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L’édito de Mgr de Sinety du 9 mai 2019

« Ce qui reste stupéfiant c’est notre capacité collective à nous laisser hypnotiser par les faux signaux, jusqu’à nous endormir, nous empêchant ainsi de reconnaitre les vrais dangers et d’oser les affronter. » À écouter cette semaine : « Le monde n’est pas un éternel recommencement ! ». Mgr Benoist de Sinety, vicaire général, donne son regard sur l’actualité au micro de RCF.

Ce qui est drôle, c’est que cette complainte on l’entend depuis qu’on est né, et avant nous sans doute nos parents, grands-parents et finalement depuis que des hommes peuvent mesurer leurs souvenirs.

" Il n’y a plus de saisons !" : l’autre jour il neigeait. Le commentateur bien assis dans son studio de radio ouvre donc son flash d’info en disant : "incroyable, nous sommes au mois de mai et il a neigé hier sur les Alpes...". Nous tous, dans nos salles de bains, dans nos métros ou nos voitures nous nous disons comme en écho "c’est vrai c’est dingue, il a neigé hier... et on est en plein mois de mai ! Ahlala ma bonne dame, etc...".

Alors on entend en direct de la "zone de neige" un reporter qui tend son micro aux indigènes. Et les réponses tombent, sidérantes : "ben oui ça arrive qu’il neige en mai. Par exemple l’année dernière, je me souviens..." Je manque de me couper avec mon rasoir : ainsi ce n’est pas la première fois qu’il neige en mai... et on nous avait caché ça !

C’est comme les coups de vent qui viennent de l’Atlantique : on nous annonce toujours des records de 100, 110, voire 130 km/h. Et chacun de rester chez soi en essayant de visualiser ce que cela peut représenter : est-ce une tornade, un tsunami ?
Ce qui est certain c’est que dans le même temps, on oublie que des milliers d’espèces sont en train de disparaitre mais ça, ça ne fait pas de bruit. Un animal qui meurt, une race qui s’éteint, ça ne se passe pas dans la fureur des vents ou dans le spectaculaire d’une chute de neige…

Ce qui était immuable n’existe plus et nous mettons du temps à nous en apercevoir. Si bien que les cris d’alarme ne suffisent plus, d’autant qu’apparemment rien ne s’en trouve modifié. Et puis c’est bien connu, toutes ces déclarations officielles, il faut s’en méfier parce que n’est-ce pas "ma bonne dame, y a plus de saison et tous ceux qui causent avec des micros, c’est des menteurs !" D’ailleurs c’est bien ce que nous écrivent sur leurs blogs des gens dont on ne sait rien sauf qu’on leur fait confiance parce qu’ils disent qu’à part eux "tous les autres sont des imposteurs et des manipulateurs."

Et tant pis si ceux-là sont justement parés de toutes les connaissances et semblent jouir d’une réelle légitimité ! Il a fallu, il y a quelques jours, que des milliers d’activistes envahissent le Musée d’histoire naturelle de Londres pour que le parlement britannique déclare l’état d’urgence climatique et environnemental. Mais cette déclaration n’a aucune valeur contraignante : c’est le seul état d’urgence dont la loi prévoit qu’il reste sans effet.

Qu’il neige en mai n’a finalement rien d’invraisemblable dans les Alpes, que le vent souffle en Bretagne non plus : les saisons se suivent et ne ressembleront jamais tout en étant quand même un peu pareilles. Et c’est ainsi, tant mieux : le monde n’est pas un éternel recommencement !

Mais ce qui reste stupéfiant c’est notre capacité collective à nous laisser hypnotiser par les faux signaux, jusqu’à nous endormir, nous empêchant ainsi de reconnaitre les vrais dangers et d’oser les affronter.

Chroniques De Mgr Benoist de Sinety sur RCF

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