L’édito de la quinzaine

L’évangile de ce dimanche, dit ‘’du jeune homme riche’’, nous met face à la radicale gratuité du Salut qui trouve sa source dans l’Amour inconditionnel de Dieu pour nous, Amour manifesté en et par Jésus : c’est la Bonne Nouvelle !

Nous le chantons, nous le proclamons, nous le confessons, nous nous en réjouissons.

Cependant, cette radicale gratuité du Salut ne nous est pas si familière que cela : force est de constater qu’elle n’est pas pour nous si simple à accueillir. La réaction de cet homme qui accourut vers Jésus nous le montre tout autant que la réaction des apôtres : ils étaient stupéfaits (littéralement : effrayés) des paroles de Jésus et consternés (littéralement : excessivement impressionnés) parce qu’ils se demandaient qui pouvaient alors être sauvé.

Ce n’est que sous le regard de Jésus, le regard aimant de Jésus que cette radicale gratuité du Salut n’est pas effrayante, car elle appelle à une capitulation de tout ce qui en nous, par protection, par défense, voudrait être fort, méritant, ayant droit, ou voudrait contrôler, mesurer comme nous l’avons vu dans les lectures de ces deux dimanches précédents où Jésus rétorquait aux apôtres : ne les empêchez pas !

L’offre radicale de la grâce de Dieu, l’offre immédiate de la communion avec Dieu, dès lors où l’on se tourne vers lui dans un dépouillement de soi, pour le regarder Lui, est la Bonne Nouvelle. Mais elle peut devenir insupportable, si, au nom de la sainteté divine, nous défendons un modèle de piété humain qui subordonne toute possibilité de communion avec Dieu à un souci humain de perfection : « La quête du pôle de la communion se trouve dès lors conditionnées par une surenchère dans le registre des œuvres, ou, pour le dire autrement, dans ‘’l’économie du faire’’ », qui peut conduire certains à se persuader qu’ils ont davantage droit à la communion avec Dieu que d’autres, voir même que ces autres en sont exclus. L’exclusion appartient au diabolique (le Diviseur) alors que le divin réconcilie, met en communion, rend ‘un’.

Le dépouillement de tout ce sur quoi nous prenons un faux appui, et l’accueil de l’offre radicalement gratuite de la grâce de Dieu qui est la manifestation de son Amour en nous, permet d’entrer dans une richesse et une fécondité d’un autre ordre, qui est celle de Celui qui de riche s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa richesse. Cette richesse est celle de la communion fraternelle.

P.Gilles Hétier.

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