« L’Église a épousé le monde à Rome »

P. N.-D. – Venir en pèlerinage à Rome pour cette Année de la foi, comme vient de le faire le diocèse de Paris, est un signe fort. Qu’est-ce que Rome pour un chrétien ?

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Mgr Philippe Brizard, directeur du Service diocésain des pèlerinages
© Laurence Faure

Mgr Philippe Brizard – C’est depuis Rome que le successeur de Pierre donne sa bénédiction urbi et orbi : à la ville et au monde. Ce geste évoque l’influent Empire romain des débuts du christianisme, dont on oublie la puissance politique, culturelle et religieuse. Rome était alors le point de convergence de trois cultures : celle de l’Orient et de Jérusalem, celle de la Grèce antique et celle de Rome. En venant terminer leur mission dans cette capitale avec le sceau du martyre, Pierre et Paul ont déposé la foi chrétienne à l’épicentre du monde connu de l’époque. Le centre de l’Église et de la foi se déplaçait ainsi de Jérusalem (lieu de la première alliance de Dieu avec son peuple, aussi prénommée « nombril du monde ») à Rome, pour devenir universel. L’Église latine a ainsi épousé le monde à Rome.

P. N.-D. – Qu’est-ce que les parcours de saint Pierre et de saint Paul nous disent de la mission ?

Mgr P. B. – On distingue traditionnellement leur rôle : pour évangéliser, Pierre va à la rencontre des Juifs, et Paul plutôt vers les païens. Mais on s’aperçoit, en lisant leurs épîtres, que Pierre a converti un centurion de la légion romaine italique (la garde impériale), ce qui était osé ! De son côté, Paul a tenu à se rendre à la synagogue d’Antioche de Pisidie, lit-on dans les Actes des Apôtres. Il avait en effet cette conscience aiguë que le peuple juif étant le premier bénéficiaire de la promesse faite par Dieu, devait être le premier à être évangélisé. C’est intéressant aussi de voir que les deux apôtres ont proclamé la Bonne Nouvelle à tous, mais surtout au petit peuple de la société romaine, dont il ne faut pas oublier qu’elle était esclavagiste. C’est notamment pour cela que le message de libération de la foi chrétienne eut un tel impact. Par ailleurs, n’oublions pas que les deux apôtres sont morts martyrs à Rome condamnés pour athéisme, étant donné qu’ils déniaient à César sa qualité divine.

P. N.-D.–Que retenir de ces cinq jours à Rome ?

Mgr P. B. – Nous sommes appelés à vivre en Église selon deux échelles. Localement, en vivant dans la charité avec ceux qui nous entourent. Mais chaque Église locale doit aussi avoir le souci de l’Église universelle et voir les choses en grand. Le chrétien ne peut jamais être un personnage étriqué ! Durant ce pèlerinage, nous avons aussi (re)découvert que la foi se reçoit, se vit et se donne. Elle plonge ses racines dans les catacombes, aux origines de l’Église. Nous y avons expérimenté la puissance du témoignage de foi des premiers chrétiens. Nous avons également éprouvé que la communauté chrétienne est le lieu nourricier de la foi. Car on ne tient pas seul dans la foi. • Propos recueillis par Laurence Faure

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