L’édito de la quinzaine

« Un peu de cinéma… »

Si vous avez un peu de temps et que votre goût pour le cinéma vous y pousse, je vous invite à profiter de ces prochaines semaines ou même des vacances de février pour aller voir le film « Une vie cachée » de Terrence Malick. Il raconte l’histoire de Franz Jäggerstätter, paysan autrichien, qui refusa à plusieurs reprises, au nom de sa foi, de s’engager dans l’armée et prêter serment à Hitler. Il fut pour cela condamné à mort et exécuté en août 1943 dans la prison militaire de Berlin-Tegel. Voici les dernières lignes qu’il écrit avant de mourir :

« Même si j’écris avec les mains enchaînées, cela vaut mieux que d’avoir ma volonté enchaînée. Parfois, Dieu se manifeste en donnant sa force à ceux qui l’aiment et ne placent pas les choses terrestres au-dessus de réalités éternelles. Ni le cachot, ni les chaînes, ni même la mort ne peuvent séparer quelqu’un de l’amour de Dieu, lui ravir sa foi et sa volonté libre. La puissance de Dieu est invincible. »

Le film nous présente l’héroïsme édifiant d’un homme qui a choisi de suivre la voix de sa conscience non comme un fanatique obstiné mais avec une liberté proprement inspirée par Dieu. Voici un autre passage de ses notes intimes qui témoigne de son discernement pondéré :

« On cherche toujours à fléchir ma résolution par le fait que je suis marié et ai des enfants. Mais le fait d’avoir femme et enfants change-t-il une action mauvaise en une action bonne ? Ou bien une action devient-elle bonne ou mauvaise simplement parce que des milliers de catholiques la font ? À quoi sert-il de demander à Dieu les sept dons du Saint-Esprit, s’il faut de toute façon pratiquer l’obéissance aveugle ? À quoi sert-il à l’homme d’avoir reçu de Dieu intelligence et volonté libre, si, comme on le prétend, ce n’est pas à lui de discerner si cette guerre que l’Allemagne mène est juste ou injuste ? »

Outre le sujet édifiant, Il me semble que le réalisateur ne tombe pas dans le travers des hagiographies faciles où le saint est représenté sous des traits éloignés de notre condition humaine. Au contraire, le grand art de Malick est d’avoir su rendre l’épaisseur charnelle de cet homme, de sa famille et de son chemin de croix sans les sensibleries exacerbées du cinéma bas de gamme.

Certains peut-être s’effraieront de la longueur du film,… c’est sûr, ce n’est pas un James Bond, mais ne faut-il pas parfois au cinéma prendre le temps de contempler de vraies œuvres d’art ?

Père Pierre-Alain d’Arthuys

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