L’eucharistie, mystère total ?

C’est le thème de la quatrième conférence de Carême donnée le dimanche 31 mars à 16h30 à Notre-Dame de Paris. « Tout le mystère chrétien se condense dans le repas du Seigneur, la messe », indique le conférencier, le P. Guillaume de Menthière, curé de N.-D de l’Assomption de Passy (16e) et théologien. Nous avons demandé à Alexis de réagir à la lumière de son chemin de futur baptisé et communiant.

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Jésus et les disciples d’Emmaüs, la fraction du pain. Clôture du chœur de Notre-Dame de Paris.
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Paris Notre-Dame – Manger le corps du Christ, cela peut paraître absurde à un non-croyant. Depuis votre conversion, comment comprenez-vous ce geste ?

Alexis – Ce geste fondamental, est pour moi comme l’étymologie du mot eucharistie l’indique, une action de grâce. Initialement, je n’avais pas du tout conscience que l’hostie reçue à la communion devenait le corps du Christ par l’acte – imprononçable ! – de la transsubstantiation. Je pensais qu’il s’agissait juste de faire mémoire de la Cène, ce qui est déjà très fort. J’ai donc pris conscience qu’il s’agissait vraiment de la présence du Christ dans notre corps par le biais d’une nourriture physique. J’ai mis du temps à appréhender, puis à accueillir ce mystère ; il m’a fallu accepter cet appel. Moi qui ai un esprit très rationnel, j’apprends à passer de la tête au cœur, de la réflexion à la foi.

P. N.-D. – Comment, selon vous, l’eucharistie dépasse-t-elle le seul moment de la communion à la messe ?

A. – Communier revient à réaffirmer ensemble que nous sommes chacun un membre du corps de l’Église, mais en communion dans le Christ, grâce à cette nourriture. Au-delà de recevoir l’hostie, il s’agit pour moi d’accepter d’ouvrir mon cœur, contrit de mon péché. C’est une démarche qui me remet dans les pas du Christ. Elle ne se réduit donc pas à un court instant : deux minutes, « et puis terminé ». Communier, c’est revenir sans relâche auprès de celui qui est le chemin, la vérité et la vie, et cela ne concerne pas qu’une heure de notre semaine, le dimanche.

P. N.-D. – Qu’est-ce que le fait de communier à la messe va changer à votre quotidien ?

A. – Cela fait presque vingt ans que je vais à la messe de manière régulière, sans pouvoir communier : je suis donc dans une attente énorme ; d’autant plus depuis mon entrée en catéchuménat, au sein duquel je vis ma foi de manière exponentielle. En restant assis à ma place durant la communion, j’ai vécu des moments où je me sentais seul. J’en ai parfois pleuré ! J’ai donc le désir ardent de combler ce vide, de prendre part au mystère de Dieu : c’est une chance inouïe de sentir physiquement la présence du Seigneur. Il s’agit là d’une proximité totale : manger le corps du Christ… il n’y a pas plus intime. Dans une vie à cent à l’heure, avec son lot d’énervement ou d’indifférence, l’eucharistie me permet de retourner sans cesse à la source ; c’est un élan qui me remet en route : « Hier ou avant-hier, j’étais en communion totale avec le Christ par l’hostie, et aujourd’hui : quid de ma charité ? »

Propos recueillis par Laurence Faure

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