme samaritaine : « Crois-moi, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous vous prosternerez vers le Père… Mais l’heure vient et c’est maintenant où les véritables adorateurs se prosterneront vers le Père en esprit et en vérité. Et le Père cherche de tels adorateurs. Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent se prosterner en esprit et en vérité. » (Jn 4,21.23-24)

Comment nous laisser interpeller aujourd’hui par de telles paroles ? Si nous avons besoin de lieux pour nous rassembler, de quelles manières avons-nous pu en même temps en faire de nouveaux ‘’Temples’’ ? La destruction du Temple de Jérusalem ne peut se réduire à la seule destruction du bâtiment : c’est toute une expression de foi publique, avec ses rites, ses prêtres, son organisation, etc…, qui disparaît. À quelles conversions ecclésiales ces paroles peuvent-elles nous ouvrir ? À quelle liberté nouvelle nous invitent-t-elles ?

Viens Esprit de Dieu, viens Esprit Saint, viens purifier nos cœurs, viens détruire les ‘temples’ que nous nous sommes construits dans notre manière de nous prosterner vers le Père. Apprends-nous à l’adorer en esprit et en vérité.

Gilles Hétier, prêtre.

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