L’édito de la quinzaine

IL EST LÀ ! IL EST VRAIMENT LÀ !

L’histoire se passe au IIIème siècle après Jésus-Christ à Rome, sous le règne de l’Empereur Caracalla. Les chrétiens sont persécutés, sommés de renier leur foi au Dieu vivant et d’adorer les dieux romains. Les pressions et les emprisonnements se multiplient. Certains renoncent à leur foi, beaucoup choisissent le martyre et sont jetés aux lions. Un prêtre comprend bien qu’il faut soutenir le courage des frères emprisonnés. Aussi décide-t-il de leur porter la communion. Mais comment faire ? Personne n’est autorisé à entrer en contact avec les prisonniers. Il faut y aller en cachette. Il a bien repéré un accès à la prison, mais seul un enfant aurait le gabarit pour s’y faufiler. La mission est périlleuse ; qui se sentirait de l’accomplir ?

Le jeune Tarcisius, âgé de 12 à 15 ans, se propose. Nous ne savons pas grand chose de lui, si ce n’est qu’il est romain de naissance et chrétien secrètement converti. Après avoir célébré l’eucharistie, le prêtre lui confie donc quelques hosties consacrées dans une petite boîte appelée « custode », « protecteur » en latin. Tarcisius s’empresse de la placer contre son cœur et de la serrer très fort : il ira directement à la prison sans traîner.

Sur le chemin, il rencontre des camarades, romains et non-chrétiens. Ces derniers s’étonnent de le voir dans une posture qui laisse à penser qu’il cache quelque chose :
« Tarcisius, montre-nous ce que tu caches sous tes bras !
- Non, désolé, répond le garçon, je ne peux pas. »
Avait-il peur d’être démasqué comme chrétien et dénoncé aux autorités ? Peut-être, mais il est clair que, pour le jeune garçon, la priorité était de protéger Jésus : « Je ne veux pas que mon Seigneur tombe entre les mains de ces garçons » devait-il se dire. Alors que les garçons insistent pour voir l’objet de leur curiosité, Tarcisius, serrant plus fort encore Jésus contre son cœur, lui adresse une prière : « Seigneur, aide-moi à Te protéger. Ne permets pas qu’ils te fassent du mal. » De plus en plus violents, les garçons le jettent par terre, le rouent de coups, et lui, courageusement, protège Jésus contre son cœur : « Aide-moi à Te protéger, Seigneur ! » Finalement, une pierre lancée en pleine tête mettra fin à ce déchaînement de violence. Tarcisus meurt, les bras croisés contre son cœur, croisés contre son Seigneur. Les voyous auront beau tenter de lui décroiser les bras, rien à faire, même après sa mort, Tarcisius continuera de protéger Jésus... Quelques instants plus tard, le prêtre, trouvant le jeune martyre le long de la Voie Appienne, dans cette position surprenante, dépliant délicatement ses bras, pourra consommer les hosties consacrées qui avaient reposé sur le cœur de Tarcisius.

Tarcisius n’a certainement pas donné sa vie pour un simple bout de pain. Donné comme exemple à tous les servants de messe du monde, pour son amour de Jésus dans l’Eucharistie, il croyait fermement en la présence réelle de Jésus dans le pain eucharistique. « Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au Corps du Christ ? » interroge saint Paul. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » promet Jésus lui-même. En cette solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, alors que 10 jeunes de l’aumônerie vont s’approcher pour la première fois de la table eucharistique et que 17 autres vont recevoir les dons de l’Esprit-Saint dans le sacrement de la Confirmation, il nous est proposé d’entrer plus en avant dans cet inouï mystère. Celui qui nous nourrit dans l’Eucharistie pour demeurer en nous, Celui qui nous entraîne dans le souffle de son Esprit-Saint attend de nous une réponse. Et comment répondre à cette vie donnée, si ce n’est par une vie donnée ?

Père Cédric ANASTASE.

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