« L’Église doit se rendre encore plus attentive pour accompagner les familles endeuillées »

Mesures sanitaires obligent, les funérailles sont encadrées depuis l’entrée en confinement le 17 mars dernier. Qu’est-ce qui est possible et mis en place par l’Église catholique à Paris ? L’éclairage du P. Jean-Michel Albert, responsable diocésain de la pastorale des Funérailles.

© Isabelle Demangeat

Paris Notre-Dame – Comment se déroulent, aujourd’hui, les obsèques à Paris ?

P. Jean-Michel Albert – Pour respecter les demandes de l’État, aucune messe n’est célébrée. Mais les familles endeuillées ont trois possibilités pour confier leur défunt à Dieu. D’abord, une célébration peut être organisée dans une église de Paris. Plus courte qu’en temps normal, elle ne peut accueillir plus de vingt personnes qui doivent respecter les mesures barrières, se tenir à distance les uns des autres et ne peuvent pas faire les gestes habituels comme allumer les cierges ou bénir le cercueil et ne peuvent rien poser dessus. Pour le reste, la cérémonie des obsèques se déroule de la même manière qu’en temps normal. Il est également possible d’accompagner spirituellement le défunt, par une prière, une bénédiction, dans les deux chambres funéraires de Paris. Toutefois, celles-ci ne laissent entrer que cinq personnes de la famille uniquement. Enfin, la famille peut être accompagnée par un prêtre, ou une équipe du diocèse, au cimetière (tous les cimetières parisiens intra-muros et extra-muros, NDLR) pour l’inhumation du corps du défunt. Là, une prière peut être prononcée. Les conditions sont assez semblables qu’à l’église : il ne peut y avoir plus de vingt personnes et la distanciation doit être respectée. Dans tous les cas, je recommande aux familles de se rapprocher de leur paroisse qui saura les guider. Pour celles qui n’ont de lien avec aucune paroisse, elles peuvent contacter le service de la pastorale des Funérailles de Paris [1].

P. N.-D. – Comment parvenir, dans ce contexte, à faire son deuil ?

J.-M. A. – Cette période est un temps difficile. Et perdre quelqu’un en ce moment est un surcroît d’épreuve. Cela signifie que l’Église doit être d’autant plus attentive pour accompagner les personnes en deuil. Même si la célébration est plus courte et encadrée, il est possible de la soigner. J’encourage personnellement les familles à s’investir dans cette préparation, par le choix des textes, des chants. Cette préparation peut les aider. Dans ces moments de deuil, nous avons besoin de paroles, de signes, pour dire adieu. Si les contacts physiques ne sont plus autorisés, la tendresse, la solidarité, la compassion peuvent se dire par un coup de téléphone, un courrier, un message… Il est aussi possible de faire dire une messe à l’intention du défunt. Plus tard, quand cette crise sanitaire sera finie, il faudra redonner, il me semble, les moyens aux personnes endeuillées de signifier la séparation, par des célébrations, des veillées, des rencontres… D’un point de vue symbolique, il est très important de ne pas bâcler l’adieu. Sinon, cela signifierait que la vie n’a pas de valeur. Or, nous, chrétiens, nous savons que la vie est plus forte que la mort parce que le Christ est ressuscité. La Résurrection est le signe de la victoire de la vie sur toutes les formes de mort. Souvenons-nous en alors que nous entrons dans le Triduum pascal.

Par Isabelle Demangeat @LaZaab

Le décret du 27 mars Le 27 mars, le ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales a publié un décret. Celui-ci établit notamment que les familles ont désormais jusqu’à 21 jours, selon l’accord de leur préfet de région, pour procéder à l’inhumation ou à la crémation d’un défunt. Le dépôt des corps, placés dans un cercueil hermétique, pourra, lui, se faire pendant six mois dans un « dépositoire » afin de reporter éventuellement les obsèques.

[1funerailles@diocese-paris.net ; 01 53 31 10 91.

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Paris Notre-Dame
10 rue du Cloître Notre-Dame
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