L’édito de la quinzaine

LA PAROLE EST PRÈS DE TOI.

Vous souvenez-vous de la première tentation de la Bible, au jardin d’Eden ? Le serpent s’approche de la femme (où était l’homme ? Il dormait ?) en utilisant la parole de Dieu : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? ». (Gn 3,1) La ruse du serpent est grossière car Dieu avait dit tout le contraire : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Gn 2,16) Dans sa hâte à vouloir corriger l’erreur, la femme reprend à son compte la parole que Dieu leur avait adressée : « Nous pouvons manger des fruits des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. » (Gn 3,3)

Cela semble une bonne réponse, et pourtant, au moins trois erreurs ont été commises par la femme. D’abord, elle a restreint le don de Dieu : ce dernier n’avait pas parlé « des fruits des arbres du jardin », mais de « tous les arbres du jardin. » Ensuite, elle a ajouté un interdit : Dieu n’a jamais dit de ne pas toucher à l’arbre de la connaissance mais seulement de ne pas en manger. Enfin, elle se trompe d’arbre : celui qui est au milieu du jardin, l’arbre le plus important, ce n’est pas l’arbre de la connaissance mais l’arbre de la vie. Sa réponse montre que la Parole de Dieu ne l’habitait pas profondément. Le serpent l’a perçu et il a trouvé la faille pour distiller son venin.

Les choses sont différentes avec Jésus. Pourtant, tout commence de la même manière : le serpent vient et il profite de la faiblesse de Jésus qui n’avait rien mangé depuis quarante jours pour chercher une brèche. Mais en Jésus, la Parole est profondément ancrée, « elle est près de lui, dans sa bouche et dans son cœur. » (Deuxième lecture) À chaque tentation, Jésus répond par une parole de l’Écriture, sans se tromper. Et quand le diable utilise lui-même des extraits de l’Écriture, Jésus répond par un autre extrait qui donne sens à tout le reste. Si le diable n’a pas eu de prise sur Jésus, s’il a épuisé toutes les formes de tentation en vain, c’est bien parce que Jésus était « rempli de l’Esprit-Saint » (Évangile) et habité par la Parole de Dieu.

Au début de ce Carême, deux armes nous sont données pour avancer et « déjouer les pièges du tentateur » (préface de la Prière eucharistique). D’abord, prier quotidiennement l’Esprit-Saint pour que la vie de Dieu grandisse en nous et que jamais nous ne soyons séparés de lui. Ensuite, nourrir quotidiennement notre âme, de la Parole de Dieu, car « l’homme ne vit pas seulement de pain ». (Évangile) Peut-être pourrions-nous ré-entendre cette exhortation que le Pape François lançait à la jeunesse durant les JMJ comme un appel pour notre propre chemin de Carême : « Celui qui dit que Dieu ne lui parle pas alors qu’il garde sa Bible fermée est comme quelqu’un qui se plaint de ne pas recevoir de messages alors que son téléphone est éteint ».

P.Cédric Anastase.

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